vendredi 28 novembre 2014

Décembre : Et Dieu dans tout ça ?


Un certain écrivain mythomane, opiomane, pilleur d'antiquités et grandiloquent à l'occasion, nous aurait prédit : "Le XXI ème siècle sera religieux ou ne sera pas."
Et jusque là, faut avouer qu'on n'a pas été tout à fait déçus.
On va enfin l'aborder, le thème qui nous vaudra excommunications, fatwas, interdits, mises à l'index de toutes sortes et puis après, nous partirons sur les routes tels Baruch Spinoza chassé de la synagogue.
Ce sera donc le lundi 1 décembre à 18h.
L'Herbe Tendre sera religieuse ou ne sera pas. Sur Canal Sud, 92.2 fm ou canalsud.net.

Allez en paix avec ce cantique-java écrit par Jean Yanne et interprété par Anne Germain en 1971 dans le film que vous savez.


Et en rab, une happy end

mercredi 26 novembre 2014

Germaine Montéro se raconte

Qu'avez-vous fait de votre vie ?

Cette nuit de France Culture du 18 novembre, ils ont repassé l'émission "Qu'avez-vous fait de votre vie ?" de Pierre Loiselet, programme de 1960.
Voilà qui n'échappa point à l'oreille de Moscou, notre lexomaniaque préféré, qui s'est empressé de nous la signaler
La Dame se raconte...
Le ton est quelque peu cul-cul la praline (Ah ! Le passage sur la trousse de toilette à Barcelone en 1936 !) et la sélection des chansons parfois plus ou moins bien vue mais on est dans le rétro, n'est ce pas ?

dimanche 23 novembre 2014

La Gale


Karine Guignard vient du punk, à l'instar d'une fraction de rappeurs parmi les plus mordants.
Elle est Suisse d'origine libanaise. Y'a huit ans, elle nous avait plié de rire avec son "J'vais me marier pour emmerder la préfecture"
Goutez-y donc...

Et elle a fait sa route depuis.  La preuve :



Y'a plus qu'à la laisser se raconter elle-même :
Je m’appelle Karine Guignard aka La Gale, née en Suisse d’un père vaudois et d’une mère libanaise. J’écoutais du son avant de naître, j’ai joué dans deux groupes punks dans mes jeunes années, je suis technicienne, j’organise des concerts, j’anime aussi des atelier d’écriture pour les gosses dans les écoles de la région.
Je rappe depuis 2006 sur scène aux côtés de mon pote Rynox ou de Mali-kah, MC virulente basée entre Beyrouth et Dubaï. J’ai à mon actif une centaine de concerts, une vingtaine de sessions radio, quelques passages télés et quelques apparitions sur des mixtapes. J’ai voyagé à Beyrouth, Damas, Ramallah et suis en lien avec la scène rap du Moyen-Orient depuis 2005.
J’ai coordonné et participé en tant que MC à la création de l’album Gaza Meets Geneva, disque enregistré entre Lausanne, Genève et Gaza avec des rappeurs suisses et palestiniens.
Les productions de mon premier album sont entièrement faites par Christian, batteur de Honey for Petzi et membre du groupe Larytta. Les prods sont lourdes mais elles groovent bien, mes textes sont relativement virulents, mais en même temps je rappe pas pour faire plaisir à tout le monde. Les thématiques de mes textes traitent du contrôle social en général, de mes origines arabes et ce qui en découle, de la politique de mon pays, de nuits blanches et de tatouages.
Ça y est je crois que j’ai tout dit.

mercredi 19 novembre 2014

Lantoine chante Couté


Après avoir fait le parolier pour des habitués de ces pages, Allain Leprest et Jehan, le petit gars d'Armentières se lance au chant avec la Rue Kétanou ou fonde Mon côté Punk. Mais c'est en association avec le contrebassiste François Pierron, fils de Gérard, que Loïc Lantoine monte, en toute simplicité Les Loïc Lantoine.
Le duo deviendra quartet, puis quintet. S'ensuivent quatre albums sur lesquels le gars pose sa voix râpée sur ses textes souvent cafardeux. 
Amoureux de Norge, Henri Michaux, Bernard Dimey ou Supervielle, il reprend ici une chanson de Gaston Couté (sur l'album Tout est calme 2006) et en fait un blues déstructuré qui colle parfaitement à ce retour du fils maudit.



dimanche 16 novembre 2014

Beau comme une émeute dans le bloc N°9

Revenons encore aux Coasters.
Sirènes d'alarme, matons équipés de mitraillettes, dynamite aux mains des insurgés, chantage du directeur aux taulards : qu'ils se rendent avant de "tous finir sur la chaise"... Cette fois là, Leiber et Stoller avaient mis en scène une mutinerie dans un de ces pénitenciers qui ont toujours caractérisé les États-Unis.



En 1976, les Dr Feelgood ont commis leur version, sur le disque "Malpractice". Elle est ici empruntée à l'émission "Tops of the pops"
On reste encore pantois devant le jeu de guitare de Wilko Johnson, fort inspiré, il est vrai, de celui de Mick Green du groupe Johnny Kidd & Pirates. Wilko tourne encore de nos jours malgré un état de santé plus que précaire et on lui souhaite encore de nombreux concerts.



B'alors, et en français ? On y arrive...
Sorti sur le disque édité par l'Insomniaque en 2000, une version de l'émeute par "Le jour de l'addition", sobrement nommée " Y'a du baston dans la taule". (la chanson en cliquant)
On croit bien y reconnaître la voix de Jo Lebb, vieille gloire, ex chanteur des Variations, de 1966 à 1974, qu'on retrouve ici Il avait alors rejoint les Fretliner, groupe à appellation et géométrie variable*.
Ce disque accompagnait l'anthologie "Au pied du mur, 765 raisons d'en finir avec toutes les prisons." dont il reste quelques exemplaires par ci par là.
On profite de ce bon souvenir pour relayer l'appel à vot' bon cœur de l'Insomniaque, qu'on reproduit ci-dessous. 

 
*Post-scriptum : On a bien cru et mal cru. Comme expliqué dans les commentaires, c'est Christophe P. le chanteur.

mercredi 12 novembre 2014

Encore une couche sur les bourriques


S'il y a bien une chose qu'on a pu remarquer dans les ultimes manifestations suite à la mort de Rémi Fraisse, c'est la peur qui se lit dans le regard et l'attitude des flics.
Cette trouille abjecte que manifestent de simples employés transformés robots surarmés, en surnombre, est-elle le reflet de leur intuition ? De se savoir détestés par une large couche de la population ? D'une telle perte de contact avec la réalité que dès qu'un de ces fonctionnaires se retrouve quelque peu isolé du troupeau, il n'hésite pas à défourailler ou à gazer à tout va (quitte à atteindre un collègue) ?
D'années de comportements qui ont assimilé la police à une armée d'occupation sur des portions toujours plus nombreuses du territoire ? D'une incompréhension totale face à des gens qui n'ont comme seul horizon la discipline ?
A vrai dire, cette peur des forces de l'ordre n'est pas vraiment nouvelle, on l'a souvent constatée et peut-être n'est-elle que le signe de l'angoisse du maître qui va contaminer le serviteur.   

Un appel de saison Censuré par Dailymotion. Le revoilà donc :


Et un vieux classique de circonstance qu'on vous avait déjà passé à la radio en 2012


Avec,en prime, une pensée pour les camarades NO TAV

lundi 10 novembre 2014

Dave Van Ronk - Port of Amsterdam



Portrait de l'artiste en vieil ours de Greenwich Village.

    Après la très belle version de Chris Bailey, en voici une autre du classique de Brel.
    Dave Van Ronk (1936-2002) a refait surface ces dernières années.
    D'abord, on se souvient de l'avoir vu dans No Direction Home, l'excellent documentaire que Martin Scorcese consacra à Bob Dylan (on repense à ce passage où Van Ronk explique comment Dylan lui subtilisa The house of the rising sun qu'il venait tout juste de tirer de l'oubli ; ce qui ne fut guère profitable au talentueux harmoniciste nasillard...).
Le chat du film est déjà là...






  Puis en 2013 les frères Coen se basèrent sur son autobiographie pour réaliser le très chouette Inside Llewyn Davis, une satire féroce quoique tendre sur le milieu du revival folk à Greenwich Village au début des années 60.
 Les Coen firent de Van Ronk, un folkeux un peu niais et sacrément poissard n'arrivant pas à percer, trimballant son guignon des rues de Manhattan jusqu'à la venteuse Chicago...
On ajoutera pour finir que le vrai Van Ronk fut membre de la libertarian league dont nous ne savons rien de plus que ce que veut bien nous en dire tata wikipedia.




    Voici donc sa version d'Amsterdam, tremblée et sauvage, à l'image de celle du grand Jacques.





vendredi 7 novembre 2014

Jones contre Zorro

Prenez un couple d'auteurs compositeurs juifs (et stakhanovistes) issus de familles rescapées de l'holocauste car la grande Amérique finit par fournir un visa : Leiber et Stoller.
Rajoutez-y un groupe vocal bluesy à tendance rigolarde formé à Los Angeles en 1956: the Coasters (les sous-verres)
Et c'est parti pour huit ans de bonheur et de tubes toujours plus délirants !
Comme ces métèques ne respectaient rien de rien, ils ont osé s'attaquer à la country. "Along came Jones" narre les aventures désopilantes d'un cow-boy venant sauver une pauvre créature des griffes d'une sombre brute.



Évidemment, ça vous dit rappelle quelque chose : en 1964 Henri Salvador se tailla un beau succès avec cette adaptation co-signée avec B. Michel.



 Là, où ça devient drôle, c'est qu'une adaptation en français existait avant, depuis 1959, par le duo québecois les Jérolas, sur leur album "Toujours plus vite". Cette version est même plus fidèle à l'originale...






 

mardi 4 novembre 2014

émission de novembre : le grand saut

Les "calaveras", spécialité du génial graveur Mexicain Posada


Avec une grosse actualité. L'émission est là. 
Au Menu :

Parabellum                     Momo (La p'tite balle du samedi soir)
Jehan                               Ne chantez pas la mort
Monique Morelli              Je n'ai plus que les os
Léo Ferré                         Une charogne
Francesca Soleville          Des impairs pour un impair
Renaud                              Les charognards*
Ricet Barrié                      L'enterrement
Raoul de Godswarvelde   Adieu pour un artiste
Impromptu poétique : encore du Verlaine...
Bérurier Noir                    La mort au choix
Casey                                 Mort vivant
Higelin                                Je suis mort, qui dit mieux ?
Parabellum                         Les fantômes du pogo
Actus
Pierron                               La paysanne
Frankus                              Uniformes

Et ce superbe portrait du président Huerta lui coûta la vie.

* Note de Serge :
Le 5 décembre 1975, y’a eu un hold-up avec prise d’otages, dans une banque de l’avenue Bosquet, à Paris. Les mecs se barrent vers deux heures du mat’ au volant d’une super bagnole que les bourres leur avaient prêtée, avec dedans deux otages, 500 briques et quelques lingots. A l’angle de la rue François 1er et de la rue Pierre Charron, ils se plantent de plein fouet dans la S.M d’un politicard qui s’en revenait pénard du sénat où il venait d’achever un débat sur la répression du banditisme et des prises d’otages. Les flics qui suivaient pas très loin derrière profitent de l’accident pour défourailler et canarder les deux. mecs qui commencent à s’dire que ce p ‘tit braquage tranquille c’est mal barré [...] c’était la première fois que je voyais un mort. Un des deux mecs. L’autre agonisait plus loin sous les crachats du bon peuple parisien et les insultes des flics
dixit Renaud au Monde

dimanche 2 novembre 2014

Verlaine à tous les étages

Ce blog a aussi pour but vos envois, suggestions, découvertes.
On a donc reproduit ce courrier du camarade Wroblewski :

C'est par les chansons que j'ai vraiment appris à apprécier la poésie. Grâce au champion de cette catégorie, Ferré, bien sûr, mais aussi, grâce à Brassens, Ferrat, Gainsbourg, Lavilliers, Pierron... qui m'ont fait chanter Villon, Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Richepin, Couté, Apollinaire, Fort, Aragon... On m'a même trouvé mauvais goût* d'avoir pris une grande claque émotionnelle et esthétique en découvrant Stig Dagerman, que je connaissais de réputation mais dont je n'avais rien lu, grâce aux Têtes raides...

Mais ici je voudrais revenir sur l'un d'entre ces poètes, un sensible, un violent, un alcoolique, un souffrant, une silhouette hantant le fameux Chat Noir de Salis, devant son absinthe : Verlaine.
Bien sûr, bon nombre de ses poèmes affleurant ma mémoire sont consubstantiels à la musique de Ferré. Mais pas celui-ci, que j'ai aimé d'abord, et dont la découverte de la mise en chanson par Ferré m'a déçu, je la trouve « sautillante » (tiens ! c'est aussi l'adjectif qu'on a utilisé pour dénigrer le morceau des Têtes raides évoqué supra...), pas raccord aux émotions que le poème m'inspire. Cela dit, il faut que je la réécoute, une fois la mélodie cernée, j'y trouverais certainement grand plaisir 


Mais il est un autre compositeur qui mit en musique Verlaine, un autre assidu du Chat Noir : Claude Debussy et ses ariettes oubliées. Les mélodies sont ardues à retenir, on est plus dans la musique savante que de beuglant, mais ici, interprété par une étas-unienne, Dawn Upshaw, je trouve l'ambiance du poème mieux rendue (après plusieurs écoutes, il est vrai)... 
 

Ambiance de saison. Quant à l'état d'âme suggéré, il pourrait amener à croire que, le pauvre Lélian a conu l'aube grise des queues devant Pôle emploi un lendemain de cuite à la 8.6.
Comme Dawn Upshaw mais plus récemment, la soprano Nathalie Dessay a sorti un album avec les mêmes poèmes de Verlaine mis en musique par Debussy.

* Faut avouer que c'est quelque peu grandiloquent. (Ndr) 


samedi 1 novembre 2014

Novembre : la camarde



Peut-être la seule certitude qui nous resterait. Elle frappe parfois avec l'aide de quelques sbires, comme samedi dernier dans le Tarn.
En tout cas, on n'y échappera pas et vous non plus. La faucheuse hante les humains, elle les inspire, les fait rire ou les rend fous. Qu'en sera-t-il de nous, pauvres mortels ?

Prochaine émission autour des chrysanthèmes le lundi 3 novembre à 18h sur Radio Canal Sud 

En avant-première, cette adaptation d'un extrait de la Danse macabre de Saint-Saëns (1874) par les Bass' Harmonistes.