mercredi 26 février 2014

MORELLI CHANTE MAC ORLAN


C'est grâce à l'infatigable talent d'archiviste du camarade Lexomaniaque (encore bravo pour la mise en ligne des textes de Villon) qu'on se rend compte qu'un fantôme hante ce blog sans jamais apparaître : celui de Monique Morelli.
Née à Béthune en 1923 et morte à montmartre soixante-dix ans plus tard, elle est devenue une des grandes voix de la poèsie. Même si on ne peut que constater que sa voix a quelque peu morflé avec le temps qui tout esquinte...
En 1957, elle débute ses enregistrements avec du Fréhel, puis des chants de caserne avant de créér l'Affiche Rouge (du duo dynamique Ferré-Aragon) en 1958. Ce fut une des premières à interpréter les chansons de notre cher Mac Orlan avant d'ouvrir son propre cabaret en 1962, Chez Ubu, où on verra débuter Brigitte Fontaine ou Colette Magny.

 Une petite merveille écrite par Mac Orlan

Puis, elle fera la première partie de Gorges Brassens lors de son fameux tour de chant à Bobino en 1969 avant de chanter et d'avoir un rôle dans le feuilleton télévisé Mandrin, en 1972 (voir émission Herbe Tendre de juillet 2013) dont l'excellent Vidalie avait écrit l'ensemble des complaintes. 


samedi 22 février 2014

Un bon petit gars

La rencontre Lucien Ginsburg-Fréhel

 


    On a retrouvé le récit de cette anecdote, que l'affreux Gainsbarre avait l'habitude de raconter, grâce au blogue la crevaison ! .






    Anecdote que Joann Sfar repiquera telle quelle dans son film en carton-pâte, la chanson de Fréhel en prime. Film d'où l'on sauvera la toujours excellente Yolande Moreau.














mercredi 19 février 2014

Suite Ukrainienne

A l'heure où sur tout le territoire ukrainien les affrontements ont repris entre de soi-disant désireux de rejoindre l'Union Européenne et de soi-disant ploutocrates inféodés à la Mère Russie (la réalité est à coup sûr ailleurs) chaque cuistre médiatique y va de sa petite (mé)connaissance de l'histoire de l'Ukraine.
Il est piquant de constater qu'ils vont chercher comme références la Rada* (assemblée des cosaques), l'infâme Simon Pétlioura, président d'un éphémère directoire ukrainien en 1918-1920 et grand instigateur de pogroms anti-juifs** ou même à une pseudo autonomie accordée un temps par les nouveaux maîtres bolcheviks (je jure l'avoir entendu aujourd'hui même sur une station de la radio nationale !)
Evidemment, le paysan Nestor Makhno (1889-1934) est plus rarement cité.
Pour mémoire, cet anarchiste originaire de Goulaï-Polié, fut l'âme d'un soulèvement mené par l'Armée Insurectionnelle*** qui combattit coup sur coup les occupants Allemands, Autrichiens, nationalistes ukrainiens, pogromistes divers, armées blanches de Denikine puis Wrangel et furent finalement trahis par l'Armée Rouge de Trotsky qui les extermina non sans leur tailler par la suite une réputation calomnieuse d'antisémites**** pour la postérité.
Nestor et sa bande
On trouvera sur ce lien un très chouette documentaire d'Héléne Chatelain sur la postérité du Batko (Petit Père) à Goulaï-Polié après l'implosion de l'empire.
Mais revenons à la chanson :
Comme raconté dans cet article c'est en 1972 que Nestor Makhno est le héros d'une chanson écrite par Etienne Roda-Gil et interprétée par notre cher Jacques Marchais dans le disque "Pour en finir avec le travail"
A écouter cette chanson, on remarquera
- qu'il s'agit du détournement d'un chant communiste
- lui-même repompé sur un chant célébrant le cosaque Stenka Razine (1630-1671)
- et que ce chant a connu d'innombrables versions (Serge Utgé-Royo, Bérurier Noir, René Binamé, etc.)

On pourrait en rester là, mais là où ça devient rigolo, c'est que depuis quelques années notre cher Nestor Makhno a connu une gloire posthume et exponentielle auprès des musiciens les plus divers. Allez taper son nom sur les sites habituels pour voir.
Voici quelques exemples de versions en son honneur :
La plus marrante ( et quelque peu ridicule)
 
La plus casserole (admirez la mitrailleuse d'époque)



La plus folk juvénile (en Anglais ce coup-là)

Précisons, pour terminer, que contrairement à ce qu'affirme la rumeur,  la chanteuse Sophie Makhno, secrétaire d'Anne Sylvestre et de Barbara, n'a pas de lien de parenté avec Nestor Ivanovitch. Elle a choisi ce nom tout simplement par admiration pour notre cosaque préféré.

* Et pratiquement jamais la volnitza, assemblée du peuple, synonyme de "vie en liberté".
** Ce qui lui vaudra d'être exécuté à Paris, en 1926, par l'anarchiste Samuel Schwartzbard qui sera acquitté aux assises (Samuel Schwarzbard, Mémoires d'un anarchiste juif, préf. Michel Herman, Paris, éditions Syllepse, coll. Yiddishland, 2010)
*** Un manifeste de l'armée makhnoviste à cette adresse
**** Les troupes makhnovistes comptaient plusieurs bataillons exclusivement juifs. On se demande encore qu'est ce qui a pris à cette andouille de Joseph Kessel d'aller hurler avec les loups dans un roman abject.

Sur le sujet on peut toujours lire
"Les cosaques de la liberté" réédité en Nestor Makhno : le cosaque libertaire, 1888-1934 ou La Guerre civile en Ukraine, 1917-1921, Alexandre Skirda, Paris, Éd. de Paris,‎ 1999. 
Le formidable témoignage d'un makhnoviste :  La makhnovchtchina, Pierre Archinov, Spartacus, (2000)
Le larmoyant La révolution inconnue, de Voline Éditions Belfond, 1986, Éditions Tops-H. Trinquier, 2007
Ou si vous avez la chance de tomber sur la ressortie des mémoires de Makhno : Mémoires et écrits 1917- 1932, Ivréa 2010

mardi 18 février 2014

Message personnel (vaguement subliminal)

Mon petit Michel...



Dis...




... Mais quand reviendras-tu ?






lundi 17 février 2014

STARSHOOTER

et un des 45 tours qui eut une des carrière les plus éphémères

Faut l'avouer, les quatre garçons de Lyon ne faisaient pas partie de nos favoris. Sans doute à cause de leur côté "sexy et intelligent", branchouilleries d'avant l'heure, accompagnée de leur sale manie d'aller signer chez des majors.
Et pourtant...
En réécoutant le premier disque, remastérisé il ya peu, on ne peut que constater que ça a plutôt bien vieilli.
Et outre "Betsy party" ou "Collector", morceaux fort estimables ainsi qu'une reprise du "Poinçonneur des lilas", il y a ce "Get baque".
Ode de haine aux Beatles et aux babas en général, ce morceau fut immédiatement boycotté par les radios, cassé en public et retiré de la vente par EMI au bout d'une semaine, ces crétins ayant réalisé que lorsqu'on posséde les droits des Beatles, on ne se tire pas une balle dans le pied en distribuant les élucubrations de quatre merdeux même pas dans le vent.
Chouette parodie, donc, ici filmée en 77.

vendredi 14 février 2014

Parenthèse d'actualité : HECTOR DANS SES OEUVRES

Juste en passant, on offre ça aux Suisses qui ont voté contre l'invasion étrangère de leur charmant pays et  à tous les connards de xénophobes en général.
On trouvera des précisions sur l'interprète sur ce même blog


mercredi 12 février 2014

Jacques Yonnet et le bon docteur Petiot

Il a a peine été fait allusion à Jacques Yonnet (1915 / 1974) sur ce blogue. Et pourtant, cet essayiste*, critique gastronomique, (dans l'Auvergnat de Paris, excusez du peu) poète, parolier, peintre, auteur de bandes dessinées est avant tout resté célébre pour son unique livre : Rue des Maléfices (paru d'abord sous le titre Enchantements sur Paris) publié en 1954.


 Jacques Yonnet dans les années cinquante

Ce bouquin qui narre les mystères, plus ou moins fantaisistes, du Paris de la rive gauche (surtout autour de la Maube) a été salué comme un des meilleurs livres écrit sur la capitale par des amateurs comme Jacques Prévert, Robert Doisneau, Raymond Queneau et j'en passe une belle brochette. Régulièrement réédité, on ne peut que vous en conseiller la lecture.
L'édition espagnole

 Mais ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est comment ce cher Yonnet s'est retrouvé mêlé à l'arrestation d'un des plus beaux artisans du crime de ces pourtant bien fournies années quarante : le docteur Marcel Petiot.
Précisons, en préambule que Yonnet eut des responsabilités relativement importantes dans la Résistance (tout le monde ne se tapait pas des allers-retours Paris / Londres) , fait dont il ne fit pas un fond de commerce par la suite mais seulement quelques allusions dans son ouvrage.
A la même époque, Petiot, originaire d'Auxerre et monté à Paris en 1933 (un résumé de sa biographie là, à l'endroit habituel) se porte acquéreur d'un hôtel particulier qu'il aménage en cabinet médical pourvu d'une ... chambre à gaz (artisan, vous dit-on! ) d'une chaudière et d'une fosse à chaux vive.


 la chambre à gaz du 23 rue Le Sueur
 Le bon Docteur se fera un plaisir de venir en aide aux différentes personnes poursuivies par la Gestapo sous prétexte de les évacuer vers l'Amérique du Sud**.
Bien entendu, les candidats au passage se retrouvaient dissous dans la fosse à Petiot non sans avoir été au préalable dépouillés de l'argent et des bijoux nécessaires au voyage.
Petiot, qui à la base avait ses entrées à la rue Lauriston, (Gestapo française, la sinistre bande à Lafont et Bonny) finit par attirer l'attention des services allemands et se retrouva à son tour arrêté et cuisiné durant huit mois sans se trahir.
C'est cet épisode qui lui permettra de mettre au point sa légende de résistant à la libération. Il deviendra même capitaine FFI sous le pseudo de "Valery".
Or le capitaine Valery avait quelques bonnes raisons de se fondre dans le bordel ambiant de la libération : outre la Gestapo qui avait horreur de la concurrence, il était poursuivi par la Police Judiciaire suite à la découverte, en mars 44, de plusieurs cadavres prêts à cuire par des pompiers alertés par la pestilence de la  maison. Une version rapporte qu'avant de filer, Petiot aurait affirmé à ce moment avoir tenté de faire disparaître nazis et collaborateurs flingués par la Résistance (un comble ! Lui qui gazait des Juifs!) C'est lui-même qui avait attiré l'attention sur son domicile en tentant d'effacer les traces de ses crimes à sa sortie de prison.
A la Suite des pompiers, les flics vont découvrir à son domicile 47 valises, 26 sacs à main, 79 robes,etc. 1760 habits dont un pyjama d'enfant ! Difficille de revendiquer autant de collabos, surtout pris au berceau.
Après qu'un premier commissaire en charge de l'affaire, un certain Massu (sic!) ait été épuré après la libération de Paris, c'est au flic Ferdinand Gollety qu'échoit l'enquête.
Mais Petiot se planquait au sein des FTP, protégé par son grade de capitaine, à la caserne de Reuilly.
Yonnet fera sortir le loup du bois en faisant rejaillir l'affaire par un article du 19 septembre 1944, "Petiot, soldat du Reich". Le tueur en série mégalomanne (comme c'est souvent le cas) publiera un droit de réponse dans le même journal, Résistance. Il sera ainsi localisé et confondu. 
Yonnet bosse alors occasionnellement avec Albert Bouard de la DGER (Direction Générale des Etudes et Recherches, ex BCRA et future DST)  en qualité de grand connaisseur du Paris souterrain, prolongeant ainsi une de ses fonctions dans la Résistance qui consistait à démasquer traitres et infiltrés.
Brouard et Yonnet vont donc interroger Petiot au sujet de ses actes de résistant et celui-ci fournira comme témoins et garants de ses actions un certain nombre de... morts (Brossolette, Charbonneaux...), un réseau (Agir) dont tous les survivants ignoraient ses activités et une grossière erreur en réponse à une question standard à laquelle les connaisseurs devaient donner une formule de reconnaissance.
Notre docteur Mabuse national était confondu.
Jugé au printemps 1946, Petiot passera sur la bascule à Charlot immédiatement après.
 Petiot à son procès

On trouvera ici une archive du procès de l'affreux.
Et une curiosité musicale lyrico-théâtreuse:

Ainsi qu'un extrait du film de 1990 avec un Serrault impérial



Pour conclure, l'auteur de ces lignes doit démasquer ses intentions : outre partager sa joie  d'avoir enfin trouvé le fin mot du rapport entre les deux personnages du titre, il lance ici un appel aux bonnes volontés. 
Yonnet fut l'auteur de nombreuses chansons (dont on a ici un aperçu
Mais où les trouve-t-on interpétées ? Et par qui ? Merci d'avance...

Le détail de cet article est tiré du livre de David King, Death in the City of Light : The Serial Killer of Nazi-Occupied Paris, Kindle, 2011.

* Jacques Yonnet fut aussi l'auteur, avec ses amis Robert Giraud, Dignimont et Robert Doisneau, de nombreux canulars. Le 1er avril 1946, ce fut celui de la « Fabrique des Enfants rouges », reportage bidonné dans lequel Yonnet racontait que les communistes français séquestraient des orphelins pauvres dans un camp pour leur inculquer le marxisme.

** Curieusement, il inspira le personnage d'un film britannique de 1957 "Seven thunders in Marseille" dans lequel le "Petiot marseillais" est interprété par James Robertson Justice.

samedi 8 février 2014

Pour les amis de la famille (Parenthèse d'actualité)




En 1998, Les Malpolis nous livraient cette vision d'une famille inspirée des mésaventures d'un vicomte surnommé alors "l'agité du bocage".
Nous nous contenterons, pour notre part, de la dédier à tous les défenseurs de l'occident chrétien qu'on voit beaucoup trop apparaître ces temps-ci.


jeudi 6 février 2014

Noël Noël et l'amour de la famille (bourgeoise)

 Lucien Edourd Noël (1897-1989) fut chansonnier dès 1920, dessinateur dans le Canard Enchaîné et l'Humanité et acteur de plus d'une soixantaine de films entre 1930 et 1966 (on retient surtout Le père tranquille ou son rôle de paysan médiéval dans la série des Adémaï)
On retrouvera une biographie honnête chez Tata Wiki
Mais en ces temps où les défenseurs de la Famille (du Travail, y'en a plus et la Patrie ce serait trop complexe à t'expliquer) tiennent le haut du pavé et se pavanent formant un aréopage de réactionnaires variés, dignes descendants des ces rats d'égouts qui firent les belles heures de ce pays, il nous a semblé opportun de ressortir cette aimable fantaisie de 1929 pour rappeler les bonnes manières de cette bourgeoisie quelque peu vulgaire et tellement encombrante. 
 

mercredi 5 février 2014

émission de février 2014 : Dans les villes

Vladimir Vissotsky          Marseille
Jean-Roger Caussimon   Ostende
Michel Colucci                Le blues de Clermont-Ferrand
Henri Salvador                Hénin-Liétard / New-York
Les Malpolis                   Paris, Paris
Jacques Higelin               Paris / New-York, New-York / Paris
Alain Leprest                  D'Osaka à Tokyo
Olatundi Babatunde        Le chant du cheminot
Claude Nougaro             Y'avait une ville...
Roger Riffard                  Napoli
Catherine Sauvage          Bilbao song
Bourvil                            Nénesse d'Epinal
Serge Reggiani                Paris, ma rose
Parabellum                      Ilôt Amsterdam
Les VRP                         Alexandrie 

Et c'est toujours écoutable, ou téléchargeable sur ce bon vieux lien
...Et y'a plus rien

mardi 4 février 2014

Et parfois Béranger passait à la télévision

Enfin, disons que cette version d'octobre 1971 du "Monument aux oiseaux" est un document exceptionnel par la rareté des passages du bougon Béranger au petit écran.
Voilà qui nous fait l'occasion de voir sa bonne bouille, à l'âge de 34 ans, pour ce titre tiré de son deuxième disque, "ça doit être bien..."