vendredi 31 janvier 2014

UN BARBU PHOTOGRAPHE




1937, 1938, 1939. Le temps du Front populaire et des premiers congés payés. Dans les auberges de jeunesse déferlent des jeunes de tous horizons. Pierre Jamet est de ceux-là. Avec son appareil photo, lui qui avait « une tendresse particulière pour Doisneau » va saisir ces instants de joie, de partage, d'amitiés.
C'était juste avant la guerre. On croise dans ses photos des jeunes gens qui disparaîtront dans les camps, d'autres qui entreront en résistance, d'autres encore qui feront d'illustres carrières. Pierre Jamet, lui, sera surtout connu pour être l'un des Quatre Barbus...
...Dont on vous repasse ce délice de Francis Blanche d'après "Tristesse" de Chopin


 

On pourra aisément constater sur ces photos que cette belle jeunesse là était bien moins prude que ce qu'on se plaît à nous en dire.
La galerie photo légendées se trouve dans un article de mediapart

mardi 28 janvier 2014

  L'ultime casserole

En pensant à John Kennedy Toole



      Il y a sans doute parmi nos aimables lecteurs, des "chanceux" ignorant encore tout de Pierre Billon et de sa fameuse Bamba triste.
     Cette chanson fit un carton il y a quelques années sur le net quand un habile archiviste la sortit des placards de l'INA.
       Ami d'enfance de Sardou, Billon collabora avec le chanteur du France dans les années 70 puis avec notre Johnny  national. Jeté par Hallyday, il composa cette drôle de bamba amphétaminée pour consommer la douloureuse rupture.
    On ne rappellera jamais avec assez de force les ravages que provoque la drogue.
   Pierre Billon est par ailleurs le compositeur du générique de l'émission télé Des chiffres et des lettres et, ce qui ne gâche rien, le fils de Patachou et le filleul de Brassens... C'est aussi cela, l'histoire de la chanson...






    On pourra retrouver une interview du zigue parlant de cette bamba ici-même .




 

samedi 25 janvier 2014

MAGALI NOEL se déchaîne



En mai 1956, Michel Legrand ramène des États-Unis quelques disques d'un genre qui fait fureur : le rock and roll. Bien qu'hostile à ce nouveau rythme, qu'il assimile à « une sorte de chant tribal ridicule, à l'usage d'un public idiot », Boris Vian décide de le parodier.
 En octobre 1956, c'est au tour de Magali Noël d'immortaliser des rocks « pionniers » de Boris Vian (musiques d'Alain Goraguer) : Strip-rock, Alhambra-rock, Rock des petits cailloux (un clin d'œil aux Petits pavés de Paul Delmet) et, surtout, Fais-moi mal, Johnny, « le premier rock sado-maso », selon Georges Unglik, dont l'action est jubilatoirement commentée par un voyeur, Boris Vian lui-même (« Il va lui faire mal, il va lui faire mal ! »). Géniale chanson qui permet d'apprécier l'interprétation toute en nuances de Magali Noël
Pour Boggio, « Magali Noël et Boris se sont entendus pour produire une sorte de contre-pied féminin au machisme du rock américain. En un sens, Fais-moi mal, Johnny est même un rock pré-féministe. Une femme crie son appétit. Cela change. »
Johnny : un prénom à la mode dans les chansons du milieu des années 50, bien avant qu'un certain Jean-Philippe Smet ne s'en empare... Édith Piaf le popularise dès 1953 avec Johnny, tu n'es pas un ange, puis c'est Johnny guitare, le thème du western de Nicholas Ray dont Peggy Lee fait un standard. En 1956, Boris Vian écrit Surabaya Johnny pour Catherine Sauvage, d'après un song de Bertolt Brecht et Kurt Weill. Le Johnny de la chanson de Magali Noël s'ajoute donc à cette galerie de « mecs », mauvais garçons ou voyous au grand cœur...



C'est sur la scène de l'Olympia, à l'occasion d'un mémorable Musicorama, que Magali se rend compte de l'impact de ses chansons. Sa tenue conforte son image de vamp : « J'avais une robe en dentelles, vert acide, tout à fait comme les robes que portait Marilyn, des robes assez décolettées avec des petites bretelles... Je portais des talons très haut et j'étais très rousse. C'était démentiel ! »
Deux minutes avant d'entrer en scène, un responsable d'Europe n° 1 vient la voir, l'air désolé : « Magali, les chansons de votre répertoire sont à l'index... Si vous voulez les chanter, il vous faudra remplacer les passages osés par "C'est censuré", ou alors ne rien dire... » D'abord paniquée, Magali accepte le défi : « Je rentre en scène et j'attaque avec Le rock des petits cailloux. Ça ne se passe pas trop mal. J'enchaîne avec Strip rock et enfin avec Fais-moi mal, Johnny. Et là, au lieu de dire : "Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny / Envoie-moi au ciel, zoum !", je chante : "Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny / C'est censuré, zoum !" Et toute la chanson comme ça ! »
Il y a de l'électricité dans l'air... « La moitié de la salle commence à me siffler, à m'envoyer des papiers et même des tessons de bouteilles. C'était affreux, mais l'autre moitié m'applaudissait ! Je me suis brusquement rendue compte que j'étais devant des gens déchaînés et j'avais les jambes qui commençaient à trembler... » De part et d'autres des coulisses, Gilbert Bécaud et Eddie Constantine l'encouragent : « Tiens le coup, Magali, tiens le coup ! » « Alors, je suis restée jusqu'à la fin de mon tour de chant et j'ai même quitté la scène en envoyant des baisers au public, sous une pluie de hurlées... C'était extraordinaire ! »


mercredi 22 janvier 2014

émission de janvier 2014 Reprisés !

Ce coup-là, que des reprises : en français de chansons d'ailleurs et le contraire avec des détournements aussi. On trouvera donc

Nino Ferrer            Mao y yo
Danyèl Waro          La mauvaise réputation
François Béranger  Blues parlé du syndicat
Billie Holiday          My man
John Guy Mitchell   Fauché
Un chevalier des arts et lettres balbutiant "La javanaise"
Boris Vian               Mozart avec nous
Nirvana                   Seasons in the sun
René Binamé           L'heure de la sortie
Patrick Denain         Les gosses rouges
Koshiji Fubuki       Les amoureux des bancs publics 
Nani Svampa           La herba matta
Arno & BJ Scott     Baltazarrrr

Comme toujours écoutable et téléchargeable à l'adresse de la radio

mardi 21 janvier 2014

HIGELIN et l'insécurité

Le grand dégingandé nous rappelle à quel point fichage et saine haine de la maison poulaga étaient déjà vivaces il y a une trentaine d'années. 
C'est tiré de l'album (1985) époque où le jacques était en grande forme et ça reste tellement actuel...

vendredi 17 janvier 2014

A LAURENT S.


Laurent, tu m'as fait croire que ton nom signifiait en Gascon "crétin d'Ariège" et je ne sais toujours pas si c'est vrai ou s'il s'agit encore d'une de tes plaisanteries. Tu m'as raconté internet en 1988 et je n'y ai rien compris. Tu as démontré qu'on pouvait être situationniste et homme d'action. Tu as réalisé, avec ton complice nyctalope, le plus beau graffiti toulousain de ces 30 dernières années au moins. Tu fus un de ceux qui firent la première émission pour les taulards avec pour horizon la destruction définitive de ces concentrés de société. Tu as aussi vécu quelques aventures dignes des Freak Brothers. Tu as appris le navajo et la japonais pour ne pas trop fainéanter dans la Colorado. Et tu m'as appris James Joyce et Spinoza lors des années Toulouse-la-canaille.
Malgré tous tes efforts tu n'as jamais viré aigri. Ironique, sarcastique, pénible parfois, ça oui...
Et comme il est hors de question de coller ta belle gueule pyrénéenne sur internet, un texte d'une personne qui t'as certainement gonflée mais qui est tellement juste.

Il me semble que tu n'étais pas pour rien dans l'affiche originale

C’est le petit matin et, si on me posait la question, ce que personne n’a fait, je dirais que le problème avec les morts, ce sont les vivants.
Parce que le plus souvent ça donne lieu à des disputes absurdes, oiseuses et révoltantes autour de leur absence.
Les sempiternels « moi, je les ai connus / je les ai vus / on m’a dit que » sont autant d’alibis qui cachent un « moi, je suis l’administrateur de cette vie parce que je gère leur mort ».
Quelque chose comme le copyright de la mort, alors convertie en marchandise que l’on possède, qui s’échange, circule et est consommée. Tiens, il y a même des établissements faits pour ça : des livres d’historiographie, des biographies, des musées, des éphémérides, des thèses, des journaux, des revues et des colloques.
Et puis, il y a ce trompe-l’œil de la publication de sa propre histoire pour pouvoir en limer les erreurs.
D’aucuns s’appuient ainsi sur les morts pour élever un monument à leur propre gloire.
Mais, à mon humble avis, le problème avec les morts, c’est de leur survivre.
Soit on meurt avec eux, un peu ou beaucoup à chaque fois.
Soit on se proclame leur porte-parole. En fin de compte, les morts ne peuvent plus parler et ce n’est pas leur histoire, leur histoire à eux, que l’on raconte : ce qu’on fait, c’est justifier la sienne propre.
Soit on les utilise encore pour pontifier d’un ennuyeux « moi, à ton / à leur âge ». Alors que la seule façon honnête de compléter ce chantage affectif bon marché et en rien original (presque toujours destiné à des jeunes et à des enfants), ce serait d’achever par « il a commis plus d’erreurs que toi / que vous ».
Ce que cache une telle prise en otage de ces morts, c’est le culte de l’historiographie, si typique d’en haut, si incohérent, si inutile : à savoir, prétendre que la seule histoire qui vaille et qui compte, c’est celle qui est dans les livres, les thèses, les musées ou monuments et dans leurs équivalents actuels et futurs, qui ne sont rien d’autre qu’une manière puérile de vouloir domestiquer l’histoire d’en bas.
Il existe en effet des gens qui vivent de la mort des autres et qui se servent de leur absence pour échafauder des thèses, des essais, des écrits, des livres, des films, des corridos et des chansons et autres façons plus ou moins sophistiquées de justifier leur propre inaction… ou leur action stérile.
« Tu n’es pas mort », ça peut rester un simple slogan si personne ne continue sur la même voie, parce qu’à notre modeste et non académique point de vue ce qui compte c’est le chemin choisi et non la personne qui le suit.
SCI Marcos, Extrait de "Rembobiner deuxième partie"

Et un peu de déconnade pour ne pas en rester là. Adios, amigo.


 

mercredi 15 janvier 2014

A vos calepins...

    L'herbe -version radio- est repartie pour un tour.

     Ce sera désormais le premier lundi du mois à 18H en direct, toujours sur les 92.2 de Canalsud (le direct se chope aussi pour les gens d'outre-Garonne ici-même).
    Un peu à la bourre (le fameux quart-d'heure toulousain la fameuse quinzaine toulousaine), on vous donne RDV le lundi qui vient, à 18h donc.
Au programme : 1H de reprises.

    Un petit aperçu avec une version endiablée de Brel (une autre dans l'émission) par les Scots du Sensational Alex Harvey band.






Au suivant !..
    Et pour les Toulousains...
    Ne manquez pas non plus le désormais rituel loto de l'infokiosque avec, en guise de mise en bouche, et en exclu, le troisième tour de chant des Lauren Bacalao (chanson dégagée).
    Un groupe à suivre...



lundi 13 janvier 2014

MéTAL UrBAIN n'aiment pas la modernité



Devant l'incompréhension, voire la haine, du public parisien notre  joyeuse bande de provos (vous trouverez un article qui résume leur carrière sur ce lien) décida comme beaucoup d'autres à l'époque de tenter sa chance en Angleterre.
Ils eurent là-bas un succès d'estime et enregistrèrent ce titre chez John Peel, le célébre DJ de la BBC qui organisait des sessions live restées légendaires et dont on trouvait une bonne partie en vinyl, car les versions conservées par les techniciens "broadcasteux" étaient souvent supérieures aux enregistrements en studio.
"Ordinateurs dans la tête et caméras dans les rues..." Ce FUTURAMA, y a été gravé le 11 octobre 1978, offrant une vision de l'avenir beaucoup plus sinistre et plausible que les habituelles ritournelles post-apocalyptiques des punks de l'époque omnubilés par la Guerre Froide.


samedi 11 janvier 2014

Non, je ne me souviens plus 

Du nom du bal perdu...

 

  A ceux qui auraient raté le coche, la Fabrique de l'histoire consacrait une semaine à l'histoire des bals.
   On n'a pas encore tout écouté, mais nous vous conseillons vivement l'émission  où on cause bal clandestin pendant la seconde mondiale avec, entre autres, monsieur Marcel Azzola...
   On pourra la retrouver ici-même .

  


Et on prend le biais de Damia pour illustrer le propos (des chansons de 43 et 44).









jeudi 9 janvier 2014

On se permet d'en remettre une (vraie) couche

 Puisque la racaille politicarde sub-pyrénéenne se permet de persister dans son obscénité, voici un bel exemple de danse venu de là-bas.
"On vous fera boire le sang de nos avortements" (il suffit de cliquer sur le titre)  est assorti de quelques belles menaces pour la suite, comme celle d'aller pratiquer les IVG sur les autels des églises.
Et puisqu'il faut terminer en chansons, un classique de 1973.


PS : Belle manif hier à Toulouse et un consulat espagnol occupé depuis 9h du matin.

dimanche 5 janvier 2014

L'OPUS DEI est de retour, cassons-lui la gueule


Je sais que ça n'a qu'un rapport relatif à la chanson française mais voilà t'il pas que de l'autre côté des Pyrénées,  les héritiers du généralissime nain et de sa bande de bigots sanguinaires*, après nous avoir concocté une "Loi de sécurité intérieure" qui prévoit jusqu'à 600 000 euros pour outrage et rébellion (ou être masqué, ou manifester en dehors des clous) vient de parachever son oeuvre d'infamie en s'attaquant à l'avortement.
Comme quoi, ce qu'il y a de bien avec les croisades, c'est qu'il y en a toujours une autre après.
Certes, on peut toujours espérer que ces ordures retireront leurs lois les plus abjectes pour en faire passer toute une batterie plus "light" qui n'aura pour but que de remettre le populo à sa place et faire régner l'ordre moral sous les auspices de Saint Capital.
Quelques images de ces gens là d'abord
Et puis un appel venu de Toulouse
Pour un AVORTEMENT libre et gratuit partout pour toutes et Sans conditions.

Mercredi 8 janvier à 12h devant le consulat d'Espagne (rue Sainte Anne)
Le gouvernement espagnol s’apprête à faire voter une loi interdisant l'avortement excepté en cas de viol après dépôt de plainte, ou en cas de danger pour les femmes. Ce danger doit être expertisé par deux médecins indépendants du lieu ou aura lieu l'avortement. La loi actuelle requiert l'avis d'un seul médecin qui peut être celui qui pratiquera l'avortement jusqu'à 14 semaines, et l'avis d'un psychiatre jusqu'à 22 semaines.
Ceci est inacceptable, une fois de plus on légifère sur le ventre des femmes. Nous sommes solidaires de nos camarades espagnoles car nous pensons que les femmes doivent pouvoir disposer seules de leurs corps. Nous exigeons le retrait de ce projet de loi aux conséquences désastreuses ; seules les femmes qui en auront les moyens pourront se payer un avortement, les autres seront condamnées à avorter par leurs propres moyens ou à garder le produit d'une grossesse non désirée avec les conséquences sanitaires, psychologiques, économiques que l'on sait.
Ce projet de loi aura aussi un retentissement sur les femmes en France car la loi ne permet d'avorter que dans un délai de 12 semaines. Les femmes ayant dépassé ce délai ne pourront plus aller avorter en Espagne comme c'est le cas actuellement.
Même si en France l'avortement est toujours autorisé, son accès est de plus en plus difficile du fait des choix politiques en matière de santé, de la complexité de la procédure et de l'existence d'un délai. Nous pensons qu'au delà de la nécessaire solidarité avec nos camarades espagnoles, nous devons nous battre ici aussi . Nous ne voulons plus que nos vies soient régies par des experts, des lois ou qui que ce soit. Nous entendons disposer de nos corps comme nous le voulons.
Suite à une manifestation , trois camarades espagnoles ont été arrêtées et sont accusées de résistance, désobéissance à la loi et d'atteinte à personne dépositaire de l'autorité. Nous exigeons leur libération immédiate et l’arrêt des poursuites

Appel à rassemblement le mercredi 8 janvier à 12h devant le consulat d'Espagne (rue Sainte Anne)
pour un avortement libre et gratuit partout pour toutes et sans conditions
Des féministes solidaires

Et une couche qu'on remet en guise de glaviot


Pour non hispanophones, traduction sur simple demande.

* Précisons au passage notre plus profond mépris (le mot est faible) pour leurs concurrents socialistes.

jeudi 2 janvier 2014

ARCHIVES DU SCOPITONE (3)

ANTOINE & LES PROBLEMES

Certes, tout ceux et celles nés avant 1990 connaissent ce tube incontournable de 1966.
A part une piètre réponse de Johny H. ("Cheveux longs, idées courtes"), il a donné lieu à de multiples parodies dont "Les revendications d'Albert" (version cellule du parti) et "Les émancipations d'Alphonse" (version caricature paysanne) de Jean Yanne.
On remarquera que Jean-Luc Godard (à l'époque "le plus con des Suisses pro-chinois") s'inspira du décor de ce scopitone pour une scène assez infâme du médiocre "One plus one" (à voir seulement par les inconditionnels des Stones).


Bonus de très mauvais goût : ici même