mardi 30 décembre 2014

Malgré ce froid, ouvrons donc la fenêtre



Un peu de décadence, que Diable !

 Michel Simon en fin gourmet

L'estimable trio On S'en Tape nous avait régalé d'une version qu'on qualifiera de chaotique au dernier radio-crochet des Condensateurs. Elle existe quelque part sur internet mais nous ne vous la livrerons pas pour des raisons de son pourri et de charité chrétienne.
Entre comique troupier et fausses rimes, voici donc l'original de cette charmante chanson coquine de J. Prevost et M. Montier (quand on pense qu'ils se sont mis à deux pour pondre ça !) de 1921 chantée par Sandrey.
Elle fut aussi reprise par les Charlots.

samedi 27 décembre 2014

Les Barjots

Quand ethnologues et sociologues n'étaient pas encore flics


Prenons un ethnologue tout frais sorti de ses étude, la tête emplie des cours de Levi-Strauss. Notre jeune homme est impatient d'aller étudier les indiens Yanomanis. Or, on est en 1967 et l'universitaire en herbe, après avoir toqué à moult portes, n'arrivera qu'à décrocher un reportage pour "Elle" consacré aux bande de jeunes voyous du côté de la porte de St Ouen.Tant pis, faut bien bouffer et notre petit gars s'enfonce dans le Paris des bandes.



On constatera ici que la sainte trouille du bourgeois pour une jeunesse irrespon-contrôlessable ne date pas d'hier.

L'auteur va peu à peu se faire accepter par Fab, fan des Stones, par Freddy, par Ali Capone (si !), modeste voleur et par quelques autres barjots, qui vont l'initier au fonctionnement de la bande, aux rituels, aux défis, à la solidarité, au langage codé, mi-argot, mi-verlan.
Monod va décrire, sans moralisme, les modes de vie et de survie de ces jeunes confrontés à la peur, au mépris et à l'hôtel des gros verrous. Rockers, mods, beatnicks, yéyés, dandies c'est tout le Paris loubard des années soixante tardives qui défile, entre démerde et refus du travail, entre casses et bastons autour des auto-tamponneuses.
Plus de quarante ans après sa parution, le livre que Jean Monod a consacré aux « blousons noirs » n'a pas pris une ride.
Paru dans "Elle", édité en 1968 et 1971, ré-édité en 2007.

Pour arroser ça, on s'envoie le loser magnifique, idole des blousons noirs :

 

Pour l'anecdote, notre ethnologue en déroute finira par dégotter un travail vers la forêt amazonienne. C'est de là-bas qu'il suivra mai 68, sur une radio d'occase.

mercredi 24 décembre 2014

Georgius, rigolo et collabo



Surnommé longtemps l'Amuseur public numéro un, ce chanteur, comédien, compositeur, scénariste, romancier, homme de théâtre, directeur de music-hall et parolier fut célébré par les surréalistes tout en étant un des chanteurs les plus populaires d'entre les deux guerres.

 Un de ses petits chef d’œuvre

Georges Auguste Charles Guibourg, de son vrai nom, est né en 1891 à Mantes-la- Ville et mort à Paris en 1970.
Il commence sa carrière en 1908, en chantant des chansons dont il dira plus tard : "Ma vraie nature ne s'était pas encore révélée et je pleurnichais ce répertoire pompier que j'ai tant parodié par la suite. J'en sentais le ridicule, mais j'avais la conviction que le public aimait ça" .  Dont acte...
Au fur et à mesure des différents engagements avec des cabarets, il se met à écrire quelques chansons marrantes.
C'est en 1912 qu'il entame vraiment sa carrière de chansonnier. Au théâtre de la Gaîté-Montparnasse en remplaçant le rigolo de service, ses chansons plaisent tant que le théâtre lui fait signer un contrat pour un an. Il y restera trois ans. Durant cette période, il écrit des morceaux à la chaîne, cinq par semaine en moyenne, s'associant à de nombreux compositeurs.
En 1916 il se met aux pièces de théâtre, qu'il joue ensuite avec sa troupe, Les Joyeux Compagnons.
En 1923, ses revues ont un vrai succès : il se provoque même une émeute à l'Alcazar de Marseille, les locations ne pouvant satisfaire la demande.
Sa chanson la plus connue à l'époque est La plus bath des javas, géniale parodie des javas "réalistes" à la mode. Il continue à tourner, à monter des revues avec sa troupe, rebaptisée le Théâtre Chantant en 1926.


Mais le personnage a aussi des côtés quelque peu dégueulasses.
En 1927, il commettra une chanson antisémite interprétée par Fernandel La noce à Rebecca.
Il tentera de se rattraper en 1939 avec une chanson se moquant d'Hitler qu'on peut retrouver dans notre émission sur l'occupation
Entre 1941 et 1942, il sera directeur artistique de trois théâtres.
Sous l'Occupation, il créera une Association syndicale des auteurs et compositeurs professionnels pour laquelle il fera campagne dans Je suis partout* en compagnie d'Alain Lambreaux** avec qui il montera une pièce nauséabonde sur Stavisky Les Pirates de Paris.
En 1945, il sera interdit de scène pendant un an par le Comité National d’Épuration du Spectacle.

C'est pendant cette interdiction qu'il écrira plusieurs polars, assez médiocres, pour la Série Noire sous le pseudonyme de Jo Barnais.



Il aura laissé plus de 1500 chansons et une dizaine de romans.

* La rédaction ayant émigré à Siegmarinen, ce torchon sera rebaptisé "Je suis parti" à partir d'août 1944.

** Après vérification, il semble bien que cet Alain Lambreaux soit également Alain Laubreaux, critique et homme de théâtre, dont Robert Desnos s'était juré de faire la peau sous l'occupation. Il ne serait donc pas pour rien dans l'arrestation et la mort du poète surréaliste.
La punaise, ira se faire dorer chez Franco avant de mourir dans son lit en 1968.

dimanche 21 décembre 2014

Les homards Violets

GARAGE LYONNAIS injustement méconnu


Il arrive parfois qu'au grès de vagabondages divers on tombe sur quelque surprise.
Et en voilà une jolie...
On avait déjà entendu, plus ou moins distraitement, qui "Le clodo", qui "Sadique" mais voilà-t-il pas qu'en cherchant quelques précisions on tombe sur cette page entièrement consacrée à ce groupe de rockers loufoques de la banlieue sud de Lyon et gavée de souvenirs. Particulièrement au sujet de la localisation des bandes de blousons noirs de l'époque et leur culture respective.*
Tentons donc de résumer :
Les choses sérieuses commencent fin 1963.
Mené par J.C. (Jean-Claude ? Jean Christophe ? Jésus Christ ?) Gaurdon au chant ces mecs revendiquent les influences de Screaming Jay Hawkins, Chuck Berry, les Stones mais aussi Colette Magny, Boris Vian ou Pierre Henri. Sacré mélange, non?

En plus, ils se dégottent le même manager que Hector et les Mediators et tournent avec Los Chacos (folk Andin à tendance flûte de pan, fort à la mode dans les sixties**)

Ils se feront aussi virer par Jacques Brel dont ils devaient assurer la première partie, le grand Jacques les ayant accusé de tentative d'empoisonnement !



Citation :
"J'ai toujours aimé la notion d'ensemble pas de groupe. Le Homard Violet n'était pas un groupe de rock mais un ensemble musical. C'est la notion qu'on en avait et on aimait bien faire chier en le précisant ! Les gens disaient les Homards Violets quand ce n'était pas ironiquement: "les crevettes roses", on laissait dire, mais pour nous c'était le Homard Violet ! Ça pince et le violet n'est-il pas la couleur des morts par asphyxie, une couleur suicidaire quelque part...."

C'est en 1966 qu'ils enregistrent leur EP quatre titres historique  dont on vous
envoie deux extraits :


Citation: 
 "A l'époque les gens ne comprenaient pas un mot comme masochiste, les expressions comme parano arrivent seulement dans les années '70 en même temps que la vulgarisation de la psychologie. Tu disais à un mec "t'es paranoïaque" il ne comprenait pas. Par contre sadique il comprenait ! C'est une forme de provocation, il y a des éléments que tu comprends et d'autres pas, mais avec l'histoire tu en perçois le sens".

Deuxième titre assez "Dutronien" :



Dadaistes de seconde zone, beatnicks avant l'heure, censurés, sabotés en radio, les Homards Violets arrêteront d'enregistrer. Hélas !
De plus Gaurdon s'enquille seize mois sous les drapeaux !
Le groupe se sabordera à l'aube des années 70.
Quelques illuminés les reprendront de temps en temps, surtout avec l'arrivée du punk rock. 

Les Homards Violets étaient (entre autres)
Baby Benhamed (batterie)
Gaston Besse ( basse)
Serge Chaillou (guitare)
Charly Di Gaetano (guitare)
J.C. Gaudron (chant)

* A propos, citons la ré-édition en 2007 du fabuleux livre de l'ethnologue Jean Monod "Les barjots : essai d'ethnologie des bandes de jeunes" chez Pluriel. Ce bouquin mériterait bien un article ici-même.   
** Oh non, Condor ! Pas ça !



jeudi 18 décembre 2014

Jo Privat par lui-même

Et un pacson de musette 


Le roi de la boite à frissons du temps où la Rue de Lappe ressemblait à autre chose qu'à une turne à touristes.
On constatera que le Gitan Blanc a non seulement des doigts d'or mais aussi une langue assez bien pendue !
C'est une trouvaille du Lexomaniaque aux nuits de France Culture de décembre 2014.


Jo Privat au temps de la bâche à jonc

mardi 16 décembre 2014

Les Cowboys Fringuants reprennant Leclerc


Les Cowboys Fringuants sont Karl Tremblay ( chant, clavier) Jean-François Pauzé (guitare, chant) Marie-Annick Lépine (violon, mandoline, accordéon, etc.) Jérome Dupras (basse) Simon Landry (percus) et Marc-André Brazeau (batterie)
Leur mélange de country et de rock a fait d'eux un des groupes québecois parmi les plus populaires de ces dernières années surtout depuis leur album de 1997, Break syndical.


suite aux quelques réserves qu'on a fait sur Félix Leclerc, il n'est que justice de s'envoyer une superbe comptine amorale qu'il a écrit en 1953.
D'abord dans une version musclée des Fringants, enregistrée en 2007 au Grand Théâtre de Québec.
Et un petit retour sur l'originale : 

 


Il existe aussi une superbe version de la chanson interprétée par notre bon vieux François Béranger. C'était une fin de concert en 1998.







dimanche 14 décembre 2014

Les VRP



Apparus en 1988, ils venaient de la rue et des Nonne Troppo.
Le parfait exemple du groupe déconnant qui passait ses concerts à engueuler le public, d'abord dans la rue, puis sur des scènes qui ont tellement enflées qu'ils allèrent se saborder en 1993.
Avant ça, ils auront trainé leurs instruments artisanaux avec les Wampas, la Mano Negra, Babylon Fighter, Gina, les Pires, Noir Désir, etc...
Que voilà une carrière brève marquée par  quatre albums (plus une compil pour les pinailleurs)
Ils ont beaucoup été imités, depuis, par un paquet de groupes à contrebassine, pas toujours à bon escient...
La personnel c'était* :
Néry : Chant, contrebassine
Gilbert : chant, ukulélé, xylophone, divers
Gilberd : chant, piano d'enfant, accordéon, divers aussi
Marc : chant, harmonica, banjo, divers toujours
Fabrice : chant, guitare, banjo et un tas d'autres trucs
Cyril : chant, guitare

Et un clip qui a du coûter cher ( à moins qu'il ne s'agisse d'une reconstitution)


De la chanson réaliste, en veux-tu ?

* Pas de raison de donner les noms, ils ne figurent pas sur les pochettes

jeudi 11 décembre 2014

Ce coup-là c'est la reprise à HECTOR

A l'origine, "A city slick", un blues à tendance sudiste chanté par un petit gars de Detroit, Jay Hammond, alias Timmy Shaw (1938-1984). En 1964, ce titre dans lequel il menace une naïve jeune fille de la cambrousse de la renvoyer chez sa mère avec ses valoches fera un tabac dans tous les dancings de Motor City.

La même année, Eric Burdon, l'extraordinaire voix du groupe The Animals, transforme la chanson en la popularisant dans toute l'Europe.
Le groupe de Manchester, remplace simplement la Géorgie de l'original par la ville de Walker (Newcastle upon Tyne) d'où Burdon est lui-même natif.



Et voilà notre JP Kalfon, plus connu comme Hector, qui se lance à son tour, toujours en 1964, sans la complicité de son parolier occasionnel, Jean Yanne.
A l'écoute, on comprendra pourquoi cette reprise est restée une rareté.Elle rejoint la cohorte des adaptations anecdotiques. On vous l'envoie tout de même pour son côté sympathique. Et puis c'est toujours moins tarte que du Claude François.


dimanche 7 décembre 2014

Jacques Marchais chante Riffard

Notre cher Jacques Marchais semble avoir été le seul a avoir interprété cette chanson d'amour écrite par Roger Riffard et Lise Médini.
Alors, en attendant des beaux jours...


vendredi 5 décembre 2014

Une chanson d'amour et de modernité par Abrial


Il a entamé sa carrière en 1966 comme un brave petit folkeux. 
Puis, Patrick Abrial va évoluer vers le psychédélisme et un rock pas léger qui n'a pas toujours bien vieilli.
Moment du virage, le 33 tour Chanson pour Marie en 1969 (riche année, décidément) dont la chanson titre aura un certain succès avec des paroles qu'on dirait faites pour la Manif pour Tous. Bien plus excitant, On y trouve cette petite gâterie, la vamp rachitique.  


En 1977, il a monté le groupe Stratagème, on y reviendra...
Depuis trente ans, Abrial fait surtout. l'acteur.

mardi 2 décembre 2014

Décembre mystique et religieux


Un beau rêve de Luis  Buñuel (la voie lactée)

Évidemment, le sujet était trop vaste pour notre petite heure.
Merci donc et nos excuses à tous ceux qui nous ont envoyé des suggestions dont nous avons tâché de tenir compte mais qui furent trop nombreuses. 
Faudra en remettre une couche sur ce sujet inépuisable.
La messe du jour :

Brigitte Fontaine                Les dieux sont dingues
Les aboyeurs anonymes     Dieu est une part de pizza
Agnés Bihl                          L'enceinte vierge
Benoit Dayrat                      Le cantique païen
M. Favory, C.Blanc              La vierge éponyme
Gérard Pierron                   Le gâs qu'a perdu l'esprit
Bernard Dimey                    La crucifixion
Dick Annegarn                    Judas Iscarioth
Le GAM                               Attendez
René Binamé                       Odeur de sainteté
Jean Yanne                          Alleluyah garanti
Centre National des Alpes  La messe en Jean mineur

Le Saint esprit vient de déposer l'émission Dans le tabernacle habituel

En rabiot, encore du Couté par un Nanar tout jeune :


La maison ne reculant devant aucun sacrifice (rituel) un court extrait de l'émission du 6 janvier 69 dans laquelle Léo Ferré et Jacques Brel évoquent leur passé catholique. (courtoisie de George)