samedi 29 juin 2013

Increvable Marchais ! ( Jacques, bien sûr)

En 1966 sort le premier disque 30cm de Jacques Marchais,  (référence BAM C 419). 
A cette occasion, il est invité à l'émission "Vient de paraître" du 28 juin 1966, où il chante "Le vélo", paroles de Jean Moiziard, musique d'Hélène Martin, accompagnement de Jean-François Gaël et Bernard Pierrot. Cette chanson avait été créée par Hélène Martin elle-même dans son premier 30cm, paru chez Lucien Adès en 1964.

Voilà qui nous venge par avance du Tour de France et de ses pharmacies à deux roues.

jeudi 27 juin 2013

PARABELLUM : un titre intemporel

 

Dans les années 80, le foutoir commercialo- opportuniste que fut le dit "rock alternatif" allait du meilleur (Thugs, Hot Pants, etc...) au totalement inutile (on ne citera personne par bonté d'âme).
Prix de la meilleure pochette de l'année 1984 (n'est-ce pas qu'ils sont trop beaux pour être vrais ?) , ce premier 45 tour trois titres de Parabellum restitue ce que ce groupe avait de meilleur, de plus vivifiant. 
A l'époque c'était un trio formé de Schultz (estimable Alsacien au physique de catcheur) Roland (RIP) et Camboui aux fûts avec l'aide de Fabrice, dit "Le Géant Vert", parolier et faiseur de pochettes inspiré, oscillant entre un humour très Hara-Kiri et la fascination de la belle époque, celle qui va de Fantomas à la Bande à Bonnot, des Apaches des fortifs aux pantalons rouges avec lesquels nos biffins se firent allonger par milliers dès août 14 (voir la chanson "Papa" sur le premier Lp du groupe)
On vous a déjà passé un extrait de ce premier 45 dans l'article sur "Les rois du rock" ( 31 mai 3013) 
En voilà un autre :



lundi 24 juin 2013

DAMIA, la tragédienne de la chanson

L'autre grande d'entre deux guerres

 

Réparons ici une injustice. Sans créer une concurrence artificielle Fréhel / Damia, il est temps de se pencher sur le cas de Louise-Marie Damien, dite Maryse Damia, dite DAMIA (5 décembre 1889 Paris XIII - 30 janvier 1978 Celle- Saint -Cloud)
Fille d'un agent de police vosgien établi à Paris, elle fugue à 15 ans pour aller s'embaucher au théâtre du  Châtelet. 
C'est là que Roberty, mari de Fréhel, la remarque, lui donne des cours de chant et aura par la suite une liaison peu discrète avec elle.
Ses débuts sont relativement lents mais, petit à petit, sa réputation de diseuse pas comme les autres se répand. - Durant la guerre de 14-18, elle chante au front puis elle rencontre Loïe Fuller, avec qui elle part en tournée, qui lui enseigne la science des éclairages et de la lumière mais surtout celle de la mise en scène. 
À son retour, le personnage de Damia est né. Elle le conservera longtemps, jusqu'en 1956 où, l'âge de 64 ans, elle remplit sa dernière salle, avec un certain Jacques Brel en première partie, vêtue de l'éternel  fourreau noir (conseillé par Sacha Guitry) dont Juliette Gréco s'inspirera.
 Selon la chanson qu'elle interprète, elle danse, s'assied par terre, passe et repasse dans le rayon du projecteur braqué sur elle, ouvre ses bras. - Tout est choisi en fonction de ce qu'elle peut faire sur scène.
Sa grande période va du début des années trente au début des années quarante où elle enregistre, coup sur coup, "C'est mon gigolo" , "Le grand frisé" , "Tu m'oublieras" , "La chaîne" , "La ginguette a fermé ses volets", "Sombre dimanche" (que Georgius ne manqua pas de parodier avec son "Triste Lundi" ou  "Tout fout l'camp" parfaite chanson d'avant l'apocalypse qui vient ...



Comme Fréhel, on la croisera aussi au cinéma : c'est elle, la Marseillaise dans le Napoléon d'Abel Gance (en 1927) - Elle est de la distribution de Tu m'oublieras en 1930 et de Sola en 1931 sous la direction de H. Diamant-Berger. On la voit brièvement dans La tête d'un homme de Julien Duvivier en 1933 et dans Les perles de la couronne de Sacha Guitry (et de Christian-Jaque) en 1937 et on la revoit, vieillie, en 1956, en mendiante dans le cent soixantième remake de Notre-Dame de Paris, celui de Jean  Delannoy en 1956 avec Gina Lollobrigida et Anthony Quinn.
Elle mourra le 30 janvier 1978, suite à une chute dans le métro, ce qui va tellement bien au personnage...

vendredi 21 juin 2013

Monsieur William, le retour


   On se sent un peu obligé de rajouter la version en spectacle des Frères Jacques pour ceux qui l'auraient ratée sur le tube...
   Toute en économie de moyens, un léger jeu de lumière, un petit canon... quel talent !
   En ce jour, irrémédiable, de fête de la musique, n'allez pas flâner n'importe où... Cela pourrait être fatal.

jeudi 20 juin 2013

LES QUATRE BARBUS

En 1938, Jacques Trisch, étudiant en lettres et trois élèves des Beaux-Arts rencontrés dans un camp de vacances forment un groupe vocal avec pour ambition d'animer les fêtes des camps de vacances dans un esprit très «Front populaire». Le groupe s'appelle « Quatuor vocal des Compagnons de Route » (c'est clair ?). Cette même année, ils sont engagés par Agnés Capri dans son cabaret et enregistrent un disque. Le groupe est partiellement dispersé par la Segonde Guerre. Il demeure Jacques Trisch (basse) et Marcel Quinton (baryton). En 1942 se joint à eux Pierre Jamet (ténor), fondateur de la chorale des Auberges de Jeunesse, ami de Jacques Prévert. Il manque au groupe une quatrième voix, celle de contre-ténor, qu'à celà ne tienne, l'emploi sera tenu brièvement par Raymond Leibowitch (professeur de stomatologie), André Schlesser, Jean-Marie Périsson (chef d'orchestre à l'Opéra de Paris), Michel Hamel (ténor professionnel) ; enfin, en 1949, Georges Thibaut (Maître de Chapelle de Saint-Germain-des-Prés) rejoint le groupe et y demeurera jusqu'aux adieux.
A la Libération, le groupe avait monté un spectacle musical, « Le Gueux au Paradis » qui avait obtenu un certain succès. Louis Jouvet s'enthousiasme : « Avec les Compagnons de Route, la chanson française retrouve son accent d'origine… » et Darius Milhaud reconnaît leur talent : « Un voyage à travers le folklore avec les Compagnons de Route nous permet d'apprécier les qualités musicales de ce jeune groupement plein d'entrain et de vie. » 

 À partir de 1947 se succèdent les saisons dans les meilleurs cabarets et les tournées internationales. Ils enregistrent chez Polydor puis Philips. Pour ses premiers enregistrements d'après-guerre, le groupe a pris pour nom « Les Quatre Barbus de la radio », mais il le simplifie rapidement pour s'appeler simplement, à partir de 1949, « Les Quatre Barbus ».
C'est à cette époque que se fixe leur style scénique : une tenue simple avec un blouson sur un maillot de marin, un chapeau (de style varié selon les spectacles et les années) et surtout une barbe (parfois vraie, souvent fausse). La mise en scène est des plus simples, l'accent étant surtout porté sur l'interprétation musicale. Leur style les rapproche et les met en conccurence avec les Frères Jacques.
Et c'est parti pour une trentaine disques de chansons réalistes, gaillardes, rives gauche, traditionnelles, de marins, de forçats, de détournements signés Piere Dac / Francis Blanche, de la Commune de Paris (parfois sous le pseudonyme de "Groupe 17") et même un 33 tour de "Chansons anarchistes" tous deux édités par le SERP (maison d'édition plutôt spécialisée dans les chants militaires et appartenant à...Jean-Marie Le Pen qui ne rechigne donc pas à aller chercher le pognon dans la poche des gauchistes)
Le groupe fera ses adieux en 1969
A part une compilation  parue en 1997, rien n'a été réedité en cd.



Là une archive de la télévision Suisse pour leur séparation :
http://www.rts.ch/archives/tv/information/carrefour/3439835-les-quatre-barbus.html


dimanche 16 juin 2013

Monsieur William


     Après la version de Gainsbourg que nous avons passée lors de la dernière émission, voici deux variantes intéressantes de ce chef-d'oeuvre de Jean-Roger Caussimon qu'à peu près tout le monde -Ferré, Barbara, Léotard, les Frères Jacques, Catherine Ringer, Gainsbourg donc...- a chanté.


    Une version de Philippe Clay que l'on peut retrouver ici .

    Et une deuxième ci-dessous qui, je vous l'accorde, vaut surtout par la qualité des linogravures du sieur Blanpain.



mardi 11 juin 2013

PLUME LATRAVERSE

 
Merci à mon pote Gigi qui me le fit découvrir au sein d'un lycée rural qui n'avait rien trouvé de mieux que d'être jumelé avec le régiment de hussards du coin (et vive l'école publique, laïque et obligatoire qui forma ainsi des générations d'antimilitaristes !)
Allez, trêve de nostalgie :
Plume, né Michel, Latraverse voit le jour le 11 mai 1946 à Montréal. à la fin des années 1960, il forme, en collaboration avec Pierre Léger, dit Pierrot le fou, et Pierre Landry, dit le docteur Landry, le groupe la Sainte-Trinité. Il s'associe ensuite à Steve Faulkner (1972-1975). Le duo se produit pour la dernière fois à la Chant'Août, à Québec. Il entreprend alors une carrière solo (1976) et devient l'un des représentants les plus significatifs de la contre-culture québécoise. Au cours d'une tournée européenne (1979-1980), il présente un spectacle au Festival du printemps de Bourges et reçoit le Prix du premier ministre de France (Prix international de la jeune chanson) et le Prix pop-rock, accordé au meilleur parolier québécois. Il se produit avec Offenbach (1983), association qui donne le microsillon À fond d' train. Après s'être consacré à sa biographie filmée, Ô rage électrique, Plume présente son Show d'à diable (1984), où il fait ses adieux officiels mais non définitifs au monde de la scène. Il se consacre alors à la peinture et à l'écriture.. Il publie la majorité de ses textes de chansons et fait également paraître un recueil de contes.
Tiré de La Chanson québécoise de la Bolduc à aujourd'hui, Roger Chamberland et André Gaulin, Nuit Blanche éditeur, 1994

Sa chanson la plus célèbre :



On trouve une sautillante version de cette chanson dans le disque qui accompagnait les "Ecrits de Marius Jacob" aux éditions l'Insomniaque.



Un excellent et drolatique texte sur le bonhomme ici :
http://www.phaneuf.ca/plume/encyclo.html
Extrait :
La musique de Plume constitue un danger sur la route : parce que le plumeur qui l’écoute peut commettre des fautes d’inattention et parce que le conducteur « emplumé » finit par ressentir de la fatigue, une envie de dormir, des maux de tête.
Est-il possible, en effet, de sortir un disque de Plume, de l’écouter, d’ouvrir le tourne disque sans quitter la route des yeux tout en gardant les mains libres pour toute manœuvre d’urgence à effectuer?
D’autre part, l’habitacle d’un véhicule contient un volume d’air restreint. L’oxyde de carbone dégagé par la musique de Plume s’ajoutant au gaz carbonique de la respiration, atteint rapidement un taux de concentration élevé. Passant dans le sang, il réduit l’oxygénation du cerveau et engendre un état proche de l’ivresse, manifesté par les symptômes suivants : fatigue, somnolence, maux de tête. Il y a alors diminution de l’attention et de la concentration du conducteur, ralentissement de ses réflexes.

jeudi 6 juin 2013

Un Hiver 1942

Jacques Marchais a même chanté Aragon

On n'en a jamais fini avec les chansons de l'occupation et malgré notre aversion pour Louis Aragon, ce "patriote professionnel", (dixit Jean Malaquais) voici une belle chanson interprétée par notre cher Jacques Marchais, celui là même d'"On a chanté les voyous" et de "Pour en finir avec le travail" (articles respectivement au 25 avril 2013  et au 5 octobre 2012 sur ce même blog)




mardi 4 juin 2013

HOMMAGE AU PRINTEMPS TURC

Comment recycler un tube

Une fois de plus c'est pas en français mais c'est tellement réjouissant et d'actualité



(Bandista est un « collectif » musical, formé en mai 2006 à Istanbul en Turquie. Ce groupe a ses racines dans la diversité culturelle de l'Anatolie, même si ses prestations démontrent clairement leur philosophie internationaliste. La musique de Bandista varie du jazz manouche au reggae, du  au ska, avec du dub et de l'afro-beat.
Leur mini album de 2010 s'appelle « dikkat askersiz bölge ». Ca signifie littéralement "attention à la région de l'Askeri", et l'Askeri, c'est la police militaire chargée de poursuivre les déserteurs de prévenir les mutineries et réprimer dans les prisons....

Ils ont un site: http://tayfabandista.org/blog/)

lundi 3 juin 2013

Chanson pour la ZAD




    Pour la Zone A Défendre, bien sûr, pas pour la Zone à Aménagement Différé de ces dingues de bureaucrates.


Amoureux de la ZAD
sur l'air d'Amoureux de Paname de Renaud Séchan


Ecoutez moi politicards,
les urbanistes et les flicards,
cette chanson là vaut pas un clou,
mais je la chante rien que pour vous.
Vous qui voulez de gros avions,
des autoroutes, des porte-avions,
du nucléaire, des nanotech'
faudrait voir à pas trop fair' la fête.

Moi j'suis amoureux de la ZAD,
j'aim' pas l'béton, l'macadam,
dans mes pavés, ouais, y a d'la rage,
et l'bocage c'est mon paysage,
l'bocage c'est mon paysage.

Ecoutez-moi vous les tocards,
écologistes des boul'vards,
vos beaux discours y'en a plein l'dos, 
et nous on se prend des lacrymos.
Nos cabanes sont bien plus belles
Qu'vos arrangements ministériels,
y' a plein d'amour dans not' bordel,
plus de poésie qu'dans vot' réel.

Moi j'suis amoureux de la ZAD,
j'aime pas le développement durabl',
vos beaux discours me fout' la rage,
faîtes gaff' j'suis un enfant sauvage,
faîtes gaff' j'suis un enfant sauvage.

Ecoutez-moi les socialos,
ceux qui plant' des couteaux dans l'dos,
la pollution elle est dans l'air,
qu'on voit sur vos visages blêmes.
Moi j'aime encore les primevères,
le myosotis et la pâquerette,
j'me parfume pas à vot' cancer,
et l'oxygène c'est mon hygiène.

Moi j'suis amoureux de la ZAD,
j'aime pas l'béton, l'macadam,
dans mes pavés, ouais, y a d'la rage,
et l'bocage c'est mon paysage,
l'bocage c'est mon paysage.


On retrouvera des dizaines d'autres chansons ici.