mercredi 29 octobre 2014

Parenthèse d'actualité : chiens de garde

La morgue et la brutalité des policiers et des gendarmes est apparue à tous ces derniers jours, dans le Sud Ouest et ailleurs, même à ceux qui prétendaient l'ignorer.
La gestion de l'ordre a donc encore tué et lundi dernier, au sein des foules qui avaient pris la rue, la majorité avait certainement oublié que cette colère pour la mort de Rémi se répandait le jour même du neuvième anniversaire de la mort de Zied et Bouna à Clichy-sous-bois. 
A ceux qui imaginent qu'on puisse "humaniser" certains corps de l'état ou qu'on puisse réformer certaines pratiques, nous offrons cette chanson de François Béranger qui date de 1979.


Comme le chantait La Souris, "Rien n'a encore changé".

lundi 27 octobre 2014

Alors, il leur a encore fallu du sang.

L'Etat Tue



Samedi 25 octobre 2014, les chiens de garde dépêchés par leurs maîtres pour garder un parking de chantier désert ont fait leur boulôt.
C'était à Sivens, sur la ZAD du Testet, dans le Tarn.
Tir direct ou indirect, on s'en fout.
Nous ne faisons pas de distinction entre usage "disproportionné" et usage "proportionné" de la force.
Nous savons juste "qu'aux mains de l'état, la force s'appelle droit".
Nous savons juste, qu'une fois encore, un des nôtres est tombé.
Et nous allons voir débouler récupérateurs, procureurs embarassés, professionnels de le non violence, charognards et autres...
Sachant que les morts, nos morts, si démocratiquement morts, ne seront vengés que par la chute de leurs assassins.





Communiqué du collectif "Tant qu'il y aura des bouilles"

Rémi est mort cette nuit entre 2h et 3h à proximité des gendarmes et des CRS positionnés sur le chantier du barrage de Sivens à Lisle sur Tarn.
Nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès, au plus vite. Nous sommes sous le choc et présentons toutes nos condoléances à sa famille et amis-ies.
Ce soir, dimanche à 18h nous appelons à un rassemblement à Gaillac, place de la libération. Un second rassemblement est d’ores et déjà prévu ce lundi à 14h à Albi, devant la préfecture.

-Rassemblement demain lundi à la préfecture d’Albi à 14h
-Rassemblement demain lundi à la préfecture de Nantes à 18h
-Rassemblement demain lundi devant la préfecture de Gap  à 10h




vendredi 24 octobre 2014

Total : le revoilà


Les proches de la quarantaine de morts, les 3000 blessés, les milliers de sans abris toulousains sont ravis de vous faire part du retour* de Thierry Desmarest à la tête de Total,  à l'époque où cette boite était la maison mère d'AZF en 2001 (et propriétaire d'une poubelle nommée Erika).

En souvenir des loyaux services de ce technocrate, une délicieuse java écrite par un anonyme inconnu (ben, tiens ! ) et interprétée par le camarade Igor Agar.
Sur un air bien connu de nos services : la javAZF ! 





L'Igor en action

* Tout ça parce qu'un Falcon de chez Dassault est moins solide qu'un chasse-neige.

jeudi 23 octobre 2014

Parenthèse d'actualité bis






    Après les effroyables affaires Cahuzac, Thévenoud (...ajouter les noms manquants à la liste), voilà qu'à leur tour M. et Mme Balkany ont à souffrir les rigueurs de l'administration fiscale. Sans compter les 60 tartuffes parlementaires aux prises avec nos héroïques gratte-papiers de la Direction générale des finances publiques, selon les dires du Canard Enchaîné...
    Nous ne serions trop conseiller à M. et Mme Balkany de méditer cette belle fable de Bernard Dimey (qu'on vous remet ici pour l'occasion, toujours interprétée par Jehan Cayrecastel), si ces Messieurs Dames ont la patience d'aller jusqu'à la chute... Ce sont gens occupés... Histoire de continuer à valser...





    Tiens, et puisque nous en sommes rendus aux cages, voici un autre Jehan (Jonas, à qui l'on doit l'immortel Flic de Paris ) et son zoo de Vincennes . On pourrait, pour agrémenter la visite, ajouter au hasard, un fasciste cacochyme et un grand patron à l'ancienne, genre un Zemmour et un Margerie...Caramba ! Trop tard! Peut-être son cadavre aux fauves... encore faut-il que le fond de sauce rond-de-cuir-kérozène soit à leur goût... Les félins sont, eux, des animaux délicats...
Une réalisation de Jean-Christophe Averty en 1968.






mardi 21 octobre 2014

Parenthèse d'actualité : le grand crash




Aux ivrognes russes anonymes qui ont fait don leur foie et de leur déneigeuse pour l'émancipation du genre humain. 
Le prolétariat reconnaissant.




lundi 20 octobre 2014

La nuit de Pierre Barouh






     C'était le mois dernier sur la radiodiffusion nationale. On pourra notamment entendre des poèmes de Prévert, un documentaire sur Jean-Roger Caussimon et un entretien de Desjardins.
    Au cours des interviews de Barouh, on apprendra que c'est lui qui amena Caussimon à poser sa voix sur ses propres textes (chose qu'il n'avait plus osé faire depuis ses très chouettes enregistrements au Lapin Agile ) grâce à son célèbre label Saravah. On lui doit aussi la découverte de Higelin, Fontaine et de la musique brésilienne (n'oublions pas le père Cendrars non plus...).
    L'intégralité de la nuit révée ici.







samedi 18 octobre 2014

Le temps qui passe



Omaha Beach de nos jours.



Y'a rien qui s'passe by Allain Leprest on Grooveshark
 Y a rien qui s'passe, Mec, 1986.




Quel con a dit ?, (Re)donne moi de mes nouvelles, 2005.


  
Y a rien qui s'passe, Chez Leprest, vol.1, 2007.


mercredi 15 octobre 2014

En avant la zizique...

... et par ici les gros sous.






     La chanson, disons le tout de suite, n'a rien d'un genre mineur. Le mineur ne chante pas en travaillant, et Walt Disney l'a bien compris, qui faisait siffler ses nains. Le mineur souffle en travaillant pour éviter que le charbon ne lui entre dans la bouche. La pression du jet d'air, accrue par la réduction du diamètre de l'orifice émetteur, est en effet suffisante pour détourner les poussières, que le mineur se contente d'avaler par le nez, comme tout le monde.
    N'étant pas un genre mineur, la chanson joue, cela va de soi, un rôle majeur dans les circonstances les plus diverses et souvent les moins propices ; nous y reviendrons plus tard, mais empressons nous d'ajouter qu'on peut se faire faire presque n'importe quoi en chantant, sauf un lavage d'estomac ou enlever les amygdales, et que la mort n'exclue pas le reste.
    La chanson est éternelle, dit-on couramment.
    Je crois que l'on se trompe : la chanson est, sous sa forme de chanson, étroitement liée à l'existence de l'homme sur cette planète. Rien, donc, de plus relatif que cette éternité. Qui plus est, on a toute liberté d'imaginer une race d'hommes sans cordes vocales, et qui ne chanteraient point. Rêve revigorant quand on a écouté quelques temps la radiodiffusion, nationale ou privée, et quand on a fait passer quelques auditions.


Boris Vian, En avant la zizique...et par ici les gros sous.





lundi 13 octobre 2014

Les Wampas ont adapté sans vergogne

Formés en 1983, la formation de Didier Chappedelaine, attendra 2003 pour posséder ce qui fait rêver tout groupe normalement constitué : un tube ! 
Pourfendant quelques vedettes de gôche à la mode dans le show-biz franchouillard, la bande n'avait pas hésité à s'inspirer des collègues british de leurs débuts, les Sting-Rays, avec lesquels ils avaient partagé quelques concerts au début des années 80.
Ce qu'à ma connaissance, aucun scribouillard professionnel de la critique n'avait remarqué.



En 1983, les Sting-Rays, de Londres étaient un peu particulier. Sur une scène britannique psychobilly peuplée de jeunes gens hésitant entre le pur hooliganisme et une attitude fasciste à la mode, ces gugusses manifestaient de réelles préoccupations sociales entre deux thèmes grands guignols.
Au passage, ils avaient chanté ce Joe's Strummer's wallet (Le porte-feuille à Joe Strummer) pour se moquer au fraternellement du charismatique leader de Clash.
Et la boucle est bouclée.  



jeudi 9 octobre 2014

Du côté du Chat Noir (6) : Le cas Bruant

Le châtelain qui chantait la canaille

Voilà un moment qu'on tourne autour du père Titide.
Seulement voilà, le chansonnier le plus célèbre de la Belle époque nous a toujours laissé un sentiment mitigé. Cette manière d'aligner les tubes (d'accord, ça ne se disait pas encore à  l'époque) avec toujours ce même procédé de ritournelles à rimes approximatives (truc qu'on a trop connu depuis chez Manu Chao ou les Berurier Noirs) cette recette consistant à nous pondre un morceau par quartier en fond de commerce (ok, Léo Malet a repris ça avec ces "Nouveaux mystères de Paris") cet arrivisme écrasant tous les autres, ce fils de la bourgeoisie jouant à l'apache...
Voilà le côté déplaisant du personnage.
En revanche, la plupart des chansons du mec, une fois entendues vous restent collées dans le ciboulot à perpète. Et puis, pendant fort longtemps, ces succès là constituèrent notre presque unique source de chansons populaires du début XXème.
Alors, pour ça et pour la tête de lard que tu fus, mironton, on te pardonne volontiers !


Aristide Bruant est né à Courtenay, Loiret, le 6 mai 1851 et est mort à Paris le 11 février 1925.
Né dans la bourgeoisie, des revers de fortune et un dab' alcoolo ont fait qu'il s'est retrouvé apprenti bijoutier à 17 ans mais pas pour longtemps. En 1870, à dix-neuf ans, il se  métamorphose en franc-tireur dans l'armée de Napoléon III mais encore là, pas pour longtemps. Démobilisé, il entre au service de la Compagnie des chemins de fer du Nord.

Dès lors, il se met à composer des chansons puis, vers 1873, il s'essaie à la scène : au Concert des Amandiers, au Café-concert Dorel à Nogent, etc. Mais sa véritable carrière ne débutera que huit ans plus tard quand il rejoint, à l'invitation de Jules Jouy et en 1881, Rodolphe Salis dans son célèbre CHAT NOIR. Lorsque ce dernier, effrayé par la gueule de la clientèle, déménage son cabaret du boulevard Rochechouart à la rue Victor-Massé, il retape le local qu'il rebaptise le Mirliton.
Le soir de l'ouverture, il n'y a que trois clients et Bruant, dépité, se met à les invectiver. Cette manière d'accueillir les clients fait vite sa renommée et c'est parti mon kiki !.
Quelques réplique du gars à son auditoire :  « Tas de cochons ! Gueules de miteux ! Tâchez de brailler en mesure. Sinon fermez vos gueules. » ou « Va donc, eh, pimbêche ! T'es venue de Grenelle en carrosse exprès pour te faire traiter de charogne ? Eh bien ! T'es servie ! »

Son poteau Toulouse-Lautrec fera quelques affiches qui consacreront la renommée du bonhomme. 
Lorsqu'il partira en tournée jusqu'en Afrique, en 1895, l'Aristide aura le toupet de coller une doublure dans son cabaret.
Son colossal succès lui permettra la bagatelle de l'achat d'un château dans le Loiret. 
Quelques mots du critique Adolphe Brisson :
 « Le poète des gueux habite un château où il mène le train d'un seigneur moyenâgeux, il chasse, il pêche, il a une meute de chiens fidèles et dressés. Ses vassaux sont représentés par un garde, le père Rata, un jardinier, le père Bajou, et un fermier et une nombreuse domesticité. Les pièces de son logis sont luxueusement meublées de bahuts, de fauteuils, de bibelots. Il me raconte qu'il a acheté vingt-cinq hectares de prairies, un bras de rivière, une île, un moulin. M. Bruant est un autre marquis de Carabas ! »
Réponse de l'intéressé :  « Pendant huit ans, j'ai passé mes nuits dans les bocks et la fumée ! J'ai hurlé mes chansons devant un tas d'idiots qui n'y comprenaient goutte et qui venaient, par désœuvrement et par snobisme, se faire insulter au Mirliton... Je les ai traités comme on ne traite pas les voyous des rues... Ils m'ont enrichi, je les méprise : nous sommes quittes ! » 

Notre parvenu aura même le flan de se présenter comme "candidat du peuple " à Belleville, aux législatives de 1898.
Il obtiendra un score ridicule et ça le calmera de ce côté là*.
Retiré pour se consacrer à l'écriture de pièces de théâtre ou de romans, il reviendra sur scène en 1924 où il fera son dernier triomphe.
Non sans avoir publié son "Dictionnaire de l'argot en 1901, puis 1905, grandement écrit par son "nègre" : Léon de Bercy.
Les quelques enregistrements qui nous restent datent de 1909 à 1912, alors qu'il avait déjà la soixantaine.
De vrais documents historiques, quoi.

Comme souvent, on peut se reporter à l'article sur l'excellent site Du temps des cerises... pour y trouver un paquet de détails assez croquignols. On y a pêché une bonne part de la biographie.


Hommage à Bruant par un Béranger en grande forme (1970).


*Mais qu'est ce qu'il lui a alors pris d'écrire "Le chant des Canuts", à la gloire des insurgés Lyonnais en 1894 ?

mardi 7 octobre 2014

émission d'octobre : le grand large


Cet élégant marin apparut dans le journal des jeunes prolétaires, Pif Gadget, en 1972

Donc, la citation était bien de Verlaine*...

Catherine Sauvage              Le tango des matelots
Les Quatre Barbus               Y'avait dix marins
Mouloudji                             Le galérien     
Les Chasse Marées              Le père Winslow
Patrick Denain                     Le Chili
Michel Tonnerre                   Mon p'tit garçon  
Marc Robine                         Le forban
Les Frères Jacques               La Marie Josèphe
Yverdalgue                           La complainte de Jean Quéméneur
Raoul de Godewarsvelde     Si ça tangue
Bernard Dimey                     L'homme et la mer
Michel Tonnerre                   Quinze marins

Vous pouvez écouter et charger l'émission en naviguant sur le site de la radio 

 Le studio de Canal Sud hier soir
* Encore raté !

lundi 6 octobre 2014

L'herbe soir-ce

A 18 h

 

Jean Dieuzaide,L'équipe, Vieira de Leiria, Portugal, 1954.



  Une émission plus ou moins flottante comme d'habitude.
  Comme annoncé, une bande-son consacrée à la mer, à ce qui s'y pose dessus, à ceux qui nagent dedans. Une sélection délicate, vu l'ampleur du sujet.
   Faute de temps, vous échapperez à l'horreur qui suit. Du moins pour ce soir : la vague bleu marine brune arrive méchamment en déferlante...






vendredi 3 octobre 2014

Georges Dor, le blues du travailleur


Georges-Henri Dore est né à Drummondville en 1931, il est mort en 2001.
Réalisateur à Radio Canada et collaborateur au journal Libre Nation.
Romancier, traducteur, auteur dramatique, poète, il entame sa carrière de chanteur en 1964.
La complainte de la Manicouagan, chanson issue de son premier disque en 1966 et vite rebaptisée "La Manic", connaîtra une popularité sans précédent.
Lettre d'un ouvrier envoyé sur construire un barrage, cet exemple de cafard du travailleur sera repris par Léonard Cohen, Bruno Pelletier, Jean-Marie Vivier, Adamo et bien entendu Pauline Julien pour une superbe version.



Merci à La crevaison ! de m'avoir rappelé cette chanson. 
N'étant pas Canadien, j'ai souvenir d'enfance de m'être longtemps interrogé sur cette mystérieuse "Manic" (Un pénitencier ? Un bateau ? Une caserne ?) sans jamais avoir vraiment cherché le fin mot.
Comme quoi la force d'évocation de la poésie peut prendre le pas, sans gêne, sur toute explication rationnelle.
Pour la curiosité, on trouvera , une analyse un chouïa cuistre mais tout à fait détaillée du texte.