jeudi 31 octobre 2013

émission de juillet 2013 Le temps jadis

(et quelque peu médiéval)


Ricet Barrier          La java des gaulois
René Zosso           Seigneurs, sachiez qui or ne s'en ira
Cora Vaucaire        Pauvre Rutebeuf
Brassens                Ballade des dames du temps jadis
Little Nemo            La ballade des pendus 
Jacques Douai         L'amour de moy
Pierre de Grenoble   Le prince d'Orange
Générique d'une série ORTF à deviner
Brassens                   Le roi boiteux
Anne Sylvestre          La nonne par contrainte
Jacques Marchais     Ode au plaisir
Gabriel yacoub          Comprenez-vous ?
Monique Morelli        Complainte de Mandrin (version 1972) 
Pills et Tabet               C'est un vieux château du Moyen-Age

Ecoutable ET téléchargeable toujours là
Et un crobard de Villon...

mardi 29 octobre 2013

Germaine Montéro L'interprète géniale (3)

Attention, vos esgourdes !

Ce coup-là, nous sommes fiers et orgueilleux de vous présenter une chanson d'Albert Vidalie Albert Vidalie et Louis Bessieres enregistrée le 19 juin 1957 : La complainte du Bon Pasteur.


Il faut tout de même une certaine dose de génie pour oser chanter ça sans rigoler.

mardi 22 octobre 2013

Des pirates et des vautours




Trois "pirates" Somaliens (eux s'appellent plutôt "gardes côtes") viennent de prendre neuf ans fermes à Rennes dans le procés dit du Tanit. Précisons, au passage, que le skipper du Tanit a été flingué par les balles de nos vaillants marsouins français qui ne font pas dans le détail en attaquant.
Voilà quelques mois est paru un livre nécessaire pour comprendre ce que ces gars du bout du monde foutent dans un box de tribunal breton.
Iskashato (ceux qui mettent leur savoir et production en commun en somali) et les excellentes éditions l'Insomniaque nous font connaître les circonstances qui ont fait de la corne de l'Afrique un des multiples lieux du pillage orchestré par les vautours du capital (surpêche, épandage de déchets toxiques*, manipulations humanitaires, etc.) On y suivra aussi les gesticulations militaro-juridiques de la communauté internationale dans sa guerre aux gueux des mers ainsi que le sort kafkaïen réservé à la vingtaine de ces pêcheurs privés de gagne-pain, puis kidnappés par notre beau pays.
Mais n'hésitez pas à aller consulter une critique du livre par Claude Guillon sur ce lien
On trouve aussi un entretien radio avec un membre d'Iskashato
Voilà une centaine de pages superbement employées. 
Si ces gens-là passent par chez vous, courrez-y !...
* Un documentaire édifiant malgré son ton journalistique (supportez donc les 10 premières minutes) : Toxic Somalia

Et comme ceci est aussi un blog de chansons, une immortelle de Boris Vian interprétée par la chanteuse Suisse Marie-José Casanova (à retrouver dans l'émission d'octobre 2013 sur les petits métiers). A l'abordage !


dimanche 20 octobre 2013

Fréhel et Léon la Lune



Léon la Lune
 
Détour. Récemment a paru -aux éditions Le dilettante*- Le Peuple des berges de Robert Giraud, recueil de chroniques publiées dans l'hebdomadaire Qui ? Détective en 1956. Dans ce livre, on retrouve pas mal des personnages déjà croisés dans Le vin des rues, évoluant dans le monde interlope de la Mouffe, de la Maube et des quais de Seine. Clodos, margoulins, détrousseurs, verduriers, voleurs de chiens, de chats, de chèvres et autres braconniers de la Seine, bossant parfois aux Halles, resquillant plus sûrement, buvant du gros bleu toujours.
   On pourra peut-être s'offusquer de la fascination certaine dont les livres de Robert Giraud traitent de ce milieu de gueux, englués dans la misère la plus crasse. Mais ce serait mal comprendre le "propos" de Giraud. Il ne traite pas en sociologue, il ne dénonce pas cette misère révoltante pour y trouver des solutions idoines. Point d'assaisonnement prophylactique ou d'abbépierrisme ici.
   Point d'angélisme non plus. Giraud sait bien que ce bas peuple "paie d'une incommensurable misère une liberté toute relative".Un peuple de la marge assommé par le fatalisme d'une misère immémorielle mais capable de quelques coups d'éclats.
    Tout de même Giraud y va en copain, partage les "cheminées" de rouge et le bout de gras -ou de niglou- quand y a à briffer et les galères. Et nous conte par le menu les aléas de cette société qui n'est pas soumise à la folle marche du monde et aux assauts du moderne, c'est-à-dire la gestion toujours plus sophistiquée de ce qui résiste à la bureaucratie. Ce peuple refuse de vivre sous le joug du salariat et des conventions sociales putrides qui vont avec : et c'est bien cela qu'on ne lui pardonne pas.
    Ce qui intéresse Giraud, c'est de parler de cette engeance, de ses magouilles,ses rites, ses légendes, sa langue. Un monde dont Mac Orlan disait (si nos souvenirs ne nous trahissent pas) qu'il était à peu près le même en son temps qu'au temps de Villon. Et c'est sans doute la conscience que ce monde allait irrémédiablement disparaître qui fit que Giraud, Yonnet ou Clébert** livrèrent leurs écrits au tournant de cette modernité. Vinrent entre autres calamités la destruction des Halles, les constructions de périphériques automobiles et l'avènement de l'architecture fonctionnelle. Et Bercy devenait le siège de la pompe à phynance... Bref, ce qu'on a pu appeler le pompidolisme triomphant*** et qu'on pourrait résumer dans ses avatars passés et futurs en cimentisation du monde. Plus de place pour la débine et sa débrouille... Fini la Cour des Miracles.



    Tout de même on aimerait voir encore un de ces "Roi des clochards" se pavaner dans les rues de Paris ou des "Nénette" se balader sur le Pont Neuf dans son horrible accoutrement puant, fardée de mercurochrome, éructant un tas d'immondice à qui osait l'importuner. Les touristes se pâmeraient moins devant les charmes de Paris en présence d' existences aussi scandaleuses...

    Ce bas peuple disparut irrémédiablement avec sa propre ville. On a fait place nette : la misère est cachée, enfouie, les clodos harcelés par les assemblées de propriétaires, les rondes des flics, les mairies, les "maraudes" de la croix rouge : "Ne laissons personne au bord du chemin".



L'amiral, roi des clochards, sa reine Germaine, 
et leur bouffon, l'ancien clown Spinelly, Doisneau, 1953.

   Les armées du salut et leur hygiénisme tout militaire ont gagné ****  . il faut intégrer, soigner, sociabiliser les gueux même à leur corps défendant -du moins en surface- mais en fait bannir, mater, psychiatriser.... Et les braves gens de s'étonner que ces en-dehors refusent assistance d'un monde qu'ils ont toujours cherché à fuir parce car il les a trop cabossés. Les clodos se retrouvent seuls, ils ont froid, et le mobilier urbain leur fait mal au dos...
    Le travail est parachevé : les critiques mondains peuvent admirer le pittoresque des écrits de Giraud. Mais lui n'a jamais fait carrière.
    Reste plus qu'à fermer les derniers bistrots et la coupe sera pleine...


Robert Giraud et Léon la Lune au comptoir du Vieux chêne rue Mouffetard par G. Dudognon


Revenons-en à nos chansons. Donc Léon la Lune, immortalisé dans un film d'Alain Jessua, qu'on retrouve aussi, semble-t-il, dans Rue des maléfices sous le nom de l'Harmonica (nous n'avons pas cet excellent livre sous les yeux...), accompagna Fréhel lors de ses derniers concerts. Le fameux bal des tatoués organisé par Giraud et Mérindol dont nous avons déjà parlé ici.
Voici une autre version de ces derniers concerts, extraite donc du Peuple des Berges, où le père Léon tient le rôle principal :


   ...Et puis l'harmonica. C'est une musiquette de quatre sous, qu'il porte sans encombre dans une poche de son gilet. Elle lui suffit pour s'accorder quelques heures de rêve. Elle lui permet de régaler un quarteron de bons amis d'un concert improvisé à l'occasion. Quelquefois, Léon se hasarde à jouer un air ou deux dans un bistrot et il récolte quelques piécettes. Celles-ci transformées en verres de gros rouge, c'est encore du rêve et du bon temps que lui a procurés son harmonica...
   "J'ai jamais appris la musique, déclare fièrement Léon. Pourtant je joue tous les airs. Il me suffit de les avoir entendus une seule fois..."
    C'est vrai. Vous pouvez demander à Léon n'importe quelle rengaine. Comme par enchantement, le minuscule instrument jaillit de sa poche, brille un instant au creux de sa main, puis Léon semble l'avaler... Et, de derrière les deux mains jointes en coquille sur la bouche, le clochard laisse écouler en notes aigrelettes les "amours...toujours" des poésies du trottoir et du bal musette.
    D'ailleurs cet harmonica de gosse a valu son heure de célébrité à Léon, là-haut, place de la Contrescarpe. Il aime le rappeler.
    "Tiens, quand j'étais artiste, c'était la belle vie! ..."
    Et s'il devine un soupçon de scepticisme chez son interlocuteur, il s'enflamme :
    "Oui, artiste... Et comment ! J'étais "ensemble" avec Fréhel, dans un bal musette de la Contrescarpe. Je l'accompagnais..."
   C'était peu avant la mort de la grande artiste.
   Dans une misère noire, Fréhel terminait sa carrière, comme elle l'avait commencée soixante ans auparavant peut-être, en poussant la goualante dans un "musette". Ce n'était plus la gamine qu'on hissait sur une table, mais une pauvre vieille toute fripée, au corps douloureux, cassé, usé par la misère et trop de tentations de suicide - habillée en fille de la Halle : jupe noire plissée, socquettes rouges dans les pantoufles éculées. Mais la voix était restée la même.
    Quand elle disait à Léon "Vas-y, minet vert..." et que s'élevait la chanson banale et éternelle des amours de la rue, la salle chavirait. Tous, calicots en goguette, petites ouvrières trop jeunes pour avoir connu la Grande Fréhel, flambeurs, filles et maquereaux, tous, silencieux, écrasés, écoutaient la voix chaude, magnifique, vibrante de poésie.
    Fréhel savourait encore les applaudissements. On ne les lui marchandait pas. Pas de claque, pas de frime. C'était du sincère. Léon la Lune en prenait sa part.
    "Oui soupire-t-il, c'était le bon temps ! Quel succès on avait ! Il fallait que je rejoue, même quand elle avait fini son tour. Elle partait de bonne heure pour rentrer chez elle, là-bas, à Montmartre... Moi, je restais... Elle m'avait fait donner une belle musique toute neuve. On me l'a volée. J'ai pas eu de chance. Enfin, c'est la vie..."

  Léon la Lune rue Mouffetard, on aperçoit Giraud à l'arrière-plan

* De Giraud chez le même éditeur
Carrefour Buci
Faune et Flores argotiques
Les lumières du zinc
Paris, mon pote.

** Robert Giraud, Le vin des Rues
    Jean-Paul Clébert, Paris insolite
    Jacques Yonnet, Rue des Maléfices.

*** Voir Louis Chevalier, L'assassinat de Paris.     

**** Sur  l'armée du salut et le parcage des pauvres,  voir Jack London, Le peuple d' en bas et aussi Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell.



Post scriptum. Vous trouverez par ailleurs sur ce blog même une interview poignante de Fréhel à l'époque de ses derniers concerts.

    Signalons encore une fois l'excellent blog d'Olivier Bailly, Le copain de Doisneau, consacré à Robert Giraud et à sa galaxie. Vous trouverez notamment de plus amples informations sur Léon la Lune,sur le film que Jessua lui consacra (qu'on aimerait bien visionner...à bon entendeur) ainsi qu'une troisième version de ces derniers concerts de Fréhel d'après les souvenirs de Giraud (encore!) et de son complice Pierre Mérindol.
    Bailly signe par ailleurs la préface du Peuple des berges ainsi qu'une biographie de Giraud, Monsieur Bob. Qu'il soit ici vivement remercié pour tout le boulot fourbi !
  
  


Fréhel, La rue sans nom

jeudi 17 octobre 2013

Les Problèmes sont les rois du Garage rock !


Vous ne rêvez pas !
Ce rock furieux qui ne déparerait pas une compil Nuggets ou Peebles (collection des 45 tours obscurs conçus par les plus excités des années 60) est non seulement l'oeuvre d'un groupe franco-portugais (Lui Rego à droite sur la photo du disque) mais en plus ces gugusses qui ont longtemps accompagné Antoine ne vont pas tarder à se transformer en "Les Charlots" pour expérimenter des choses bien plus lourdingue que cette aimable fantaisie avant de conduire une carrière cinématographique sous le signe du désastre.



dodécaphonisme /dɔ.de.ka.fɔ.nism/ masculin
  1. (Musique) Technique de composition musicale sur les douze sons de la gamme chromatique, c'est-à-dire les douze notes contenues à l'intérieur d'une octave.
    • Le dodécaphonisme a été mis au point par les compositeurs Arnold Schoenberg et Josef Matthias Hauer.
  2. Style musical qui est issu de cette technique de composition.



mardi 15 octobre 2013

Le graphique boscop : vivre à Saint Ruper

Encore un extrait du "Graphique de Boscop"


On vous a déjà chaudement recommandé ce film fauché dans cet article de décembre 2012.
C'était à l'origine, rappelons-le, une pièce de Sotha et Romain Bouteille au Café de la Gare
Nous ne résistons pas à en remettre une couche en vous envoyant les sept dernières minutes dont le générique final qui est rythmé par cette danse, ode à St Rupert (le pays des gens pas fiers) constitue un petit régal de poésie vulgaire et réjouissante.


Le graphique boscop saint ruper par susacacon

samedi 12 octobre 2013

Le Bestiaire de Paris

    Le Bestiaire de Paris *, long poème en alexandrins de Bernard Dimey, est sans doute une des oeuvres les plus ambitieuses du chansonnier. Il en existe deux versions.

    La première fut enregistrée en 1962 et interprétée par Juliette Greco et Pierre Brasseur (il faudra attendre 1995 pour que ce chef d'oeuvre soit enfin édité !). La seconde le fut en 1974 avec Marcel Mouloudji, Magali Noël et Dimey lui même comme récitants. La musique est de Francis Lai (le fameux futur compositeur de musique de films) qui, tout juste débarqué de Nice et louant un appartement  au-dessus du Pichet du tertre, s'était lié d'amitié avec Dimey. Dimey s'était fixé au Pichet** en 1958 (comme il se fixera plus tard, pas bien loin de là, au Gerpil, voir ici) quelques temps après sa "montée" à Paris (le bougre venait de Haute-Marne et avait vivoté quelques temps à Troyes).

   Le Pichet géré par un certain Oberto Attilio fait déjà figure de relief de la grande tradition cabaretière montmartroise, sur une butte déjà salement carte-postalisée. L'endroit fait à la fois office de galerie de peinture et de cabaret accueillant les jeunes premiers :  le lieu devînt incontournable et on pouvait y croiser entre autres :  Brel, Mouloudji, Monique Morelli, Cora Vaucaire, Nougaro, Pierre Barouh, René-Louis Lafforgue, Catherine Sauvage, Guy Béart, Aznavour, Michel Simon, Serrault et Poiret, Jean Yanne...!!
  

Greco et l'artiste en jeune homme imberbe      
    
    On pourra écouter avec profit  ici   la version quelque peu sarcastique que Dimey donne de l'émulation artistique qui régnait dans la fameuse (fumeuse ?)  taverne...                                           
    Dimey et Lai composèrent des dizaines d'autres chansons au Pichet : " Bernard avait une faculté d’écrire à une vitesse incroyable. Au Pichet on a passé des nuits invraisemblables pendant lesquelles le challenge était d’écrire le plus de chansons possibles..." ***
                                      
Mais revenons au Bestiaire... 
                                                                                     
    " Le Bestiaire, se souvient Francis Lai, c’était notre récréation au Pichet, on se mettait au fond dans une petite salle réservée pour nous ; et, là, tous les soirs Bernard Dimey déclamait ses quatrains sur Paris ; je jouais derrière, improvisant la plupart du temps ; le Bestiaire est né comme ça au fur et à mesure."
" Au bout de deux ou trois mois, confie Francis Lai, il y avait une musique qui s’était composée par l’improvisation mais qui collait au texte. " 


     Quant à  Dimey, il  se rappelait : " À l’origine, le Bestiaire devait être un livre orné de gravures d’un peintre aux dons éblouissants, Jean-Claude Dragomir. Hélas, il n’a pas su m’attendre ; il est allé s’éclater la tête sur une route de banlieue. J’ai su que notre livre ne se ferait jamais ; alors le soir à Montmartre entre deux verres, j’en disais de longs extraits à mes amis du Pichet du tertre ou d’ailleurs… Francis Lai prenait un accordéon et m’accompagnait « à la feuille » laissant glisser sa mélodie sous les mots avec le génie subtil qu’il détient sans le savoir ".                                                             Rue Saint-Vincent par Dragomir.

    Le Bestiaire**** brasse déjà les thèmes de prédilection de Dimey : le monde interlope de la nuit, sa voyoucratie, l'alcool et les débits de boisson, les prostituées et les travelos, la religion, la mort, et par dessus tout la disparition d'un certain monde et la dérive dans ces ruines.
    Mais trêve de palabre, quand on a rien à dire...
    Voici les deux versions du Bestiaire. Quant à nous, nous avons une petite préférence pour la version Brasseur/Gréco qui sonne plus sépulcrale encore...










* Ce texte n'est que la synthèse des belles recherches effectuées par Francis Couvreux accompagnant le disque  Bernard Dimey et ses premiers interprètes (1959-1961), publié chez Frémeaux et associés. Même s'il n'est pas dans l'habitude de ce site de renvoyer vers des liens commerciaux, on ne peut être qu'espanté par le travail effectué par Frémeaux... leur catalogue est insondable.
    
** C'est ce même Pichet qu'un groupuscule néo-fasciste aidé de commerçants du quartier tenta de "sauver" d'une transformation annoncée. L'enseigne de fast food Starbuck avait en effet jeté son dévolu sur l'endroit. Les médias nationaux se firent largement l'écho de cette brillante initiative; on se demande bien pourquoi...
    Bien évidemment, ces gens-là ne voit pas que l'identité qu'ils défendent n'existe plus depuis bien longtemps déjà et que Montmartre comme l'idée qu'ils se font du populo parisien n'est plus qu'une coquille vide. On ne doute pas que ce qui se servait dans feu ce Pichet devait être la même piquette mondialisée que n'importe où, quelle que soit l'enseigne... 
   Bien sûr , ces tarés accusent le cosmopolitisme, concept vague et creux mais bel et bien raciste.  Il ne leur viendra jamais à l'esprit que ce qui a tué l'âme de Paris (car oui il y en avait une, comme des campagnes françaises par ailleurs...) ce sont peut-être au hasard et entre autres choses, la place nette faite aux voitures, la vogue du tourisme, l'urbanisme et les diverses politiques de la ville qui ont littéralement vidé Paris de ses habitants pour les parquer à la marge, dans des clapiers. 
    Bon, ça a toujours été une caractéristique du fascisme de brandir des symboles plutôt que de parler de la réalité. Laissons là ces imbéciles.

*** Interview de Francis Lai par Francis Couvreux.

**** Des bestiaires à proprement parler, on en trouve à foison dans l'oeuvre de Dimey. On pense notamment au Bestiaire d'autre part dans Sable et Cendre (éditions Christian Pirot). Ou en musique,  à L'hippopotame, à Je ressemble aux poissons... et au Zoo interprété ici par Jehan  sur l'album Divin Dimey.







mardi 8 octobre 2013

émission de mai 2013 : Les pas français

Français, laissez-nous seuls avec les étrangers !

Vladimir Vissotski                          Plus rien ne va
Charlemagne                                  Finies les colonies
Daniel Waro                                   Ici la Réunion
Idir                                                 Pourquoi cette pluie ?
Baaziz                                             J'men fous
La Bolduc                                     J'ai un bouton sur la langue
Adriano Celentano                        Chi non lavora... (en vf)
René Binamé                                 Où l'on apprend que nous n'avons plus rien à perdre
Petula Clark                                   Java pour Petula
Balfa Bros.                                    Parlez-nous à boire
Tindersticks                                   Plus de liaisons
Marianne Oswald                          Surabaya Johnny
Monique Morelli                            ça n'a pas d'importance

Résidu d'un passé pas si vieux que ça

Faute de mieux, on peut écouter ou télécharger ça 
ps : L'écoute en podcast marche depuis le 11 octobre à 14h45 heure locale (on va finir par apprendre...)

dimanche 6 octobre 2013

Toulouse en chansons (1)

Nicolas Bacchus


   On inaugure la série avec Bacchus, qu'on a pu voir hier soir à la Chapelle à l'occasion de ses 15 ans de tournée.
   Le bougre est sur paname depuis quelque temps (où il passe bientôt en concert). Un répertoire varié, entre cul et politiquement incorrect, quelques reprises de bon goût (Vissotsky, Richepin...), des intermèdes bien sentis, un humour corrosif. Bref de quoi passer une bonne soirée.

Pour se faire une idée du répertoire du libertin...

Sur l'album la VerVe et la Joie





Un texte de Dimey, La Pierrette à Pigalle



Et un joli texte pour finir, D'Alain à Line  piqué sur son site:

Entre les draps de lin
On voit les bras de Line
Mêlés à ceux d'Alain
Dans des poses câlines

Dans les poses qu'a Line
On devine qu'Alain
Hier déflora Line...
...Ondée d'un blanc venin.

En cette nuit sans lune
Line est avec Alain
L'un ne va pas sans l'une
Et l'une sans câlins

Car Line sans câlins
Sans qu'Alain la câline
Est un corps orphelin
Alors qu'elle est fée Line

Quand sur le dos de Line
Passe la main d'Alain
C'est une messe à Line
Un massage félin

Et dans les yeux d'Alain
C'est une fleur, sa Line
Doux au pistil d'Alain
Sont les pétales qu'a Line.

Poussent des plumes à Line
L'ange Line aime Alain
Mais bonne pâte, Line
S'en va pourtant plus loin

Sourire sucré, maline
Sans rien dire à Alain
Et à son insu, Line
Va retrouver Colin...

...Gaillard de la Marine
Et preste au coup de rein
"Je serai ton mousse, Line
Viens dans les marais, viens !"

Mais dans la vase Line
Dérape sur Colin
Qui donne un aphte à Line
D'un baiser assassin

"Je te demande ô Line
Pardon en Italien
J'aime tant tes miches, Line..."
... C'est là qu'arrive Alain

Voyant son rival, im-
-puissant il dégouline,
Mais avisant Colin
Dit d'une voix sibylline :

"J'n'ai pas de dégoût, Line
Même, en voyant Colin
Je me sens si bi, Line
Partons tous les trois, viens !"

Là, le mousse tique, mais Line
Darde un regard en coin
Et sous sa capeline
Ils ne firent plus qu'un

Et le long des pipe-lines
Le vent emporte au loin
Le mousse, les mâts, Line
Et les voiles d'Alain.

Et le long des pipe-lines
Le vent emporte au loin
Le mousse, les mâts, Line
Et les voiles d'Alain.

(Tsoin tsoin)

samedi 5 octobre 2013

Louis Chedid, le cha-cha de l'insécurité

Puisqu'on vous dit que c'était pas mieux avant

La suite du patrimoine musical de notre beau pays. 
Après Caussimon en 68 et ses "Milices" , Louis Chédid qui en commit quelques-unes de pas mal du tout, explore la France de 1983, celle qui vivait entre traque d'Action Directe, agonie du mouvement antinucléaire, guerre lointaine contre Khadafi, grève chez Talbot provoquée par les islamistes, d'après le premier ministre (déjà à l'époque!) crimes racistes (entre autres Habib Grimzi défénestré du Bordeaux- Vintimille) et début de la " marche pour l'égalité" (tu parles !)

Aux dernières nouvelles, pas grand chose de neuf...
A part, peut-être, que le minitel n'existe plus.




mardi 1 octobre 2013

Et Dutronc lui aussi se convertit



Non sans avoir loué comme disciples quelques Forts des Halles rhabillés pour l'occase.
Encore un de ces coups de mode dont la pop française était coutumière.
Mais comme Jacquot a la classe et se fout de tout (de tous ?) c'est délicieux.
Malheureusement ces rapiats de l'Ina ne nous le laissent qu'en lien. 
Mais ça vaut le coup d'oeil juste là