dimanche 30 août 2015

Septembre : du pinard à l'assommoir

Allez, faut reprendre l'émission
Notre marronnier de l'automne sera donc bien un cep.
Comme promis dans la dernière émission : chais et rasades dans les gargotes.
Poètes et chanteurs ayant souvent pêché leur inspiration au cul de la bouteille, voilà un riche sujet pour aborder une saison qu'on se souhaite abondante.
Et puis en ces temps de moralisme, de simagrées religieuses, de bars à vins à tabourets éclairés au néon bleu pour cadres dynamiques, de noms de cépages ayant remplacé la provenance du produit sur l'étiquette (crétinisme sans fin de l'époque) un petit verre entre potes s'imposait.
Vous êtes donc conviés à l'apéro le lundi 7 septembre à 18h sur les ondes de radio Canal sud

Pour se mettre en soif, une archive du 12 juin 1957 dans laquelle on retrouve le gang des moustachus.
On est d'ailleurs infoutus de reconnaître le glabre derrière le Georges.
À vos commentaires...

vendredi 28 août 2015

Le temps des beatniks

Et l'art du dernier mot. 

Comme il est fort bien conté dans le très recommandable livre de Jean Monod, c'est au milieu des années soixante qu'une nouvelle tribu s'affiche en France : les Beatniks.
Superficiellement inspirés par les ouvrages de la beat generation américaine (Kerouac, Ginzberg, etc.) ils déboulent ici alors que le jazz de leurs inspirateurs fait déjà office de "musique à papa" ou plus simplement d'environnement sonore pour la bourgeoisie intellectuelle.
Le terme beatnik, construit à partir de l'expression jazzy beat et du satellite russe Sputnik, était initialement péjoratif, cherchant à faire croire que les beats étaient une communauté d'illuminés communistes en pleine période de maccarthysme. Rejeté par Kerouac, ce mot sera pourtant recyclé par les hippies.
Au niveau de la chanson, un paquet de jeune gens vont se jeter, avec plus ou moins de bonheur, sur cet air du temps leur permettant de déborder les niaiseries yé-yé.
Ses deux représentants les plus populaires seront sans conteste l'abbé Hugues Aufray, qui recyclait le Dylan des débuts et Antoine, accompagné des excellents Problèmes, qui s'inspirait, et pas qu'un peu, des délires zazous de Treinet.
Voici un exemple de manifeste beatnick par ce monsieur qui faisait très bien semblant de maîtriser son harmonica :

Du côté de la résistance à ce qu'il faut bien qualifier de mode, on trouve l'énervé de service : Régis Barly

 Mais qui est donc ce Régis Barly ?
Un blouson noir recyclé dans le rythm'n blues ? Un authentique patriote dernier défenseur de Johnny Halliday et de la baston du samedi soir à deux pas des autos tamponneuses ?
Un prolétaire agacé par le recyclage à fleur des petits blousons dorés ?
Mystère et boule de gomme...
Nous ne pouvons ici reproduire que le verso de la pochette de son premier 33 tour de 1966 humblement intitulé "Qui êtes-vous Régis Barly ?" (mais oui, qui es-tu mon gars ?)
Le vindicatif ne commettra d'ailleurs que ce disque accompagné de trois 45 tour dans la même année. Voilà qui ressemble fort à une carrière lancée en fanfare pour stopper brutalement. Mais on n'en sait pas plus. Si quelqu'un a des tuyaux...

On avait passé ce petit glaviot plein de mépris en fin d'émission de mars 2013 et on ne résiste pas à la joie d'en remettre une couche. 

Les deux chansons ici présentées n'eurent évidemment aucun succès en radio.
Peut-être la faute à leurs derniers mots, un peu déplacés dans la France du Général ?

mardi 25 août 2015

Et on fusilla les éléphants

Suite aux brillantes manœuvres de l'armée française aux environs de Sedan, l'épisode suivant de la guerre franco-prussienne de 1870 fut le Siège de Paris qui dura du 17 septembre au 26 janvier 1871.
Bismarck et Moltke étaient convaincus de venir à bout des parisiens par la lassitude, les bombardements et la faim. Et ils y parvinrent.
Ce n'est qu'à partir de l'hiver que le rationnement fut instauré, les prix des denrées alimentaires s'envolèrent. Entre pain à la sciure et chasse aux chats et aux rats, les habitants de la capitale se mirent à manger à peu près n'importe quoi.
Quant à la bourgeoisie, elle se régala des animaux du Jardin zoologique (éléphants, chameaux, ours, etc.) abattus en masse avant d'être refourgués aux restaurants de luxe. C'est le 30 décembre que Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des Plantes, furent sacrifiés. Les bouchers vendaient de la trompe d'éléphant de premier choix à 40 francs la livre.
Évidemment, les classes populaires paieront le prix fort du siège : la malnutrition favorisa les pneumonies ou le choléra.
Les pauvres de Paris sauront se souvenir des aléas de l'hiver quelques semaines plus tard, lors de la Commune.
Une chanson d’Émile Deureux, parue le 15 octobre dans le journal blanquiste La patrie en danger, brocardait l'égoïsme des bourgeois prêts à vendre leur mère (ou à collaborer avec les Prussiens) pour retrouver un peu de leur gastronomie d'antan.


Cette version est interprétée par Armand Mestral, chanteur d'opérette passé à la chanson française. Elle est tirée du disque La Commune en chantant, disque collectif sorti en 1971 (double LP 33 Tours, 1971 - AZ STEC LP 89 – Réédition CD 1988 – Disc AZ) dans lequel on retrouve aussi Mouloudji, Francesca Soleville et le chœur des Octaves.

samedi 22 août 2015

Spi persiste et signe

La rentrée s'approchant à grand pas, nos charmantes cités vont peu à peu se vider de ces visiteurs à l'air trop souvent niais afin de pouvoir se remplir de travailleurs à l'air logiquement déprimés. Et dans quelques jours, des milliers de nains vont retrouver le chemin de leurs stalags respectifs.


C'est donc pour mettre un peu de joie au cœur de ce "nettoyage social"
que nous vous envoyons cette reprise des Naufragés.
Spi dans ses oeuvres

Dixit eux-mêmes, les Naufragés sont un  groupe des environs de Montpellier qui mêle la  chanson populaire et le rock 'n roll. Comme nous quoi !
Au chant on retrouve sa saigneurie JM Poisson, alias Spi, ex bavard d'OTH. Les autres : Gaetano Traina, ex bassiste des sus-cités, Samy Poisson (ex batteur des Vierges, groupe de psychobilly excité des années 80), Pascale Franceschi à l'accordéon et le duo Rémo le Rouge et David Broucke aux cordes diverses. Et ça fait déjà vingt-cinq ans que ça écume les routes avec des hauts et des bas.

C'est de 1990 et on retrouve là les bons vieilles obsessions du père Spi.
Reprise, avions-nous dit ? Ben ouais, on reconnaîtra là sans peine un détournement du Evil hearted Ada de ces chers Flamin' Groovies, sorti sur leur excellent album Teenage Head de 1971.


Depuis, Spi a retrouvé le Motch, autre ancien d'OTH, pour fonder Salut les Anges.



lundi 17 août 2015

L'exotisme de la pampa par Henri Genès

On devrait toujours quitter Tarbes. 
C'est ce qu'a dû se dire Henri Genès rigolo, comique troupier, chanteur d'opérette qui naquit dans cette riante cité de garnison pyrénéenne en 1919. 
C'est sans doute là-bas qu'il a développé cet accent frangnol qui parodiait si bien le patriote basque médiatique Luis Mariano.
C'est en passant par La Rioja (et ses pinards pas dégueus) qu'on a repensé à cette redécouverte de George.

 


On précise que Burgos n'est plus un haut lieu du franquisme mais une ville plutôt prolo dans laquelle les habitants de certains quartiers n'hésitent pas à renvoyer municipalité et flics à leur néant.

jeudi 13 août 2015

Agnés Capri chante Prévert



Pour tout dire, on avait un peu le blues...
Alors, pour se soigner, une interprétation du poème de Prévert, "Plan de Paris", par cette fondue d'Agnés Capri, enregistrée à L'Écluse avec Yvonne Schmitt au piano.

Pour rappel, on avait fait suivre une émission d'Hélène Azera entièrement consacrée à la dame.
C'était .








jeudi 6 août 2015

Brigitte Fontaine et les fils à papa

Déjà, en 1966, ça détonnait un peu dans le paysage de la chanson française.
On célébrait alors volontiers les blousons dorés du drugstore.



A l'instar de quelques autres ( Régis Barly, les Gypsys ) notre Brigitte avait choisi de se foutre franchement de la gueule de ces soi-disant anti conformistes.
Quelques piques de bon aloi balancées sur les mâââles de Saint Germain dans l'après guerre d'Algérie.

C'est un extrait du premier album "Chansons décadentes et fantasmagoriques" (de chez Canetti) qui a été depuis mal-aimé, voire renié, par son auteur.
Ce fut pourtant un opus tout à fait honorable qui vit le jour après une première partie de Brassens et une saison au théâtre avec Rufus et Higelin.





dimanche 2 août 2015

Philippe Nicaud en famille


Lorsqu'il ne jouait pas avec constance dans une tripotée de films pour le moins médiocres, Philippe Nicaud (1926-2009) chantait quelques chansons rigolotes, voire franchement coquines.

Il commit même un 33 tour, en 1961, "Chansons cu...rieuses" dont les paroles étaient de Bernard Dimey et la musique de Charles Aznavour.

Voici donc la joyeuse version d'une affaire de famille en exemple de cette  polissonnerie :