lundi 29 juin 2015

Magali nous fait de la peine

On avait fini par la croire increvable.
Encore raté !
Magali Guiffray, dite Noël, née à Izmir en 1931, nous a abandonné à notre sort le 23 juin dernier.

Outre une carrière de chanteuse gentiment scandaleuse, elle aura joué dans plus d'une centaine de films à partir de 1951, même si elle n'a été vraiment remarquée qu'à partir du film de Jules Dassin Du rififi chez les Hommes (1955).

Alors, madame, vous qui nous fîtes marrer, rêver, fantasmer, voire même râler (qu'alliez-vous faire dans ces navets ?) recevez nos hommages.
Certes, quelques peu tardifs.

Un extrait de l'opéra (assez foireux) de Vian "La Bande à Bonnot"


Et une der des der pour la route : du film "Du rififi chez les hommes" de Jules Dassin Simonelli (1955) où elle interprète Viviane.


Magali Noël - Rififi - 1955 par couleurdefrance2007

samedi 27 juin 2015

Évariste : aliénation et hiérarchie



On a déjà évoqué le cas de Joël Sternheimer, docteur en physique théorique à Princeton, devenu chanteur pop sous le nom d'Évariste pour mai 68.
On notera, sur ce qui suit que notre gars, cofondateur du label artisanal "expression libre" avec Dominique Grange, était passé d'une pop délirante à la chanson à texte d'apparence plus classique.


Le côté gauchiste de notre sympathique personnage étant attesté par ce soin, cette passion, à se définir CONTRE ou ANTI (l'Anti-Antoine, l'Anti-Dutronc) à l'instar des multiples chapelles politiques de cette décennie.

Mais revenons à la perle rare : à placer quelque part entre Grothendieck et les Shadoks, voici une démonstration scientiste de l'écroulement prochain de la hiérarchie visible sur cette vidéo réalisée par Yves-Marie Mahé en 2012.

Ça vaut son pesant de nouilles au beurre, surtout la confrontation avec Louis Pauwells qui joue sans se forcer le rôle du vieux con de service.

Le tout fait un peu plus de 20 minutes.



Pour rappel du baroque de notre physicien, semble-t-il toujours en activité, une mise au point aux fans datant de 1967.


lundi 22 juin 2015

Le blues du travailleur : Gaston Couté et la Marine

Vue du port de Binic, quelques années avant son célèbre festival de garage rock
Mais quelle mouche a-t-elle piqué Gaston Couté, auteur des champs, de commettre une chanson de marins ?
Faut dire que question dur labeur, les pêcheurs de Morue au large des côtes américaines n'avaient rien à envier aux mineurs de fond ou aux ouvriers agricoles courbant l'échine sous le soleil d'août.
La version ici présente n'est pas la plus connue, celle de Marc Robine, mais une autre assez enlevée de Pierrot Noir sur un disque, assez original, de 2003.
Les Terr' Neuvas enregistré ben juin 2003.

vendredi 19 juin 2015

On a chanté les condés

L'Herbe Tendre est heureuse de vous annoncer la sortie du livre "Quand la police nous fait chanter", anthologie francophone et chronologique illustrant les rapports, aussi riches que variés, entre la population et les forces de l'ordre
On a chanté n'importe qui, en fait
censées l'encadrer.

C'est édité par l'amicale des chansonniers amateurs bénévoles (sic) et ça se trouve en fouinant un peu. 93 pages de poésie pure.
On navigue du Roman de la Rose (en 1275, déjà) à Zone Libre, de Charles Le Page à Caussimon, d'Eugéne Pottier au GAM, des Mazarinades aux graffitis contemporains et moult etc.
On se prend à découvrir des gens que l'on n'attendait pas là, plaisantes surprises, à chercher les absents, souvent en vain, à se bidonner sur le glossaire ou sur la rubrique "la police par elle-même".
Tout ça étant richement pourvu en illustrations.
L'ouvrage indispensable aux ennemis des cognes. Pour ne pas bronzer idiot avant d'aller bronzer rayé.

Citations :
Les bois de lit appellent les gendarmes
Qui ne veulent pas détacher les pendus
Il n'y a pas souvent de pendus mais les gendarmes
On les pend de temps en temps
Et ce n'est pas dommage.
Benjamin Péret (1927)

Lorsque la police avoue son impuissance, je me sens tout ragaillardi : il y a de l'espoir.
Romain Gary (1967)


Un titre du père François qui n'a pas pris une ride. C'était pas mieux en 1979.



Suivi de l'inévitable classique de 1967, joué en playback, par les Equals, groupe british rythm' n blues, mods atypiques et métissés menés par Eddy Grant (qui fera son retour avec du reggae poussif dans les années 80)


mercredi 17 juin 2015

Jacques Debronckart, chansonnier oublié


Né en 1934, mort en 1983.
On l'a d'abord évoqué lors de notre ode au monde moderne*.


Il devint pianiste de bars en 1953. Échappant à la Guerre d'Algérie comme soutien de famille, il a régulièrement fait le mur de sa caserne parisienne pour aller jouer dans les cabarets.
À partir de 1960 il a accompagné au piano Pia colombo ou Bobby Lapointe en fréquentant assidûment Bernard Dimey. Et puis, il s'est mis à tourner lui-même à L'Écluse, au Port du Salut ou à Bobino.
C'est en 1965 qu'il a enregistré ses premières chansons sur 45 tours.
En 1967, son 33 tours comprendra pas mal de morceaux interdits d'antenne dont celui qui suit, Les mutins de 1917 qui a un petit côté "héroïque-à-la-Jean-Ferrat".


En 1969, son deuxième 33 tour, "Je suis heureux" a remporté un succès d'estime et un prix de l'Académie du Disque.
Il aura commis cinq albums et cinq quarante-cinq tours.
Un extrait drolatique de son dernier disque en 1982, Le klepto :


 
Il s'est alors lancé dans le café-théâtre et la comédie musicale (Les aventures de Tom Jones) durant les années 70.
À l'instar de bien des collègues de galères, il sillonnera le pays en étant tricard des médias ne lui offriront rien d'autre que des apparitions épisodiques et fortuites, comme au Grand Échiquier d'Yvonne Lefébure.
Par ailleurs, il a joué dans des concerts de soutien aux prisonniers des GARI en compagnie d'Évariste et d'Higelin.
Un site lui est consacré : http://www.debronckart.fr/jacques%20debronckart.htm
Un petit air à la Brel pour finir
 
* Le prophétique "Ernest, un coup de blanc !" (1969)

lundi 15 juin 2015

Folklore musette à la harissa

Les Boukakes, de Montpellier, doivent leur nom à un quelconque beauf raciste.
Pas la peine de vous faire un dessin.


Groupe de rock-électro-musette, ils ont démarré en 1999 et sont composés de  Thierry Chadelle (guitar, mandole) Pascal Bonnafous (drums, gembri)
Laurent Durafourd (bass guitar) Eric Manchon (samplers, derbouka) et
Adil Smaali (voice, karkabou)
Ils ont sorti quatre disques à ce jour.
Dans la tradition du chanteur d'Oran Lili Boniche, ils reprennent ici un grand classique du Musette écrit en 1942 par Léon Angel et Émile Carrara et créé par Lucienne Deyle.
Cette aimable chanson d'amour existait auparavant sous les versions Les barbeaux de St Jean ou Mon costaud de St Jean, peu compatibles avec l'ordre moral vichyste.
Et voilà la deuxième par Jane Chacun (1937 et non 1942 comme spécifié sur la vidéo)

vendredi 12 juin 2015

Raymon Lévesque et le Québec libre

Né en 1928 à Montréal, Raymond Lévesque se fait connaître, à la fin des années 40, dans les cabarets et en animant des programmes radio.
Interprété par des artistes aussi variés que Bourvil, Cora Vaucaire, Eddie Constantine, sa chanson la plus connue reste sans conteste Quand les hommes vivront d'amour dont on saisit mieux le pacifisme bêlant si on songe qu'elle fut écrite en pleine guerre, pardon, opérations de maintien de l'ordre en Algérie.
En 1959, il a monté un des grands cabarets québecois, Les Bozos.
Sa fiche wiki nous assure qu'à partir de 1968 la surdité mettra un terme à sa carrière d'interprète. 

Et pourtant...
Notre collègue d'outre-Atlantique, François G. Couillard, vient d'exhumer sur son blog, Le Garage un album "Raymond Lévesque chante les travailleurs" qui doit être forcément postérieur à 1968 (et qui est d'ailleurs oublié dans plusieurs discographie du gars).


Tout ça est téléchargeable sur ledit blog qu'on vous recommande chaleureusement au passage.
Deux extraits de ce disque étonnant : Bozo, apologie de la propagande par le fait, et Solidarité* avec une intro d'un syndicaliste du FTQ.
Étonnant, non ?





* On notera au passage à quel point le Raymond, contrairement à certain syndicat indépendant Polonais ainsi nommé, vomissait le clergé local.

mercredi 10 juin 2015

Foutage de gueule (par Tête de cerf)


Foutage de gueule
(on peut agrandir la photo, réalisée sans trucage, pour lire le délicieux avis posé au-dessus de l’œil)

Normalement, on n'aime guère les rengaines basées sur une accumulation issue sur une liste de mots, concepts ou d'adjectifs. Tout le monde n'est pas Prévert et son raton laveur.
Et pourtant, il peut arriver d'en dégotter de bien réjouissantes.
Exemple : les rappeurs de Tête de Cerf (rien que le nom !), enregistrent ce titre en 2007 à St Étienne. 
Joyeuse description de cet univers, si joliment moderne, par des petits gars jamais à court de cibles et adeptes de l'autoproduction.

Foutage de gueule administratif à la française

dimanche 7 juin 2015

Rue de la Muette et le bon vieux temps


Rue de la Muette, c'est d'abord Patrick Ochs qui quitta sa carrière de gratte-papier à Périgueux pour aller chanter ses phantasmes ou ses trouilles de gamin.
Entouré d'Étienne Vité (guitares), de Vincent Lacou (vents), de Michel Glasko (accordéon), de David Ceresa (contrebasse) et de Momo Fari (batterie), ils ont commi leur deuxième et plus bel album en 2003.
Ils en ont fait quatre en tout.

Alors revenons-en au bon vieux temps du titre avec trois extraits choisis dudit album censés illustrer les affirmations ci-dessus.
Une évocation d'enfance angoissée dans un entourage alcoolisé ou menaçant, un rappel du temps où certaine cité du pas encore 9-3 servait de camp de stockage et la présence improbable de Vince taylor , perdant même pas magnifique, de l'histoire du rock national et boulet aux pieds de ses quelques fréquentations (mais quelle rage et quel humoriste pas toujours volontaire !). 
Que de la nostalgie de bon aloi qu'on vous dit !
Tilidom l'espiègle ayant fui, voici donc Ma mère traîne au café et La Muette à Drancy.
Cerise sur le gâteau : Vince Taylor et moi.

jeudi 4 juin 2015

Émission de juin : on connait la chanson

Le Weather Underground en 45 tour ? Jusqu'où ira le spectacle?
En fait, cette émission dédiée à l'art de la chanson fut parcourue par un bon nombre de monstres sacrés. Quelques classiques donc :

Bernard Dimey                     Moi qu'écris des chansons
Loic Lantoine                        Y'a dix ans
Michel Simon                        Pour apprendre l'air
Brassens                                La route des quatre chansons
Érik Satie par Debattice       La journée d'un musicien
M Bernard / G Morel             Par quoi tu commences ?
Le temps des cerises (énigme)
Micel Delpech                        Quand j'étais chanteur
Serge Reggiani                      Le barbier de Belleville
Cora Vaucaire                        La chanson de Prévert
Stéphane Robitaille                Ma chanson
Arno / Eicher                          Ils ont changé ma chanson
Philippe Léotard                     Je chante pour passer le temps

Poadcastet écoute sur le site habituel.
Et une variante à la dernière par la Catherine :


mardi 2 juin 2015

Asphalt Jungle

Ils ont d'abord trouvé un nom issu à la fois d'un roman noir de W.R. Burnett et d'un film classique de John Huston.
Ils ont été créés, en 1976, par Patrick Eudeline, rédacteur à Best, un des deux titres de la presse rock en France en cette époque dénuée de fanzines.
Se réclamant des dadaïstes et de Burroughs, Eudeline était obsédé par la scène de Detroit (Stooges, MC5, Frost...), ainsi que par certaines figures particulières du rock ’n’ roll, comme Vince Taylor, Lou Reed ou les Flamin’ Groovies.
Suite à une premier concert à Noisy-le-sec, qui s'est terminé par des jets de canettes de la part du public, Eudeline s'associe avec Rikki Darling (Eric Feidt de son vrai nom), guitariste transfuge de Métal Urbain.


Nos deux dandys, rhabillés sixties, vont s’entourer d’un panel fluctuant de musiciens pour donner naissance à Asphalt Jungle, groupe punk allant explorer un terrain musical à peine naissant en France, a l'instar d’autres petits nouveaux tels Métal Urbain, Stinky Toys, ou Guilty Razors, qui gravitaient autour des scènes parisiennes.
Très parisiennes, trop même....
Malgré de petits bijoux, la production de leurs trois 45 tours est rachitique et les paroles à peu près incompréhensibles.
Seraient-ils arrivés trois ans avant qu'ils eussent été adulés, cinq ans plus tard, ils auraient eu une place de choix au sein de la scène garage néo-sixties.

Leur troisième EP Poly Magoo :


Ils se sont séparés en 1979.
Quant à Eudeline, il écrit et joue de temps en temps. Il est aussi le seul survivant de la bande.