dimanche 29 juin 2014

Mick Micheyl

La Joconde

On a raté la version de Patachou, on se rattrapera donc avec l'originale par son auteur  même :



Pour mémoire, Mick Micheyl (née Paulette Michey en 1922, rien à voir avec Monsieur Eddy, donc) fut une vedette assez considérable dans les années 50 qui écrivit aussi Un gamin de Paris, avant d'être meneuse de revues au Casino de Paris et d'aller se perdre à la télévision où elle eut le mauvais goût de lancer Daniel Guichard ou Dave.
Depuis, 1974, elle s'est consacrée à la sculpture avant de prendre sa retraite.
Elle a tout de même écrit cette excellente chanson :

mercredi 25 juin 2014

Deux ogres



Michel Simon par Dimey


    L'étroite porte d'entrée de la maison de Michel Simon perce un grand mur borgne dans un coin paisible de Noisy-le-Grand. Michel vient nous ouvrir, son corps droit comme un I contraste avec l'affaissement de son visage. Ses yeux s'éclairent à la vue de Bernard.
Michel Simon à Noisy-le-Grand par Jean Mounicq
Nous le suivons dans une allée assombrie par la verdure qui forme une courte voûte ménageant juste notre passage. La végétation est serrée et inextricable, les arbres gigantesques n'ont pas connu de taille depuis trente ans. Les branches s'entremêlent, tissant leurs feuillages où l'espoir du ciel bleu a du mal à s'infiltrer. La maison se tapit dessous, captive et secrète, havre de paix et de mystère. La demeure de Blanche-Neige est habitée par un géant. Une large gaine de grillage rongé par le temps sort de la cave et étire son boyau mité jusqu'au toit. Devant mon étonnement, Michel m'explique que cet aménagement servait à ses singes. Pendant la guerre, un quart d'heure avant les alertes, ses chimpanzés quittaient la toiture pour cacher leur peur dans le sous-sol. La piscine délave son bleu dans un magma de feuilles brunâtres croupissant dans de l'eau de pluie devenue limoneuse. L'intérieur de la pièce où il nous reçoit me déconcerte, une statue de bois, habillée de lamelles de métal, représente un samouraï ; sa queue dressée sert de porte-manteau à mon blouson. Dans un coin, une belle Aphrodite en marbre nous invite à palper sa croupe voluptueuse. J'aime son désordre, mais où sont ses objets érotiques légendaires, ses godemichés pharaoniques ? Sans doute dans la pièce suivante, dans l'armoire normande, trésors au goût de soufre et de foutre parfumé.
    Notre visite est un peu intéressée. Dimey souhaite que Michel enregistre son long poème du Bestiaire de Paris. Simon accepte à la condition incontournable que son amie y participe. Le rêve s'évanouit. Michel sort un billet de cinq cents francs d'une boîte à chaussures en carton et nous emmène au restaurant.
    Bernard est missionné par Bruno Coquatrix pour convaincre Michel Simon de passer à l'"Olympia". Michel hésitant se fait prier, nous nous quittons sur un demi-accord pour un dîner chez Coquatrix qui une semaine plus tard nous réunit dans son appartement. Nous sommes dimanche soir, attablés devant des plats recherchés. Simon ne veut pas manger, réclamant du lait, rien que du lait. Boudu a gagné, l'inquiétude parcourt tous les étages. Il y a ici les meilleurs champagnes mais de lait, point. Un restaurant voisin nous dépanne. Michel trempe ses moustaches dans le blanc nacré, pour l'"Olympia", c'est oui.
    Au jour dit, la salle comble est saturée d'émotion. Michel Simon entre en scène, les spectateurs sont debout pour une ovation spontanée, les minutes se transforment en quart d'heure puis en trois quarts d'heure. La tendresse passionnée du public empêche Simon de chanter, lui brisant la voix. C'est cinquante ans de géniale carrière qui sont acclamés. Enfin, il commence, sa voix de rocaille impose le silence, sa fragilité fait taire le torrent, le charme opère. Quand Simon chante Mémère une larme scintille sur la joue de Dimey qui l'essuie furtivement, ému encore une fois d'entendre la plus belle chanson d'amour qu'il ait écrite.

Yvette Cathiard, Dimey, La blessure de l'ogre.



dimanche 22 juin 2014

Arthur H et Brigitte Fontaine

Encore un duo de choc. Après avoir longtemps écrit et chanté avec son père, notre Brigitte s'aventure avec le fils*(celui qui, tout petit déjà, braillait des insanités au sujet des pompiers sur les disques de Papa) pour un classique du Gainsbourg qu'ils nous livrent à leur sauce.
C'était en 2000 au Trianon.



* Rappelons que contrairement à ce qu'affirment des mauvais esprits Arthur H n'est PAS le petit-fils d'Adolf H !

jeudi 19 juin 2014

Il faut savoir continuer une grève

(parenthèse d'actualité)

Face à l'obscénité médiatique, gouvernementale et syndicale, nous ne pouvons que reprendre cette joyeuse ritournelle de nos Belges chéris sobrement intitulée "Où l'on apprend que nous avons tout à gagner".

 

En rappelant ce slogan de la superbe grève de 1987 "Les trains s'arrêtent, la vie commence."
Et en soulignant que nous avons une préférence pour les festivals annulés et les trains gratos plutôt que l'inverse. Tapons au porte-monnaie, camarades !


Et un mambo primitif pour consoler "l'usagé"

 

mercredi 18 juin 2014

LES KAMIONNERS DU SUICIDE




C'est un jour de 1983, que D'jah X, déçu d'attendre après un soulèvement de la paysannerie qui ne vient pas, décide de quitter sa Lozère pour attaquer la capitale.
C'est avec Stick-lo (basse) Ben X (batterie) Lucile (Sax et chant) et Jules R (sax) qu'ils vont monter Les Kamioners du Suicide (allusion à un des premiers attentat suicide de la décennie contre le camp des Marines à Beyrouth)
LKDS va écumer les concerts sauvages, squats, manifs, se retrouver dans les fanzines et radios du moment.
Leur version de "Guns of Brixton" rebaptisée "Les fusils de Belleville" reste, au moins, une des 3000 meilleures reprises de la chanson de la bande à Paul Simonon 
En 1985, ils autoproduiront un 45tour sur Autonomie Ouvrière Prod. (ce sera, à ma connaissance, l'unique disque du label créé pour l'occasion) On y trouve dans une superbe pochette une version reggae de "La java des Bons Enfants"* avec un hymne à la décolonisation en face B


Depuis quelques années D'jah a rescucité LKDSdans les Cévennes avec une nouvelle bande quon a vu à Paris ou à la ZAD de Notre Dame des Landes.
On attend le prochain disque (B'alors vous finissez de les coller ces pochettes ?)
On trouvera ici un article avec un  entretien de D'jah X tiré de la somme "Nyark nyark" d'Arno Rude Boy.
Et la face B du 45 tour historique de 85


Et en bonus, une rareté, "graine de terroriste" sur la compilation "Rock Army Fraktion" (sur laquelle on reviendra) de 1986.



* en changeant les paroles rien que pour emmerder les anars.

lundi 16 juin 2014

PATACHOU


Née le 10 juin 1918 à Ménilmontant, Henriette Ragon est fille unique d’un artisan céramiste et d’une mère au foyer. 
Marchande de chaussures, pâtissière, antiquaire, elle a ouvert en 1948 un restaurant sur la butte Montmartre. Poussée par ses clients, elle s'est mise à chanter quelques refrains populaires en fin de soirée et l'interméde deviendra bientôt célébre dans le quartier. Armée d’une paire de ciseaux, elle coupait sans vergogne les cravates des célébrités et des anonymes, qu’elle accrochait ensuite au plafond de son établissement. Cette coutume en a fait une légende dans le milieu de la nuit . Maurice Chevalier, séduit par sa gouaille, l'a poussée à se lancer pour de bon dans la chanson.
En 1950, sous le pseudonyme de Lady Patachou, elle a entamé une tournée des cabarets de Montmartre. Sa voix rauque a attiré parisiens et touristes reprennant en cœur "Bal petit bal""Rue Lepic" ou "Un gamin de Paris".
L’année suivante, elle s’est imposée définitivement en première partie d'Henri Salvador, à l’ABC, mythique salle de l’époque. Son interprétation magistrale de "Mon homme", que chantait autrefois Mistinguett, a mis en valeur ses talents de comédienne.
En 1952, elle a placé en première partie de son spectacle un débutant timode mais qui promet, Georges Brassens.
Les deux complices
"Une gamine française avec un nom fascinant" : c’est ainsi que la presse américaine définit Patachou en 1953 pour son triomphe au Waldorf-Astoria de New York, avant de sillonner plus de cent mille kilomètres sur le continent du Nord au Sud. C'est en Amérique quelle a jeté son titre de Lady des premières années aux orties. Retour à Paris, au Théâtre des Variétés, en avril 54, avec de nouvelles chansons signées Ferré et Brassens.
Plaisanterie Vieillotte

Après une première apparition au cinéma dans "French Cancan" de Jean Renoir en 1955, Patachou poursuivra une carrière internationale, avec de nouveaux succès tels "La bague à Jules", "Voyage de noces", ou encore le refrain célèbre d’une autre de ses découvertes, "Bal chez Temporel", de Guy Béart.  En 1957, elle s'est produite à l’Olympia et à Bobino.
La vague yé-yé ayant balayé l’ancienne génération. Patachou, à son retour en France à la fin des années soixante a chanté dans de petits cabarets ou au restaurant de la Tour Eiffel. En 1972, son tour de chant au Théâtre des Variétés lui a permis de renouer avec le public de ses débuts. Elle est revenue régulièrement sur scène, mais a passé plus de temps au théâtre et quelques brèves apparitions au cinéma.

Hymne à l'amour 
Suivi d'un texte fabuleux mais pas moyen de vous l'offrir autrement qu'en cliquant là
Et édition argentine

jeudi 12 juin 2014

AU BONHEUR DES DAMES

  dans leur éternel bon goût


Groupe* parodique des années 70 faiseurs de succés comme"Oh, les filles" ou "Bebert le dromadaire" sur l'album "Twist" en 1974 mais qui valent toutefois un peu mieux que ça.
Ils éclateront en 1978 pour une stupide histoire de droits d'auteur.
Une partie d'entre eux ira fonder le groupe Odeurs.
Pousuivis par le fisc,Ils se reforment reprennent en 88 l'immortel tube de Sam the Sham & the Pharaos groupe de garage texan et chicano, lui-même assez burlesque, dont les membres avaient décidé de s'habilller en pharaons de foire en sortant d'une projection du film "Les 10 commandements".
Et ça donne un clip d'un kitch qui en serait presque devenu attendrissant :




L'intégrale de l'album de 1978 se trouve chez notre infatigable collègue lexomaniaque

* Le groupe était formé de :
  • Eddick Ritchell, chant
  • Rita Brantalou, guitare et basse
  • Ramon Pipin, guitare, chant, basse, claviers,rumbatronic
  • Costric1er, paroles
  • Sharon Glory, boombakatoombakahoohoo et chant
  • Shitty Télaouine, basse
  • Hubert de la Motte Fifrée, batterie et chant 
  • Gérard Manjoué, claviers
  • Gépetto Ben Glabros, saxophone
  • Jimmy Freud, chant, harmonica
  • Wolfgang Lion, piano
  • Ulrich Danone, trompette
  • Chick Béru, guitare
  • Allonso Canapelli, batterie
  • José Mogador, trompette
  • Rudi Kartoffun Müller, banjo
  • Sergio Queutav Pontoise, piano
  • Roger Flambant Rogers, saxophone
  • Olaf Teurchev, contrebasse
  • Michel Barouille, yodels 
  • Ce sera tout, merci.

mardi 10 juin 2014

émission de juin : Monte-à-regret et Boite à frissons

Et une émission en direct, la première. On les a rencontré un jour dans une cave. On les a donc invité...
Ils jouent en direct. Et puis, leurs choix et les nôtres...


Gigi & Nénesse :          La Rose Blanche
Yvette Guilbert :             A la Vilette
Jacques Marchais :         Ma tête
Patrick Denain :              Conseil à un pègre
Simone Bartel :               Les ballons
Gigi & Nénésse :          La marche des cambrioleurs
Modest Lovers :             Chant des pègres
Fréhel :                           La vraie de vraie
Béatrice Bonifassi            Attila Marcel
Raoul de Godewarsvelde : Mettez un verre
Gigi & Nénesse :            La java du solitaire
Gainsbourg & Clay :       Accordéon
Léo Ferré :                     Ne chantez pas la mort
Gigi & Nénesse :          Mister Gorgina
Jeanne Moreau :             La peau d'Léon
Brigitte Fontaine :            Le nougat
Gainsbourg :                   Vilains garçons, vilaines filles
Marianne Oswald :         La chasse à l'enfant
Mano Solo :                   Les gitans
Noir Désir :                    Des armes
Gigi & Nénesse :         Rue du Dragon
Actualités
Coluche :                       On est pas là pour se faire engueuler 

C'est donc toujours téléchargeable là (clic droit, enregistrer le lien ou la cible sous...)
           

lundi 9 juin 2014

Chanson tendre












    Pour entendre, la version sans aucun doute la plus tendre de cette chanson, toujours par la môme Fréhel, on se reportera à ce billet.


samedi 7 juin 2014

Agnés Capri


Sophie Rose Fridman, dite Agnès Capri, (15 avril 1907, l'Arbresle / 15 novembre 1976, Paris) était actrice, chanteuse et productrice de radio.
Côté filmographie, en voilà une qui eut bon goût, jugez plutôt : Drôle de drame de Marcel Carné (1937) Le dimanche de la vie de Jean Herman (1967), La Voie Lactée de Luis Buñuel (1969), Le Moine d'Ado Kyrou (1972) et le Fantôme de la liberté de Buñuel (1974) excusez du peu !
Je l'ai découverte grâce à cette chère Hélène Azera de Chanson Boum ! (France Culture)
Que voualà une femme bien dingo comme on les adore !



jeudi 5 juin 2014

François Villon et la chanson (3)

La poésie fout l'camp Villon



....Y a qu'du néant sous du néon...






lundi 2 juin 2014

Mama Rosin

Des Suisses qui font dans le cajun, et ça dépotte


Excellent concert (à partir du le troisième morceau où ça a vraiment décollé) vendredi 16 mai dernier à Toulouse. 
Les Genevois Robin Girod (guitares, banjo, chant), Cyril Yeterian (mélodeon, guitare, chant) et Xavier Bray (batterie, chant) poussent leur cajun 'n roll (musique de Louisiane à tendance crade et sautillante) autant inspiré par le Gun Club ou Bo Diddley que par le zydeco* le plus traditionnel, depuis 2007.
Ils ont également fondé le label "Moi, j'connais"
Cette vidéo déconnante, hommage aux Pine Leaf Boys de Lafayette, donne une petite idée de leur présence scénique.


* on va revenir sur l'origine du mot, déformation de "haricots".