lundi 11 décembre 2017

Quand Nicoletta s'essayait à... du Screamin' Jay !

Après une enfance passée chez les Indiens Blackfeet, Jalacy Hawkins (1929 - 2000), universellement connu comme "Jay le braillard", tenta d'abord sa chance sur les rings de boxe, comme guitariste de jazz, puis en chanteur fantaisiste dans les cabarets à soldats. En 1956, outre adopter une tenue loufoque entre vampire et cannibale, il révolutionne le blues en y collant un rythme de valse à trois temps et vitupère son I put a spell on you.
Même censuré en radio, le titre lui assure une belle renommée à l'étranger. Il sera ensuite repris par Nina Simone, Creedence Clearwater Revival, The Animals, Them, Buddy Guy, Brian Ferry, Natacha Atlas, Joe Cocker, Nick Cave, Marilyn Manson, Iggy Pop, etc, etc...
Ce qui donne à penser que le lascar savait parfaitement faire swinguer les droits d'auteur.   


Mais une des reprises les plus inattendues est peut-être cette adaptation en français, chantée par Nicole Grisoni, alias Nicoletta, en 1967. En ces années, la dame s'essayait au blues et au gospel et ce grand séducteur de Guy Marchand  lui avait mitonné ce Ça devait arriver qui n'a pas dû gonfler démesurément le portefeuille de notre Hawkins farceur.
On ne peut que déplorer de n'avoir pas eu la même jouée par le furieux Hector, digne variante locale du gueulard originel.


Pour se remettre de l'orgue, notre Sreamin' Jay au grand écran : cette séquence est tirée de Rage in Harlem, médiocre adaptation de la Reine des pommes du divin Chester Himes.

vendredi 8 décembre 2017

Mac Orlan nous mène en bâteau



Le 15 décembre 1948 l'émission de Maurice Séveno, "Les quais des brumes" amenait les auditeurs sur les canaux de Paris à Rotterdam et Londres. En outre, il évoquait les chansons de bistrots et de mariniers. Vu le titre du programme, il se voyait obligé de prendre brièvement à son bord et au passage, un Pierre Mac Orlan, bien entendu, bavard à souhait.
C'était le temps ou un reporter "embarqué" ne se traduisait pas stupidement par "embedded". Et où ça beuglait dans les rades.
Ça a été rediffusé le 18 novembre dernier.



En supp', une rengaine de Roda-Gil et Mort Shuman chantée par Marc Robine


mardi 5 décembre 2017

En décembre, la bosse du commerce

Commerce équitable (1943)

Hier soir, nous vous avons donc refourgué à vil prix
Job Lagadec                  T'as plein d'argent, t'es commerçant
Boris Vian                      Le petit commerce
Christine Sèvres            Dans les grands magasins
Jean Ferrat                    Prisunic
Adrienne Pauly              La fille du Prisunic
Les Matchboxxx            Fauché comme toi
Gilbert Bécaud              L'orange du marchand
Juliette                           Les petits métiers
Les Voleurs de poules   L'épicier
Bourvil                          Les crayons
Jacques Pills                 Marché rose
Georgius                       Monsieur Bébert
Expression D                Dealer pour survivre
Énigme
Java                              La boulangère
La Bolduc                     Oui, on en a des légumes
Danialou Sagbohan     Commerce triangulaire
Jacques Debronckart   Le klepto

On peut donc charger, écouter jusqu'à plus soif à cette adresse.
Le temps d'écoute sera autant de consacré à ne pas acheter quoi que ce soit.

Et on s'excuse auprès de Mme Bolduc qui vient bien de Gaspésie et pas d'ailleurs. Émotion, quand tu nous tiens !
En sus (merci François), le groupe Odeurs en rajoute sur les grandes surfaces. Et ça a plus de trente ans. Comme la musique l'indique.





vendredi 1 décembre 2017

Le rock n roll? Déjà une musique de vieux ruraux.

Après Colette, Paulette

On a dans ces "pages", cité pas mal cité de rades, cabarets, goguettes, bistroquets ou assommoirs dédiés à la musique.

Lorrains, Lorraines, nous rendons aujourd'hui un bref hommage au bar Chez Paulette à Pagney-derrière-Barine (54200).
Le côté savoureux est qu'à l'âge de 12 ans, Paulette Melat fut déclarée inapte à tout travail intellectuel en raison d'une "faiblesse générale" par un toubib. Ce qui l'enverra charrier des cageots et fûts au bar paternel. 
Ledit paternel décédant en 1969, elle hérite du bistrot et, épaulée par son mari, un jeune amateur de zizique, ouvre son bar aux concerts. 
Et c'est parti : Triangle, Martin Circus, Ange, Variations. Et puis après, Little Bob, Alex Chilton, Dr Feelgood, Parabellum, Sepultura (si!) les Wampas... On arrête là. Non sans préciser que le bluesman texan Calvin Russel portait un tatouage à l'effigie de la patronne sur le bras.
Gag final : en 2013 et à 90 berges, la Paulette est décorée "chevalier des arts et des lettres" pour "sa vie, son œuvre".
Le troquet, rebaptisé Paulette pub rock a été successivement repris par sa fille, Claudine, puis son petit-fils, Julien. Ce petit sujet, passé à la télé régionale en 1986, nous donne l'occasion de retrouver les Dogs, groupe mythe de Rouen.
Et, entre nous, 50 balles, c'était tout de même pas donné.


mardi 28 novembre 2017

Pétulante Colette Magny

L'ami Grobubar a attiré notre attention sur cette séquence de la Radio Télévision Suisse (Romande).
Les Helvètes confédérés étant réputés pour leur art du camouflage, admirez au passage l'art de planquer le microphone, au cours de cet entretien où notre blues-woman très énervée fait preuve d'une gentillesse et d'une modestie sans faille.
Pour le reste, même si en 1972 le couscous semblait encore exotique et qu'on prêtait encore attention à l'opinion du parti communiste, le fond du problème n'a guère changé. 

 

Les curieux pourront retrouver les archives de la RTS à cette adresse.
C'est parfois surprenant. 

samedi 25 novembre 2017

Décembre, tout s'achète et tout se vend


De Barcelone à Madrid (note d'espoir œcuménique empruntée au Moine Bleu).
C'est à son bon cœur qu'on reconnaît le petit commerçant.
Frank & Golo, Ballade pour un voyou.

Le commerce est, par son essence satanique. C'est le prêté-rendu, c'est le prêt avec le sous-entendu : Rends-moi plus que je ne te donne.
Baudelaire, Mon coeur mis à nu.

Le commerce est vieux comme le monde. Du jour où plusieurs individus vivent sous le même voisinage, il s'établit entre eux des échanges. Que l'on nomme cela d'une façon ou d'une autre, peu importe, le fait est là. Les sociétés primitives subirent cette loi, la société des camps de concentration n'y échappa point.

Christian Bernadac, Des jours sans fin (Mauthausen III).

Pas besoin de vous faire un dessin après un tel préambule. Le mois de décembre, son Père Noël, sa grande bouffe, ses illuminations nocturnes nous a semblé le moment idéal pour revenir sur une activité humaine à laquelle la modernité est allée jusqu'à accoler le paradoxe "d'équitable" en certaines occasions.
On vous vendra donc notre temps d'antenne le lundi 4 décembre à 17h30 sur les 92.2fm de Radio Canal Sud.

Pour patienter, un monsieur 100 000 volts très en verve, à l'Olympia en 1970, en compagnie du violoniste monsieur Pointu nous fait l'article de la vente absurde.


mercredi 22 novembre 2017

Henri tachan, humble emmerdeur


Photo de DR
Né en 1939 à Moulins, Henri Tachan passe, dans sa jeunesse d'un pensionnant catholique (il en gardera une rancune certaine) à un boulot de serveur dans un grand hôtel.
C'est à Québec, en 1962, qu'il se met à déclamer des poèmes Chez Clairette, en sortant du turbin.
Rentré en France et passé à la chanson, il ouvre pour Juliette Gréco et enregistre son premier disque en 1965 (prix de l'académie Charles Cros). Puis il fera des premières parties d'Isabelle Aubret, Félix Leclerc, Pierre Perret et même Brassens à Bobino (1972)
Le tout en restant parfaitement méprisé par les médias.
Et en sortant la bagatelle de seize albums entre 1965 et 2007, dont deux en concert et un en catalan.
Fustigeant les français alors dit "moyens", les curetons, les patriotes et l'hypocrisie ambiante, cet emmerdeur n'était pas dénué d'humour.
La preuve, ce 45 tour de 1967 qui colle à merveille avec le prochain sujet de L'Herbe Tendre :



Ayant également tâté de la chanson scabreuse ou tendre, ses textes ont été édités en quatre volumes par les Éditions du square, illustrés par les dessinateurs de l'ancien Charlie Hebdo (Cabu, Gébé, Reiser, Willem, Wolinski)
Le gars a fait ses Adieux à la scène en 2011.
Détails, précisions et curiosités se trouvent sur un site qui lui est dédié.
Un autre titre, java moqueuse d'octobre 1970, On est tous des putes, chantée à Besançon pour l'enregistrement d'un dvd.