lundi 28 avril 2014

Un petit détour par le bayou (3)

Madeleine

  
     Le delta du Mississipi passe aussi par Paname. Une version endiablée du classique cajun Madeleine par Los Carayos.
     Le "supergroupe" Los Carayos rassemblait la fine fleur de ce qu'on a pu appeler la scène rock alternatif parisienne. S'y produisait  :
- Schulz de Parabellum.
- Alain Wampas des Wampas, de la Mano Negra et des Happy Drivers.
- Manu Chao - qui a fait la carrière que l'on sait - des Hot Pants, futur de la Mano Negra.
- Antoine Chao, son frère - qui s'abîme désormais dans les délices de l'autogestion joyeuse - des Chihuahua, futur de la Mano.
- Quant au toujours pétulant Hadji-Lazaro,des Garçons Bouchers et Pigalle , ben, il continue son petit bonhomme de chemin ( Pigalle en tournée partout en France...).










Merci à Marie pour le tuyau !

vendredi 25 avril 2014

Brassens et Paul Fort


    Brassens a mis en chanson une demi-douzaine de poèmes du Rémois, lui même copain d'André Gide et de Pierre Louys, aède officiel de la troisième république et mis sur liste noire par l'honneur de la poésie française en 1944.*
    Les plus connues de ces chansons sont sans conteste Le petit cheval et La Marine mais j'avoue un faible pour Si le Bon Dieu l'avait voulu qu'on s'envoie ci-dessous juste pour le plaisir :


Georges Brassens - par cdipre

Non content de le chanter, notre moustachu a détourné son Enterrement de Verlaine, celui même auquel il avait collé la même musique que celle de La marche nuptiale pour en faire un Enterrement de Paul Fort. 


Que voici dans une interprétation de Philippe Forcioli, une parmi les multiples qu'on trouve sur le tyoube.


* Les éditions Acratie ont l'excellente idée de rééditer ces jours-ci "Le déshonneur des poètes" de Benjamin Péret. C'est une merveilleuse entreprise de mépris et de démontage des "patriotes professionnels" (selon l'expression empruntée à Malaquais). Rappelons qu'en ce qui concerne la prise de risque, Péret qui s'était enquillé l'Espagne, d'abord avec le POUM puis avec la CNT, avant de faire un brin de résistance n'avait de leçons à recevoir de personne et surtout pas de ces staliniens là.

mercredi 23 avril 2014

LE JOUAL

Contribution d'outre-Atlantique avec Monon'c Serge

 

    Un gros merci à François Gosselin Couillard qui nous communique cette vidéo suite à nos errements sur la langue comme on la cause au Québec.
Salut à toi, donc, pour le reste, ça se passe de commentaires (surtout cette charmante vision de notre pays et de son académie de momies)
Que mille jargons s'épanouissent !



lundi 21 avril 2014

Bernard Dimey

Echappée champenoise



    On était déjà diablement ému d'avoir pu trouver une trace de Dimey au Gerpil (consultable sur ce blogue-même) et voilà qu'un sagace lecteur de l'ami George nous met sur la piste d'une autre vidéo du poète.
   Un retour de Dimey en Haute-Marne, à Nogent-en-Bassigny, son village natal.
   Du cimetière, au bistrot du coin - ça ne pouvait se faire que dans ce sens-là- on pourra voir l' honnête homme déclamer quelques-uns de ces textes : son magnifique L'enfance, son fameux Quand on a rien à dire, ainsi que Moi qu'écris des chansons et ses cocasses Les imbéciles et Je deviendrai très emmerdant.
   Une vidéo d'autant plus émouvante qu'elle semble avoir été tournée l'année de sa mort (comme le suggère sa remarque devant la maison de son enfance...).

     Pour finir, on signalera à nos aimables lecteurs ce livre même si nous nous devons d'avouer ne l'avoir point eu entre les mains.

   Un grand merci donc à M. Prh de nous avoir mis au jus !

  








vendredi 18 avril 2014

   Michèle Arnaud

Micheline Caré (son vrai nom) est née à Toulon en 1919 et morte à Maisons-Laffite en 1998.
Elle débute en 1952 au Milord l'Arsouille, un cabaret de l'île St Louis et y devient petit à petit la vedette principale, elle est souvent accompagnée à la guitare ou au piano par un petit jeune, Lucien Ginzbourg qui assure aussi l'ambiance sur son bastringue. C'est elle qui chantera les premières chansons écrites par ce monsieur timide avant de le pousser à s'interpréter lui-même sous le nom de Gainsbourg (on peut en retrouver un exemple sur ce même blog)
Elle-même écopera du surnom quelque peu méprisant "d'intellectuelle de la chanson" car elle reprenait Ferré, Vian, mais ausi de parfaits inconnus comme robert Adray.
Productrice à la télévision, de 1963 à 1967, elle donnera sa chance à rien moins que Jean-Christophe Averty, un des rares inventeurs de ce milieu.
Elle a aussi créé cette rengaine de Boris Vian (en 1964) dont nous partageons sans réserve la conclusion.

 

mardi 15 avril 2014

François Villon et la chanson (2)

Boulat Okoudjava - La prière de François Villon

   

 


*
 Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
 *

    Nous commençons à peine et suivons déjà un détour avec cette célèbre chanson de Boulat Okoudjava.
    Okoudjava qui eut à subir quelque peu les rigueurs du régime des Commissaires du Peuple (on se reportera à sa biographie ci-dessous) ne met pas là en musique un texte de Villon. On a même pu entendre dire qu'il faisait référence au poète dans le titre pour mieux déjouer la censure...
     Il n'en est pas moins vrai que l'on se trouve ici non loin du monde de Maître François ( on pense au Frères humains... dont nous avons mis un extrait en exergue).
   De là à penser, en suivant le barde, que l'éternelle Russie, qui fut un temps soviétique, n'est pas encore tout à fait sortie de la féodalité, nous vous laissons juges, aimables lecteurs...

   *
    Nous reproduisons ici une éclairante anecdote de la tenancière de la stengazeta, blogue que nous vous conseillons toujours d'aller voir.

     En 1967, Okoudjava donna un concert à la salle Pleyel. Nous étions toute une bande d'adolescents d'origine russe qui étions venus l'écouter. Une camarade, lors de l'entracte, demanda au chanteur, pourquoi, pour lui, Dieu avait les yeux verts. Il lui répondit avec un plissement malicieux des yeux : "les yeux de ma femme sont verts".

S.P. Struve

*

"Pense à moi un peu" ou "La Prière de François Villon"

traduction : Jean Besson, François Maspero (1983)


Tant que la terre tourne encore, tant que le jour a de l'éclat,
Seigneur, donne à chacun de nous ce qu'il n'a pas :
Donne au sage une tête, un cheval au peureux,
Donne à l'homme heureux de l'argent... et pense à moi un peu.
Tant que la terre tourne encore, Seigneur, elle est en ton pouvoir !
Donne à qui veut régner l'ivresse du pouvoir,
Donne, au moins jusqu'au soir, repos au généreux,
A Caïn le remords... et pense à moi un peu.
Je sais : pour toi tout est possible, et je crois en ton sage esprit,
Comme un soldat mourant croit en ton Paradis,
Comme croit chaque oreille à tes propos de paix,
Comme à soi-même on croit, sans savoir ce qu'on fait !
Seigneur Dieu, mon Seigneur, toi dont l'oeil vert rayonne,
Tant que la terre tourne encore et soi-même s'étonne,
Tant qu'il lui reste encore et du temps et du feu,
Donne à chacun sa part... et pense à moi un peu.




 Boulat OKOUDJAVA  1924 – 1997


    Boulat Chalvovitch Okoudjava (ou Bulat Okudzhava suivant la transcription) est né à Moscou en 1924, d’un père Géorgien et d’une mère Arménienne.
    Il passe une partie de son enfance à Moscou, dans le quartier de l’Arbat, puis part vivre en Géorgie.
    Il s’engage en 1942 dans l’armée, où il sert comme simple soldat. Il est envoyé au front et sera blessé à plusieurs reprises.
    Après la guerre, il part à Tbilissi faire des études, qu’il achève en 1950. Il est ensuite instituteur dans un petit village de la région de Kalouga. Entre-temps, son père est fusillé par les staliniens comme espion japonais, sa mère connaîtra les camps de concentration pendant 18 ans.
Boulat Okoudjava est membre du PCUS de 1955 à 1972, date à laquelle il est exclu de l’Union des écrivains (et donc du PC) pour attitude contraire à l’esprit de parti (partij’nost’) , illustrée par le refus de porter un jugement sur la publication de certaines de ses oeuvres dans la presse occidentale.
    Son premier recueil de poèmes Vers lyriques (Lirika) , paraît en 1956, à Kalouga. Ensuite ses vers sont publiés dans diverses revues Le monde nouveau, L’étendard, Néva, La jeune garde, Jeunesse, et dans des journaux comme La gazette littéraire. Son deuxième recueil de poèmes  Les Iles (Ostrova) est publié à Moscou en 1959. Paraissent ensuite deux autres recueils : Le joyeux tambour (Veselyj barabanscik) en 1964 à Moscou et Mars le magnanime (Mart velikodusnij) en 1967 à Moscou également.
    Il écrit sa première chanson en 1946 lorsqu’il est étudiant à Tbilissi, mais dans les années qui suivent il se consacre à l’écriture de poèmes, dont certains deviendront des chansons. A partir des années 70, il s’intéresse davantage à la prose et écrit des romans historiques, des nouvelles, des récits.
    Il publiera encore quelques recueils de poésies  Arbat, mon Arbat (Arbat moj Arbat) , poésies et chansons 1976, Poèmes (Stihotvorenija) Moscou, 1985 , Les grâces du destin (Milosti sud’by) Moscou, 1993, Tristesses de tous les jours (Zitej) recueil de poèmes écrits entre 1958 et 1994 Moscou, 1995.
    Sa notoriété s’est construite tout d’abord dans une semi-clandestinité, dans les années 60, grâce au samizdat * et au magnizdat **.
    Il a été invité aux Etats Unis, a effectué des tournées en Israël, en Pologne, en Allemagne, en France où il enregistrera un disque en 1968 (ce qui lui sera reproché). Sa notoriété est peu à peu reconnue officiellement et n’y a plus de problèmes à partir de 1985.
    Il a été opéré du coeur aux Etats Unis en 1991.(Il a du surmonter des difficultés financières pour payer son opération, ses nombreux amis l’ont aidé).
    Il a donné un concert à Paris, à l’Unesco, le 25 juin 1995, qui coïncidait avec le cinquantenaire de l’Unesco et de la fin de la guerre.
    On a fêté son jubilé en 1996, 50 ans de chansons, de poésies, de romans (1946 – 1996).
    Bien que possédant un appartement à Moscou, où vivent son fils et sa femme Olja, il passe la plus grande partie de son temps dans le petit village des écrivains de Peredelkino (non loin de Moscou), où il habite une datcha d’Etat. Là, il se consacre à son travail d’écrivain et de poète, mais ne pouvant vivre entièrement de sa plume, il apparaît encore sur scène, pour de courtes durées, car c’est un homme âgé et fatigué.
    Il a souvent composé la musique de ses chansons lui-même, il a parfois fait appel à un compositeur, nommé Schwartz.
    Il meurt à Clamart en 1997.


Biographie réalisée par Jacqueline BOURREL

______________________________________________

Notules de l'herbe

* auto-éditions d'auteurs dissidents, voir ici .
** enregistrements pirates, dupliqués de cassette à cassette.

_______________________________________________

Dernière minute

   L' ami George nous a mis sur la piste de la nuit rêvée de Marina Vlady - qui fut la compagne de Vyssotski - au cours de laquelle on pouvait entendre une rediffusion d'une belle émission de 1992, Trois chanteurs dans l'hiver russe.
   Une large part est consacrée à Okoudjava. On pourra aussi entendre parler d'Alexandre Galitch et de ce cher Vyssotski  et en apprendre un peu plus sur les samizdat.







dimanche 13 avril 2014

SINGLE TRACK

D'honnêtes galériens


Ce groupe né à Brive (terre de rugby bien connue parce que côté rock 'n roll...bref, ça partait mal) est allé tenter sa chance successivement à Pau, Lyon puis Saint-Etienne avec une poisse et un manque de reconnaissance certain malgré un nombre impressionnant de concerts aux côtés des classiques de l'époque : OTH, Parabellum, LSD, Camera Silens, Les Brigades, Ausweiss, etc.
Reprenant du Clash, Pistols, Lou Reed à l'origine, ils vont évoluer vers un post-punk mélodique chanté en français aux thèmes profondément marqués par l'angoisse de la misère, du chômage, de l'armée ou du racisme. Le tout non dénué d'une certaine préciosité d'autant plus soulignée par la voix de Sylvain. 
Où êtes-vous donc passés les gars ?
Formation : Hapiez (guitare et chant) Rab (basse) Sylvain (chant) Régis (batterie) et occasionellement Pascal (clavier)

Uniques enregistrements : deux cassettes sur le label stéphanois "Kronstadt Tapes", un maxi 45t de six titres, "Corporation" sorti en décembre 1984 et une apparition sur la compil de l'excellent fanzine "Les héros du peuple sont immortels". 
Un extrait de la deuxième cassette : 

jeudi 10 avril 2014

MOULOUDJI chante VIAN




    En 1971 Mouloudji tente un retour fort réussi du musette. Extrait : cette javouille parodique écrite par Vian et Assayag en 1947. Un régal pas si connu !

mardi 8 avril 2014

émission d'avril 2014 :  Le jargon, l'argot, le patois...

Du vocabulaire des marges dans la chanson

Louis Massis              La java javanaise
Jean-Louis Caillat       La chanson du condamné
Meulien                      L'idylle des grands gâs et des jeunesses convenables
Les Ex Tatas              Pépé la jactance
Les 4 Barbus             Chanson Morale
Edmond Tanière        Tout in haut d'chterril
Les Amis d'ta femme  Laisse tomber, gros
Germaine Montéro     Rue St Jacques
Casey                        Pas à vendre
Plas-tichke                 ça gaze pour moi
Jacques Marchais       Chant d'Apaches

 Calez-vous ça dans les esgourdes à cette adresse

Planche de Golo et Frank "Les noces d'argot"

samedi 5 avril 2014

Du côté du Chat Noir (5)


Aristide Bruant et les Apaches


En avant-première à notre émission du lundi 7 avril consacrée au jargon, à l'argot, à la langue verte, au patois, etc. Un balèze du genre dont on va vous coller la bio icigo sous peu. Et Gi ! A la gloire des mauvais bougres.


jeudi 3 avril 2014

Trenet et Brassens




    On sait  que le sétois admirait le narbonnais et sans doute lui devait-il beaucoup :  c'est le fou chantant, le premier sans doute, qui sut marier avec à-propos swing et chanson.
    Brassens, ne sachant que faire de son corps encombrant, devait aussi envier la facilité avec laquelle Trénet irradiait la scène...
   C'est flagrant dans l'interprétation du Petit oiseau ci-dessous où Brassens s'applique, soucieux de bien faire comme toujours (certes, plus détendu que d'habitude), et Trenet, enjôleur, qui met le pilote automatique, une fois que la chanson lui revient en mémoire...





    On suivra à loisir la suite de cette rencontre ci-dessous :






    Pour voir dans la longueur la plupart de ces vidéos (et une interprétation esquissée de Tout est au Duc), on se reportera à cette page



mardi 1 avril 2014

Parenthèse d'actualité : changement de personnel


    Un fantôme hante les couloirs de Matignon, celui de Gustav Noske, social-démocrate musclé et grand fusilleur de spartakistes, qui n'hésitait pas à se définir lui-même comme un "chien sanguinaire".
A ta santé !

Illustration de George Grosz

Et comme notre nouveau sous-commandant parle parfaitement (et pour cause) castillan, nous lui dédions cette chansonette de La Polla Record sobrement intitulée "Tu étais un homme, te voilà flic".