samedi 3 décembre 2016

Camera Silens, du Sham 69 à la bordelaise


Les chanteurs Bordelais sont les rois du fait-divers.
C'est par cet article approximatif que nous avons appris la réapparition de Gilles, ex chanteur de Camera Silens. L'émotion suscitée nous donne l'occasion de revenir un peu sur ce groupe et son époque.
Rappelons que leur nom venait des cellules d'isolement sensoriel dans lequel l'état fédéral allemand précipita les prisonniers de la RAF (Fraction Armée Rouge) pendant des années et qu'ils souhaitaient par là tant marquer leur camp qu'éviter les noms en "ST" qui faisaient alors florès sur la scène bordelaise.
Monté en 1981, le groupe est à la base un trio formé de Gilles Bertin (basse et chant), Benoît Destriau (guitare et chant) et Philippe Schneiberger (batterie).
Détail marrant, en 1982, ils arrivent à la première place d'un tremplin rock ex aequo avec une autre bande de petits nouveaux, Noir Désir (les rois, on vous dit).
Les autres groupes remuants de la scène locale sont alors les Brigades, Strychnine ou Parfum de Femmes qui ne dédaignent pas chanter en espagnol, chose assez peu courante alors.
Mais les Camera Silens, fortement influencés par la vague britannique punk et oï, font dans le street punk et, à l'image de leur modèle héros de la classe ouvrière, Sham 69, sont suivis par un contingent de punks et de skins remuants qui vont vite effrayer les organisateurs de concert. Rajoutons-y une suite d'éjection des locaux de répétition, une situation sociale plus que précaire, quelques emmerdes avec la justice et un entourage marqué par la dope, on comprend mieux le sens de paroles entre urgence, colère, désespoir et rêve du grand coup.
Au passage, s'ils ont d'évidents liens avec les Sham, ils sont également étonnamment proches (paroles et musique) d'un groupe basque espagnol de l'époque, Cicatriz* de Vitoria. On se fréquentait beaucoup des deux côtés des Pyrénées....
En 1983, Philippe parti, ils sont renforcés par Éric Ferrer (basse) et Boubou à la batterie. Ils jouent un temps avec deux basses pour une musique assez froide avant que Gilles ne passe au chant à plein temps.
Après des apparitions sur les compilations "Chaos en France", ils enregistrent un album entièrement auto-produit avec la complicité de Patrick Mathé de New Rose, en 1984, "Réalité".



Et se taillent alors une belle réputation.
Le titre phare, Identité, est repris sur la compilation sortie en décembre 1985, Les Héros du Peuple sont immortels, coproduite par Gougnaf et Kronchtadt Tapes. Ils tournent alors beaucoup avec OTH.
En 1986, Gilles quitte le groupe, il s'évanouira dans la nature suite au très propre braquage de la société de convoyage Brink's à Toulouse début 1988. Multiples ont été les rumeurs et supputations entre temps, à toutes fins utiles on rappelle que, suite à sa reddition, une instruction est à nouveau ouverte et que le silence est d'or.
François Borne (saxophone) rejoint les rescapés et leur musique prend un tour swing, reggae / ska qui va leur donner un certain succès tout en les brouillant avec une partie de leur base historique.
En 1987, sort le six titres "Rien qu'en traînant" authentique réussite.


Minés par une réputation aussi sulfureuse qu'injuste, ils se sabordent en mai 1988. Bruno et Éric vont jouer un temps avec Whodunnit et Mush. Leur manager va s'occuper de Noir Désir.
En 2000 Camera Silens se réunit à nouveau avec Benoît, Eric, Bruno, François et Fred, nouveau aux guitares. Ils enregistrent quatre titres inédits. L'album Réalité ressort en cd en 2003 sur le label Euthanasie, réédité en 2005 en vinyle.
Un bon résumé de leur histoire se trouve dans cet excellent entretien à ce lien.
Merci Arno.
Et un titre qui, même s'il nous avait paru un peu niaiseux au début (T'as vu des roses refleurir au-delà des Pyrénées, ta ?) a fini par nous émouvoir à l'usage. Allez savoir pourquoi.


Dernière précision, je ne sais si c'est le titre "Identité" qui vous excite mais nazillons de toutes sorte qui tournez autour du cadavre de Camera Silens, veuillez retourner dans les égouts d'où vous n'auriez jamais dû sortir.

* En ce qui concerne les Cicatriz, aucun survivant connu à ce jour sur les cinq musiciens, hécatombe assez commune chez ceux de "l'autre côté".

3 commentaires:

  1. Après le moine bleu, me voilà sur l'herbe tendre. Le meilleur salut à Gilles est de continuer à tisser les fils de notre révolte partout ou nous pouvons,je manque d'inspiration, bises laurentdiox.

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  2. Allez , encore des approximations historiques à propos de CS , mais bon ....

    Cicatriz ??? ça sort d'où ?
    C'est Eric et Bruno qui officieront chez les Mush et Whodonit
    'Ils tournent ave Oth' ? Euh peut-être un concert commun ....
    Le groupe n'a jamais joué avec 2 basses
    Boubou n'a jamais fais partie du groupe ( 2 essais studios , c'est tout) , même remarque pour Fred .....

    Euh qui parle "d'article approximatif" ...... Les joies d'internet ..... pas grave


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  3. Cicatriz, ça sort de Vitoria et j'ai toujours trouvé que ça se ressemblait étrangement, texte et musique.
    Deux basses, c'était peut-être exceptionnel mais je l'ai vu de mes oreilles à un concert à la piscine à Toulouse.
    Pour Eric et Bruno, sorry pour l'erreur, je vérifie et rectifie.
    Jules

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