lundi 28 septembre 2015

Émission d'octobre : Erotissimo

Allez, une petite leçon de grec ancien en préambule

Pornoï : ceux qui se livrent à l’inconduite sexuelle. Autre traduction prostitués.

Pornikon :  impôt prélevé sur les maisons closes par l'État Athénien antique qui, à l'instar du notre était déjà un sacré proxénète.

 Pornographie : marchandise comme une autre.

 Nous passons donc une majorité de notre existence à dormir, à nous nourrir et, pour pas mal d'entre nous, à bosser ou du moins à trouver de quoi se nourrir ou s'habiller.
On constatera que le temps laissé à la fornication est assez négligeable en regard de ce que cette (généralement) saine activité inspire les humains et laisse des traces dans les arts.
Assez tourné autour du popotin, donc, l'Herbe Tendre vous pose la question : une chanson érotico-leste doit-elle être obligatoirement vulgaire, beauf, lourdingue ?
On tâchera de prouver le contraire le lundi 5 octobre à 18h sur Canal Sud ou canalsud.net 

 En apéro Higelin en forme en 1979
 

samedi 26 septembre 2015

L'incendie millénariste

Et treize mille belles en rab'

Non, contrairement à ce que d'aucun affirment chez wikipedia, le groupe affinitaire Os Cangaceiros n'est  aucunement issu du groupe affinitaire "Les Fossoyeurs du vieux monde".
Une plongée au cœur des archives nous permet d'affirmer qu'un ancien chantre de la Révolution Nationale*, l'immense André Dassary, avait viré voyou d'honneur brésilien longtemps avant que la fameuse revue incendiaire n'aille atterrir dans certains kiosques.
Comme notre éthique nous interdit de diffuser des pétainistes, même repentis et passés au banditisme ultra-gauche, nous vous envoyons cet hymne au pillage et à la rébellion interprété par le très besogneux Albert Bessout.

En saluant bien bas les Hobos du Val de Seine au passage.


* L'avait qu'a pas enregistrer "Maréchal nous voilà". Comme tant d'autres, d'ailleurs.

mercredi 23 septembre 2015

Parenthèse d'actualité : procès à Toulouse

Il y a 4 ans démarrait une longue histoire comme la justice sait les mener, faite d’enquêtes interminables, de détentions, de contrôles judiciaires... le 29 Septembre prochain aura peut-être lieu la fin de "l’Affaire de Labège".
Petit rappel historique et appel à la solidarité !

Affaire de Labège : épilogue ?

Rassemblement de soutien devant le TGI de Toulouse, le mardi 29 septembre de 12h à 14h

Tout commence par un week-end agité en mai 2011. A l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, à 40 km à l’Est de Toulouse, les prisonniers décident de ne plus courber l’échine face aux surveillants de l’Administration Pénitentiaire et aux éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Des insultes en tout genre, le saccage d’une dizaine de cellules et sept départs de feu amènent l’Administration Pénitentiaire à qualifier la situation de « mutinerie ».
Face à cette « rébellion généralisée », les Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), seules forces habilitées à intervenir sur le terrain carcéral, écrasent les détenus récalcitrants et prennent possession de la prison. S’en suit une grève d’éducateurs, dénonçant leurs conditions de travail, réclamant plus de moyens pour plus de bâton, défendant coûte que coûte leur corporation, comme n’importe quel maton.
Mais, à l’extérieur de la prison, la nouvelle tourne. Tandis que des personnes solidaires décident alors d’organiser le soutien, de se rendre à la prison pour rencontrer les familles de détenus, de convoquer à des réunions d’information au sujet des EPM et de la Justice des Mineurs, d’autres, le 5 juillet 2011, s’invitent dans les locaux de la direction régionale de la PJJ dans la commune de Labège, tagguent les murs et déversent du lisier, certainement pour rappeler à quel point leur travail pue la merde.



Durant quatre mois d’enquête, les services de la gendarmerie vont s’intéresser à ce qu’ils appellent « la mouvance ultragauche ». Après une opération coup de poing dans sept lieux de vie toulousains, l’enquête aboutit à la mise en examen de cinq personnes puis la mise en détention provisoire de quatre d’entre elles, la dernière étant placée sous contrôle judiciaire. Après deux à trois mois de détention, les inculpé.e.s ressortent sous contrôle judiciaire et ce, jusqu’à la clôture de l’instruction, en septembre 2014. Aujourd’hui, ces cinq personnes passent en procès pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations », « violences en réunion » et « dégradation en réunion ». Toutes nient leur participation à cette action.
Si nous appelons à un rassemblement devant le Tribunal ce mardi 29 septembre de 12h à 14h, ce n’est pas pour dénoncer une Justice disproportionnée. La Justice n’est ni disproportionnée, ni aveugle. Elle est l’outil nécessaire au maintien de l’ordre social et réprime celles et ceux qui ont décidé de déroger aux règles du jeu capitaliste ou de s’organiser contre elles. Si nous appelons à ce rassemblement, c’est pour partager avec le maximum de monde notre refus de l’isolement judiciaire et notre critique du système répressif, un système répressif qui sévit partout où les prolétaires disent merde à leur misère, des personnes fichées pour leurs activités subversives aux détenus qui foutent le feu à leur cellule en passant par les réfugiés enfermés sous prétexte qu’ils resquillent les frontières.
Venez nombreuses et nombreux pour discuter, chanter et manger devant ce charmant TGI de Toulouse à 12H, mardi 29 septembre.
Comité de soutien 

Une chanson de Patrick Denain qui évoque "La petite Roquette" (prison pour mineurs 1830-1899). Chanson anonyme de 1906.

dimanche 20 septembre 2015

Vivre vite, mourir jeune et laisser une belle image

Scène de la transaction* démocratique espagnole
On profite de l'édition d'un livre consacré au groupe du Mans, Nuclear Device, coédité par nos camarades de Libertalia et de la Boite à Outil pour se pencher sur une chanson de ce groupe qui fit les beaux jours de nos années quatre-vingt.
Sans raconter notre vie, ça nous rappelle une anecdote.
C'était en 1985 (ou 1986, d'ailleurs). Lassés des concerts hors de prix et d'attendre que nos groupes chéris daignent avoir la faveur d'un tourneur, avec quelques potes du Mirail, on organisa un concert en banlieue toulousaine, une soirée avec le label Bondage : au programme Washington Dead Cats, Ludwig von 88, les Béruriers Noir et Nuclear Device.
Au cours de la conversation avec ces derniers, après les avoir gentiment moqués pour leur titre "Arriba España" (en cette ville qui se targuait d'être la deuxième capitale espagnole, l'utilisation de ce slogan franquiste en fit s'étrangler plus d'un) on causa cinoche. Et on leur conseilla chaudement d'aller voir un de nos films, préféré qu'on regardait alors en boucle, Deprisa, deprisa (en français Vivre vite) de Carlos Saura.
Non seulement nos sarthois ont suivi le conseil mais ils en ont tiré profit.
Deprisa, deprisa, c'est un peu l'apogée du film Quinqui**, genre spécifiquement espagnol des années 1976 / 1984.
Loin des frasques des branchouilles petits bourgeois de la Movida, ces films narraient les aventures de délinquants juvéniles (interprétés par de vrais voyous souvent payés sur la bête) dans leur quotidien au sein d'un pays d'après dictature où rien n'avait changé.
Des bagnoles, des braquages, de la dope, des filles et des garçons perdus dans leurs quartiers de clapiers en construction, des flics tortionnaires, voilà qui fit le quotidien des jeunes de Madrid, Barcelone ou Bilbao et le succès de ce sous-genre cinématographique (un million d'entrées pour Perros callejeros de Antonio de la Loma)    
On a même vu certains bandits célébres comme El Torete ou El Vaquilla y faire des apparitions.
Longtemps avant l'existence du gangsta rap, la bande son de ces films était constituée de beaucoup de flamenco à tendance rumbero, d'un peu de rock local et d'une pincée de disco.
Carlos Saura avait anticipé le genre d'une bonne décennie en réalisant Los Golfos (les voyous) en 1962.
En 1981, il récidive en contant l'histoire romantique et sans avenir de trois amis et d'une fille qui passent du vol de "bugas" (tires) au braquage. Le tout pour tuer l'ennui et s'insérer dans une normalité désespérante, devenant ainsi le reflet de cette société qu'ils rejettent.
Plusieurs acteurs don Jésus Arias ("Meca") ont eu une belle carrière carcérale et on en retrouvera même dans la COPEL (Coordination des Prisonniers En Lutte)
On vous envoie les premières minutes et on parie que la musique d'ouverture, écrite pour l'occase par los Chunguitos, ne vous est pas tout à fait inconnue.



* z'avez bien lu.
** Plus ou moins "ferrailleur" de l'argot gitan, systématiquement employé dans ces films.

vendredi 18 septembre 2015

Comptine joyeuse (l'assassin habite au 21)

On ne révélera pas ici ce qui pousse l'impayable Raymond Bussières à provoquer le gros pandore qui passe par hasard (mais en est-ce vraiment un ?) sous son réverbère.
Sachez juste que le bougre a ses raisons.
Ce film de Henri-Georges Clouzot (d'après un roman de Steeman) date de 1942 et fut, comme de bien entendu, produit par la très officielle et vert-de-grise "Continental".

Nul doute que le cinéaste enrobe les rapports entre populace et flicaille mais essayez-donc un peu d'imiter notre Raymond perché de nos jours, voir si la chanson se termine avec ou sans violon ou simplement au taser.
Reste que, comme il a été souvent dit l'occupation fut une riche période pour le cinéma français.

Ces quelques minutes en témoignent.

mardi 15 septembre 2015

Higelin chante Vian




Jacques Higelin n’a que 15 ans lorsqu’il auditionne devant Jacques Canetti au théâtre des Trois Baudets en reprenant Charles Trénet et Maurice Chevalier. Rentré d'un séjour forcé en Algérie, en 1964, il enregistre, pour Canetti, son premier album sur des textes (inédits à l'époque) de Boris Vian.
Ce disque sera réédité en compilation avec des versions de Vian par Marie-José Casanova.
Puis se fera la rencontre avec Pierre Barouh et le duo Fontaine / Areski.
Parti rive gauche, le gamin va virer de plus en plus rock.
pour en revenir à ses débuts, ce délicieux scopitone :





dimanche 13 septembre 2015

Un mystère enfin résolu : la mort de Raoul*


Chez Raoul
 C'était au cour de l'émission de novembre 2014 consacrée à la mort.
Eliott se posa diverses questions au sujet d'une chanson de Bernard Dimey interprétée par l'ogre Raoul de Godeswarvelde.
Qui était l'artiste en question et qui étaient les trois accompagnateurs autour du cercueil ?


Diverses hypothèses, y compris les plus fantaisistes, furent avancées. Et voilà-t-il pas qu'un jour de septembre, anniversaire de putsch chilien et de rénovation sauvage à Manhattan, l'indispensable George Wilhem Ferdiduke nous transmet ce courrier, envoyé par un "Dimeylogue", à moins que ce soit par un "Raoulogue" (fatiguant d'écrire le nom du bled, à force)
Nous en reproduisons ici un extrait dudit courrier, sans oublier de louer l'intuition de Serge dans ladite émission :
Pour ce qui est de la chanson "Adieu pour un artiste", Michel Célie (producteur de Raoul de Godewarsvelde et de Bernard Dimey) m'a confirmé ceci aujourd'hui au téléphone :

La chanson est une narration/description, par anticipation, des funérailles de Raoul de Godewarsvelde.

Le créateur de la chanson (Raoul) y parle donc de lui-même et raconte le déroulement de ses propres obsèques à travers les souvenirs qu'en ont gardé 3 amis nordistes (*) comme lui : Michel Célie, Pierre Célie (son frère) et Robert Lefèvre (patron des Relations publiques du journal La Voix du Nord), co-associés dans la création des disques Déesse.

Un extrait du texte de la chanson figure en épitaphe sur la tombe de Raoul (photo jointe). La décision de le graver aurait été prise dès l'enregistrement de la chanson en 1969.


M D

(*) Lecture personnelle, Bernard Dimey s'attribue peut-être un rôle dans le 3ème couplet :
Moi, pour une fois, j’ai fermé ma grande gueule
Tout comme Robert et Michel et puis moi...

Voilà dons un mystère de résolu seulement seulement 10 mois après qu'il ait été soulevé. Tiens, on s'envoie encore une version, mais ce coup là par Valérie Mischler, autre interprète du gros Bernard.



* Rappelons que contrairement à Robert ou à Joseph, Raoul n'était pas ministre de Giscard d'Estaing.

jeudi 10 septembre 2015

Quand le Docteur Schultz chantait JB Clément

C'était à l'occasion de la réédition des écrits de Marius Jacob par les très recommandables éditions Insomniaques, en 2004.
Rappelons que cette somme d'écrits du cambrioleur anarchiste de la très mal nommée Belle Époque (dont une première édition faisait déjà le bonheur de quelques margoulins spéculateurs) comprend le récit de son arrestation, les manifestes enragés et ironiques qu'il déclama lors de son procès à Amiens, en 1905, les lettres envoyées depuis le bagne de Cayenne et une somme de courriers et rapports de rescapés ou maillons de l'enfer de Guyane. 
Un cd accompagnait le bouquin.
On y retrouvait, entre autres, Denain et Denécheau, Fret Liner, les Plumeaux, etc.
L'ami Schultz ne pouvait pas rater la fête.
Pour l'occase, il envoie, en compagnie de deux internes une chanson méconnue de Jean-Baptiste Clément, immense auteur et communard émérite.
La chanson : Les traîne-misère.

Un an déjà que tu t'es barré !

mardi 8 septembre 2015

Émission de septembre : ça fermente



On a chanté la dive bouteille et les lieux sociaux dans les quels elle atterrit.
Il manque les deux premières minutes pour des raisons de platine fantaisiste.
Comme de coutume, l'émission se trouve sur le site de la radio.

Meulien                   Après vendange
Anonyme                 Le vin clairet
Oscar Thiffault        La brosse
Pierron                    La grande orgie
Ferré                       Le vin de l'assassin
Montéro                  La complainte du Bon Pasteur
Gilbert Lafaille        La java sans modération
Gréco                      La musique mécanique
Georgius                 Le soliloque du pochard
Chanson Plus          Vive le vin
Charlélie Couture    Le loup dans la bergerie
Damien                    J'essaie d'arrêter
Tonus des hôpitaux  Le con et la bouteille

En supplément, un chant de marins bien arrosés par Patrick Denain et Luc Guilloré : Madame l'hôtesse.

samedi 5 septembre 2015

Ce soir, j'aime la marine

Adamo ? Vous y êtes presque...
Marc Aryan, chanteur Belge regretté (regrettable ?) , nous interprète ici son "petit navire"
En plus de la qualité cinématographique irréprochable du clip, nous ne résistons pas au plaisir de vous envoyer in extenso la fiche wikipedia du monsieur.
On jure qu'on n'a rien inventé :



Fils d'immigrés arméniens de nationalité libanaise, il travaille avec son père
dans la confection d'aliments orientaux. Après avoir frôlé la mort à 18 ans en tombant malade, Marc se décide à apprendre la musique. Il veut devenir chanteur mais pour y arriver il lui faut évidemment apprendre le solfège, le piano et l'harmonie. Après s'être familiarisé avec la musique et avoir écrit ses premiers textes, il part vers Paris pour tenter de dénicher un éditeur. Là, personne ne veut de lui.
En 1969, il crée alors son propre label de disques et sa propre maison d'édition, ce qui lui permet, cette fois-ci, d'enregistrer et de faire paraître ses œuvres. Le succès est immédiat. Marc Aryan rencontre un intérêt de plus en plus important, bien au-delà de France. Il n'aura cependant pas beaucoup de temps pour en profiter puisqu'il décède le 30 novembre 1985.
En 1963, il s'était établi à Waterloo.

mardi 1 septembre 2015

Seize tonnes

Au début était la classe ouvrière.
Et ses chansons.
Affiche des mineurs asturiens, grève de 2012
En 1946, le chanteur country expert en pickingMerle Travis met en scène son mineur de père (la formule Another day older and deeper in debt, "Encore un jour pour s'retrouver plus vieux et plus endetté" du refrain aurait été une de ses expressions habituelles) dans Sixteen tons, l'histoire d'un prolo qui charrie des paquets de merdes (ou de charbon, par exemple) pour se retrouver payé en bons d'achats.
Mais qui peut aussi se révolter et cogner.

Même si le premier enregistrement était bien de Merle Travis, l'ex mineur et chanteur folk George Davis prétendit l'avoir écrite dans les années trente sous le titre Nine-to-ten tons.
Cette chanson protestataire connut une carrière en français (Eddy Mitchell, Frank Melville, etc.)
On mettra ici celle de Jean Bertola (1922-1992) musicien de radio, pianiste d'Aznavour et grand copain de Brassens. C'est lui qui a écrit cette version.

Pour en revenir aux origines de la rengaine, parmi les au moins 300 reprises qui circulent, on a un faible pour celle du bon vieux Johnny Cash
Autant se faire du bien.