vendredi 29 mai 2015

Juin : ce coup-là, la chanson


Le chanteur, le muet et la belle indifférente 
(allégorie de Marcel Carné)



Depuis plus de trois ans qu'on tourne autour du pot, c'est quoi une chanson ? Comment la fait-on et pourquoi ? Et avec quelle musique ? D'ailleurs, c'est quoi la musique ? Et comment l'interprète-t-on ? Si, par hasard, on y arrive.
On part de ces quelques interrogations et on verra sur quoi on tombera.
À retrouver donc le lundi 1 juin à 18h sur Radio Canal Sud.

 Au sujet de la musique, Colette Renard avait un avis assez tranché :



mardi 26 mai 2015

On a chanté les voyous (bis)



On vous a longuement causé de ce disque mythique.
Pour le coup, cet album n'a jamais été édité en cd.
C'était en avril 2013 et les notes sont disponibles ici même.
Notre allié, George, avait publié l'intégralité du disque sur son blog
Ledit blog étant victime d'un site de stockage, on reprend donc le collier pour rétablir l'écoute perdue de ce chef d’œuvre chanté par Jacques Marchais mis en musique par M. Villard.

L'hébergeur nous ayant viré, on peut déjà choper la face 1 à cette adresse.
La face 2 est accessible  ... en attendant mieux. 

 Au sommaire :
A1 Bifton aux potes (1897 anonyme) A2 Ma tête ( Gaston Secretan) A3 Jean Fagot (Miet) / la valse des monte-en-l'air (Daris, Ronn, Daniderff) A4 À la Santoche (1907 anonyme) A5 Chanson des pègres (Abadie 1855 / Philippe Clément 1879 selon les versions)
B6 Le ruban (Leca 1901) B7 Un chat qui miaule ( Zwingel, Pisanti) B8 Raccourci (1900 anonyme) B9 Marche des cambrioleurs (Daris, Berger) B10 Monte à regret (Desforges, Gueteville) B11 Chant d'apaches (A. Bruant)



samedi 23 mai 2015

Encore Jean-Roger à la radio

Caussimon dans "La rose rouge" (1951)
Le Grenier de la mémoire est une émission d'archive et de Karine la Bail, tous les dimanches à 15h, sur France Culture.
Le 10 mai dernier, elle fouinait du côté de Jean-Roger Caussimon avec des archives des émissions d'Émile Nöel (1970), de Moussa Abadi (1971) et de Jean-Paul Papot (1972). Sans oublier un entretien avec Pierre Barouh datant de 1989.
Et un grand merci à George pour le lien.


mercredi 20 mai 2015

Variations autour d'un sauveur

Pour en finir avec les images (Cerro de Los Angeles 28 juillet 1936)
Prenez un dieu, faites-en un homme. Ou l'inverse. Torturez-le à mort afin de racheter cette humanité qui n'avait rien demandé mais dont une fraction espérait un messie. Puis laissez cette idée devenir religion d'État avant de passer environ trois siècles à établir définitivement le statut dudit messie de manière indiscutable.
S'ensuivront quelques autres siècles de querelles théologiques, hérésies et autres massacres au sujet du divin enfant ou de sa génitrice.
Évidemment, notre héros, préfigurant la figure du prolétaire lors de son épisode terrestre, aura aussi servi de consolation, d'exemple ou de repoussoir à bon nombre d'idéologies.
Voila qui ne pouvait qu'exciter l'imagination des chansonniers.
Quelques exemples parmi tant d'autres :
Un texte de Jehan Rictus (encore un gars qu'a mal tourné, on y reviendra) dit par un Pierre Brasseur, impérial, comme toujours.


Du Gaston Couté par un Lavilliers débutant qui honorait ses classiques.


Et un Pierre Louki, vieux complice de Brassens, assez désabusé sur le disque "Vers bissextiles" (1996)



Lot de prophètes trouvé dans la poubelle d'un cimetière d'outre Pyrénées

Un amical salut au Moine Bleu

lundi 18 mai 2015

Arno et son petit clin d'oeil



Arnold Charles Ernest Hitjens enregistre l'album "les Idiots savants" en 1993.
Ce disque ne contient que trois titres en français "Vive ma liberté", "Les filles du bord de mer" ( reprise d'Adamo) et "Martha ma douce".
Les deux premiers seront de francs tubes, copieusement matraqués en radio.
Si on s'intéresse au troisième, c'est que contrairement aux autres chansons en anglais, il rend ici un hommage non dissimulé au maître, Tom Waits.
Pas seulement par l'air de famille de leurs voix éraillées mais surtout grâce à cette superbe orchestration que n'aurait pas renié le grand dégingandé de Pomona, particulièrement dans sa période "Bone machine". 

C'est donc désormais à cette adresse.

vendredi 15 mai 2015

Nitta-Jo, le fantôme de l'Alhambra

Jeanne Daflon, dite Nitta-Jo ou Nita-Jo

Elle serait née vers 1890, peut-être même un peu avant, mais rien n'est certain.
Ses débuts, elle les aurait accomplis à Marseille, aux Variétés-Casino, en 1907, mais ne cherchez aucune trace d'accent provençal dans ses enregistrements, y'en a pas.
On ne sait pas grand chose d'elle sauf qu'elle a chanté au Ba-ta-clan en 1910 et à l'Alhambra en 1932.
Entre les deux dates : mystère complet !
Selon diverses rumeurs, elle aurait tourné à New York (1926), en Espagne (1927), à Genève, Milan, Rome, à Constantinople, en Roumanie, en Égypte, en Turquie, en Suisse.
Il existerait quelques disques Odéon espagnols et d'autres enregistrements réalisés à Bucarest pendant les années vingt.

Sa chanson la plus connue :


En 1931, Fréhel a enregistré un titre assez similaire : La coco. Mais au lieu de se ruiner la santé, la protagoniste finit par faire la peau de son amant.
Nitta-Jo aurait tourné cinq ou six films entre 1930 et 1933, tous ne sont plus disponible.
Il existe fort peu de photos d'elle.
Et on ignore le lieu et la date de sa mort.
À moins qu'elle ne vive encore, en vieille dame indigne, du côté de Smyrne ou de Montevideo...
En tout cas, voilà une vedette du music-hall qui a laissé encore moins de trace sur son état-civil que l'écrivain B. Traven.

                       Un tango tiré du film "Cendrillon de Paris" (1930) 

mardi 12 mai 2015

Vassiliu : encore une de censurée




Pierre Vassiliu savait de quoi il causait en fignolant le portrait d'un supérieur hiérarchique tout empreint de nostalgie : il a écrit cette chanson en 1963, alors qu'il venait juste de s'enquiller vingt-sept mois en Algérie.
C'était prévisible, elle fut, aussi sec, interdite de passage sur les ondes de toutes taille.
Ça n'a pas empêché notre gars de continuer son chemin jusqu'à faire une première partie des Beatles à l'Olympia avant d'aller partir tourner avec Dutronc.

On regrette parfois de ne pas s'être retrouvé, au hasard des chemins, au bar du coin, lors du passage de ces deux-là.

dimanche 10 mai 2015

Après la bataille

Les Anglais l'avaient compris depuis la guerre en dentelles : le sang marque moins sur un uniforme rouge...

Gaston Couté, poète des plaines et des forêts, ne  pouvait éviter d'évoquer les combats qui s'y déroulaient avec plus ou moins de régularité.
Mais, alors qu'en son temps la mode était à entonner le clairon de la revanche, il va plutôt s'attacher au sinistre paysage d'après l'explication virile. 
"Les ramasseux d'mort" est inspirée de la vision d'un champ de bataille de la guerre franco-prussienne de 1870, comme l'indiquent la présence du "moblot" et du bavarois, porteur d'un "casque à chenille".
Elle est ici chantée par Gérard Pierron et Hélène Maurice, le texte est dit par Bernard Meulien avec Marie Mazille (violon) Patrick Reboud (accordéon)


Tant qu'on y est, un autre classique du XIXème, dans un esprit voisin, interprété ici par Marc Ogeret :


Écrite par Gustave Nadaud, "le Soldat de Marsala" fut inspirée par 'l' Expédition des Mille', menée par Garibaldi de Sicile jusqu'en Calabre, en 1860, contre le royaume des Bourbons. Cette chanson fut interdite sous le second Empire, elle ne sera autorisée que sous la troisième République.
Ami d'Eugène Pottier et grand amateur de goguettes (ou de caveaux, comme on les appelait aussi) Nadaud a écrit des dizaines de chansons dont une bonne part nous sont parvenues interprétées par Brassens.

jeudi 7 mai 2015

François Villon et la chanson (4) Monique Morelli

Voici un disque rare, jamais publié en cd, que notre cher collègue avait rendu disponible à tous dans le cadre de son grand œuvre de titan archiviste.
Depuis, Divshare ayant viré tous les pouilleux encombrant son espace, nous prenons le relais pour rétablir l'album sur l'internet.
Un disque pas facile : Monique a sa voix de fumeuse tardive, elle chante parfois à la limite du juste.
Mais quels textes !

Quand on songe aux merveilles qui nous sont parvenues de Villon, d'Omar Khayyam ou de Nezahualcoyotl*, pour ne citer qu'eux, on mesure la quantité de ce qui a dû se perdre.

Allez, trêve de bla-bla, voici l'objet :

Face 1 : Je plains le temps de ma jeunesse. La grosse Margot. Ballade du concours de Blois. Épître à mes amis. Ballade pour prier Notre-Dame. Mort.

Face 2 : Pauvre je suis. Ballade des menus propos. Au retour. L'an quatre cent cinquante six. Jean Cotart. L'épitaphe.
Il suffit de cliquer sur le lien de la face concernée. Pour télécharger, c'est la flèche en haut à droite.


 * Souverain de Texcoco, apparenté aux Aztèques, qui écrivit au quinzième siècle de notre ère "Toute la terre est une tombe et rien ne lui échappe".
On a donné depuis son nom à un des quartiers le plus pourri de Mexico. 
Sic transit gloria mundi....

mardi 5 mai 2015

Un petit tour chez Anasthasie

Église, armée, bonnes mœurs, autocensure, fausse censure.... On a tâché de faire un tour d'horizon.

Henri Tachan               La censure
Nathalie Solence          Le bijou de famille
Bobby Lapointe            Embrouille minet
Francis Blanche            Le complexe de la truite
Nougaro                        Sanguine, joli fruit
Lily Fayol                       La gavotte des bâtons blancs
La Rumeur                     L'ombre sur la mesure
Link Wray                       Rumble
Pierre Tisserand            Nous aussi nous marchions
JP Smet                          Jésus est un hippie
Germaine Montéro        Le bon dieu
Brassens not dead         Le gorille
Frères Jacques              La complainte des petits cabinets
Gerbia                           Ferme ta gueule
???                                 La sacem
Fernandel                      Fôlatrerie
Monty                            Un verre de whisky
NTM                              Police
Jacques Debronckart    Mutins de 1917

Comme toujours, l'émission est là.




samedi 2 mai 2015

En mai, on censure


C'est bien connu, il n'y a pas de censure en France.
Enfin, à condition de ne pas se frotter à....
...pour en savoir plus, la suite le lundi 4 mai à 18h sur les 92.2 de Canal Sud ou canalsud.net

En attendant et pour patienter, un classique de Gustave Nadaud qui fut interdit par Napoléon III, ce vil paranoïaque.


Et une autre, un peu plus récente qui fit scandale à l'intérieur. Cette chanson provoqua une plainte suivie d'un verdict délirant : en première instance, 6 mois d'interdiction d'exercer, 3 mois ferme (!) et 3 mois avec sursis (excellente pub)
Bien qu'en appel il ne restât « plus que » 2 mois avec sursis, le message était passé. Ce procès fut suivi d'une cascade d'interdiction de concerts.
Depuis, on a vu Joey Starr jouer au flic dans certains films.