mardi 31 décembre 2013

Michel Simon chante Dimey

    Et en guise de cadeau de fin d'année ce classique interprété et écrit par deux de nos monstres favoris.
    La musique est de Daniel White.



lundi 30 décembre 2013

émission de décembre 2013 Tranches de vie

Qui s'écoule et qui s'enfuit, comme de bien entendu. On vous propose donc :

HF Thiéfaine        Tranche de vie
A Leprest             Joyeux Noël
G Brassens           De place en place
M Bernard            Les cinq étages
P Perret                Le métingue du métropolitain
B Lapointe            Revanche
Bulldozer               L'enclume des jours
Casey                    Le fusil dans l'étui
Karlit & Kabot       J'ai pas de sous !
R Barrié                 La servante du château
B Meulien              Le foin qui presse
F Béranger             Le tango de l'ennui
M Morelli               La chanson de Margaret
Dikès                      Petit âne
Actualité
Areski / Fontaine    C'est normal
Reprises
Honor Blackman                      Men will deceive you
Banda municipal de Santiago    Les passantes

Et une tranche de vie de Brian

Comme d'hab, vous trouverez ça à l'endroit habituel
Attention pour les amateurs de direct : à partir de janvier on passe le lundi à 18 h !!!

samedi 28 décembre 2013

En ces temps de frimats...



   ... Et à l'attention de nos amis parisii, même si le climat n'est guère plus clément de par chez nous, une petite merveille de Jacques Grello- évoqué ici- découverte au hasard de l'internet, et qui, j'en suis sûr, réchauffera leurs corps transis...

    Par les Frères Jacques





   Et par l'ami Georges, accompagné d'un certain Maxime Le Forestier,une interprétation sans doute plus tendre.




mardi 24 décembre 2013

DUO DE CHOC 

Anne Sylvestre et Bobby Lapointe 

C'est en 1969 qu'Anne Sylvestre ( malheureuse fille de l'adjoint de Jacques Doriot) enregistre ce duo, tout fait d'hommage aux rêves des petites filles, avec le Bobby de Pézenas, son vieux complice du cabaret Le Cheval d'Or où elle avait débuté.
Remarquons que de temps en temps la télévision avait quelques idées de mise en scène.



Et merci à Lolo pour cette exhumation ( Nun da Bobby ?)

lundi 16 décembre 2013

émission de novembre 2013 De la racaille militaire

Notre modeste contribution à la commémo de la grande boucherie


Bernard Dimey          La musique militaire
Juliette Greco            Friedland
Marc Robine             Le soldat mécontent
Marc Ogeret             Le déserteur
Nino Ferrer               Mon copain Bismarck
Marc Robine             Les conscrits
Montéhus                  Gloire au 17ème
Tonio Gémème          A Biribi
Parabellum                 Papa
Monique Morelli         Nelly
Catherine Sauvage      Tu n'en reviendras pas
Les Amis de ta femme La chanson de Craonne
Myriam Krivine           Les joyeux bouchers
Francis Lemarque       Quand un soldat
Les Frères Jacques     Général à vendre
Zao                            Ancien combattant

C'est toujours attrapable à cette adresse
T
Supplément : comme le sujet hante l'émission, on vous rajoute à cette adresse un entretien avec l'historien Mino Faïta sur les fusillés pour l'exemple.

dimanche 15 décembre 2013

On enregistre ! (2)  

  Initials B.B.






   Il ne fallait rien moins à Gainsbourg que la grandiose Symphonie du nouveau monde de Dvorak* pour parer de magnificence  sa rupture avec Bardot.
   On a dit  que le dandy s'inspira du fameux Corbeau d'Edgar Allan Poe**. Si le début de la chanson semble lointainement inspirée du début du texte de Poe -disons plutôt qu'il en a gardé l'atmosphère- c'est bien plus la structure du poème que Gainsbourg reprend : "Initials B.B.", répété inlassablement évoque la défunte Lénore du texte, et l'"Almeria" qui clôt le texte appelle irrésistiblement le fameux "Jamais plus" du corbeau... Almeria, le mot de la rupture, où Bardot rejoignit son troisième mari, Gunter Sachs, ce qui marqua la fin de leur relation.

    Le texte de la chanson est par ailleurs une succession de références plus ou moins sibyllines à sa relation à Bardot : de l'accoutrement qu'arborait la femme fatale à cette époque, en passant par le roman de Louis Pauwels*** qu'elle avait conseillé à Gainsbourg, et jusqu'au "platine [qui] lui grave d'un cercle froid, la marque des esclaves à chaque doigt" où d'aucuns ont vu les alliances héritées de ses différents mariages.

   Avant d'en venir à l'objet de cet articule, un petit mot de Claude Dejacques, directeur artistique, à propos de l'enregistrement de l'album Initials B.B. :

    "Nous sommes partis à Londres enregistrer l'album Initials B.B. pour lequel Gainsbourg n'avait rien préparé comme d'habitude, hormis la chanson principale. Mais il travaillait selon une méthode infaillible : pour chaque chanson, il démarre avec un titre, parce qu'il a compris depuis longtemps que le titre doit être la phrase principale du refrain et le thème de la chanson. Pour qu'il ait le temps d'écrire, au lieu de prendre l'avion, nous avons pris le train et le ferry boat : au moment d'embarquer à la gare du nord, il s'est tapé deux bourbons, il a écrit pendant tout le trajet les paroles des trois chansons et, le lendemain, il était prêt."
        










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Notes

* Un papier sur Gainsbourg et le classique ici.
    Le premier mouvement de cette symphonie : 




** Gainsbourg était un grand lecteur de Poe, qu'il cite dans Ford Mustang, la Bise aux Hippies... et a fortiori de son traducteur, Baudelaire.
   Pour mémoire le début du Corbeau
"Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus."
La suite du texte, ici.

*** "Lis ça ! Tu pourrais le méditer, c'est un ouvrage tout à fait pour toi ! Il est écrit à coups de fouet : ça claque à chaque page !"


vendredi 13 décembre 2013

Le trou de mon quai



     Une chanson d'Armand Ménard dit Dranem, une vedette du caf-conç du début du siècle dernier. On n'est pas prié de trouver ça drôle.
     Où l'on voit qu'une animation bien troussée réhausse une paillardise un brin faiblarde.
     Nous vous laissons méditer ce jugement d'un maître de la fantaisie, Boris Vian, sur ce comique troupier :
    "Comment Dranem peut-il avoir le toupet de débiter devant un public hilare les inepties de son répertoire ? La bêtise volontaire poussée à ce point confine au génie."






mardi 10 décembre 2013

UN VRAI LIVE DE GAINSBOURG avec BIJOU 

Certes, Gainsbourg n'aimait pas la scène (trop timide, le bougre) mais là, en 1978, les petits gars de Bijou se voient obligés de calmer le jeu puis de ralentir pour ne pas laisser le Serge farceur partir à la dérive.


Le Lucien flippé avait crée ces "Papillons Noirs" en 1966 pour Michèle Arnaud.
Voici donc la première version : 



jeudi 5 décembre 2013

émission d'octobre 2013        Les petits métiers

Gainsbourg                      Le fossoyeur
Brigitte Fontaine               La concierge (j'suis décadente)
Béatrice Moulin                Les pirates
Les Frères Jacques           Le moucheur de chandelles
Monique Morelli               Les compagnons du tour de France
Marc Robine                    Les Terre Neuvas
Les Beth Cops                  Lo boier
Gérard Pierron                  Le fondeur de canons
Raoul de Godewarsvelde   L'accordéonneu
René Binamé                     Djil Compiche
Pigalle                               L'éboueur
Richard Desjardins            La chanson du bum
Bernard Dimey                  Le chauffeur de taxi
René Binamé (2)               Vocations
Karlit et Cabot                  La moustafette
Philippe Clay                    Les voyous        
Patrick Denain                  L'éclusier


Peut-on vraiment toujours appeler ça des métiers ou abusons-nous ?
En tout cas, on vous a mis ça...

L'émission est donc disponible et téchargeable
à ce lien


lundi 2 décembre 2013

Un petit détour par le bayou (1)   

 


  Cette série vous proposera de découvrir quelques titres et interprètes marquants de la musique cadienne. Pour l'inaugurer, nous vous proposons aujourd'hui une présentation succincte mais bien foutue qu'on a piqué à Bayou Prod. Et comme on vous sait un tantinet feignasse comme nozigues, Lectrice, Lecteur, Hannibal (copyright Le Moine Bleu ), nous vous avons agrémenté la lecture de quelques vidéos fort distrayantes que l'on doit à un certain St Brice's Day, notre archiviste  préféré du tube.




La Musique cajun

    Arrivés en Louisiane dans un dénuement quasi total *, les premiers immigrants Acadiens n'ont évidemment pas dans leurs maigres bagages d'instruments de musique, trop coûteux et trop fragiles pour supporter l'exode.
     Dans un premier temps, c'est donc a capella qu'ils pratiquent la musique, qu'il s'agisse des chants traditionnels, berceuses et chants à boire, ou des hymnes religieux du dimanche. Les danses sont rythmées à la voix, accompagnées de frappes des mains et de battements de pieds. A partir de 1780, des violons sont signalés dans des inventaires et il est probable qu'à cette époque, des veillées ont lieu, où l'on danse au son de cet instrument, aussi bien que l'on chante et que l'on conte des histoires. Dans la deuxième moitié du 19ème siècle apparaissent les fais-do-do, des bals où les familles se réunissent au complet chez l'un ou chez l'autre, les jeunes enfants ou les bébés étant mis à dormir (faire do do) à l'écart, sous la surveillance d'une aïeule experte en berceuses et…trop vieille pour danser !… Les danses pratiquées à l'époque sont les rondes et contredanses, les reels, gigues, polkas, mazurkas, cotillons, galops, les one-steps et two-steps et la valse.
    C'est vers 1870 qu'intervient la première grande révolution dans la musique cajun avec l'introduction par les immigrants allemands de l'accordéon diatonique (bien qu'il semble que ce soit des noirs qui l'ait adopté en premier dès les années 1850, par l'intermédiaire de missionnaires blancs). Plus puissant que le violon, plus robuste et d'un usage plus facile, l'accordéon fait rapidement de nouveaux adeptes, mais, pour des raisons de tonalités, fait dans un premier temps mauvais ménage avec le violon. Ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale que l'importation de nouveaux types d'accordéons accordés en mi ou en fa permettra des duos avec le violon, ce dernier se trouvant alors relégué dans un simple rôle d'accompagnement.




    Les années 1900 voient également l'apparition dans la musique cajun de la guitare espagnole, largement répandue au Mexique et au Texas, avec laquelle les premiers à se familiariser seront des soldats partis se battre à Cuba. Dans les années 1900-1920, la musique cajun connaît sa seconde révolution, conséquence de la première : sous l'influence grandissante de l'accordéon, le répertoire se limite dorénavant presque exclusivement aux valses et two-steps. On commence alors à mettre des paroles sur la musique de danse et des musiques sur les ballades autrefois a capella. Le triangle métallique, fabriqué à partir de pièces détachées de machines agricoles, devient un instrument rythmique à part entière de l'orchestre cajun. Non pourvus de micros, les chanteurs adoptent une voix criarde et aiguë pour couvrir le bruit des instruments et des danseurs. C'est à cette époque que l'on commence à construire de grandes salles de bals privées et que le fais-do-do perd peu à peu son statut de réunion strictement familiale. Le 27 avril 1928, Joseph Falcon (chant-accordéon) et son épouse Cléoma Falcon Bréaux ** (guitare) enregistrent pour Columbia le premier 78 tours de musique cajun à la Nouvelle-Orléans. Ce disque se vend tellement bien que Falcon, né dans une modeste famille de fermiers, peut abandonner son travail à la ferme paternelle et vivre de ses cachets de musicien.
    C'est au début des années 30 que la musique cajun va connaître sa troisième révolution. D'une part, le président Roosevelt, qui prône un certain interventionnisme sur la scène internationale, a besoin d'une nation unie et souhaite de ce fait éradiquer les particularismes culturels. Par ailleurs, la crise de 1929 ayant durement frappé la Louisiane, un vaste programme de modernisation y est réalisé, comprenant des constructions d'autoroutes, de ponts, de digues, d'usines, de ports et de raffineries. D'autre part, suite à la découverte de pétrole en Louisiane dès 1901, de nombreux yankees sont venus s'installer en Louisiane. Ces blancs arrogants et racistes, souvent originaires des Etats voisins, strictement anglophones, ne souhaitent pas s'intégrer à la culture cajun. Les cajuns, eux, également désireux d'améliorer leur niveau de vie grâce au pétrole, se voient progressivement contraints d'adopter la langue anglaise pour avoir accès au travail.




  Désormais citadins, propriétaires de maisons modernes, de voitures, de réfrigérateurs et de postes de radio, les cajuns et leur monoculture multicentenaire se voient envahis par la culture des autres Etats, notamment du Texas et de sa musique, le Western Swing, un mélange de Swing et de Country Music, qui va rapidement devenir à la mode dans le sud-ouest de la Louisiane.  Cette époque voit l'accordéon décliner rapidement au profit du violon et l'apparition de nombreux orchestres à cordes intégrant une batterie. La quatrième période marquante de la musique cajun commence dans l'immédiat après-guerre. Suite à la 2ème Guerre mondiale, les GI's ont soif d'amusement et ont besoin de retrouver leurs racines et la musique de leur enfance. Des bals et des fêtes sont à nouveau organisés et les accordéons ressortent rapidement des placards. Dès lors, les jours du Western Swing sont comptés. Par ailleurs, l'Amérique ayant à cette époque définitivement basculé dans la modernité, la télévision entre massivement dans les foyers US, au détriment des grands réseaux radiophoniques, qui laissent ainsi le champ libre aux petites radios de proximité, lesquelles réalisent vite qu'il peut être intéressant de séduire les communautés ethniques en programmant leur musique de prédilection. Les artistes locaux se mettent alors à enregistrer à profusion et une multitude de maisons de disques voient le jour en Louisiane. C'est aussi à cette époque que les Créoles noirs créent le style Zydeco en intégrant à la musique cajun des accents de blues et de jazz ***.
    Dans le même temps, de jeunes musiciens cajuns, désireux de s'ouvrir à un auditoire plus vaste et à un succès de plus grande ampleur, inventent le swamp-pop, un mélange de rock n' roll, de rockabilly et de rythm & blues, chanté le plus souvent en anglais sur des thèmes typiquement cajuns. Ce style est encore très prisé de nos jours.
    Les années soixante et leur vague de rock n' roll britannique, conduite par les Beatles, portent un rude coup au swamp-pop et aux autres genres en général. Paradoxalement, la musique cajun traditionnelle se sort plutôt bien de cette période : des musicologues venus effectuer des collectages en Louisiane poussent les organisateurs de festivals américains à programmer des artistes cajuns.
   C'est ainsi que Dewey Balfa se retrouve au festival de Newport en 1964, en compagnie de Joan Baez et Bob Dylan. C'est le signal de départ d'une nouvelle période pour la musique cajun.
    A partir de 1970, le rock n' roll perd de sa popularité un peu partout dans le monde. Inversement, une forte demande apparaît pour un retour aux musiques ethniques. La musique cajun n'échappe pas à ce mouvement et toute une génération redécouvre avec bonheur la musique de ses grands-parents, sous la houlette de jeunes musiciens comme Zachary Richard.
    Vers 1980 commence la dernière étape en date de la musique cajun, celle qui va finalement synthétiser près de 300 ans d'histoire, d'influences, d'assimilations et de métissage musical. La musique cajun prend alors de multiples directions et se teinte d'accents tantôt country, tantôt rock, reggae, rap, caraïbes, world, tex-mex ou jazz.
    Aujourd'hui, en Louisiane, des formations hyper traditionnelles côtoient des groupes rock dotés de solides sections basse-batterie. Toutes se réclament de la tradition francophone et cohabitent sans trop de problèmes. Finalement, la musique cajun est à l'image du peuple qui l'a créée : opiniâtre, dotée d'une étonnante faculté d'adaptation aux aléas de l'histoire et d'assimilation des autres cultures, mais surtout, fermement décidée à survivre, quoi qu'il arrive …




 Notes de l'Herbe : 

* Suite au Grand Dérangement .

** Nous reviendrons sur eux dans un prochain post...

*** Idem pour le Zydeco.