mardi 31 mai 2016

En juin, partout des étrangers !

Common decency
Tous en conviennent, il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde.
Et c'est pas fini, on signale certains déplacements massifs de population : Ruthènes, Francs, Mandchous, Ostrogoths, Nahuas, Khazars, Bantous, Suèves,  Chachapoyas et autres Parthes déferleraient sur le monde libre.
La chanson n'étant que le reflet de son époque, L'Herbe Tendre va se pencher, le lundi 6 juin à 18h sur le 92.2 de Radio Canal Sud, sur quelques manières d'envisager l'étranger, entre main d’œuvre moins chère, exotisme de mauvais aloi ou solidarité prolétarienne.

En mise en bouche, les Raoul Petite reprennent un classique de François Béranger. Cette chanson est un hommage à Mamadou Konté, figure de "Révolution Afrique" et de la lutte dans les foyers Sonacotra des années 70.





samedi 28 mai 2016

Quand Higelin parodiait Caussimon


Cette chanson est tirée d'un fond de tiroir du label Saravah, de Pierre Barouh (cd "La cave à Saravah" Socadisc 834268)

En quelle circonstance Jacques Higelin enregistra-t-il cette parodie du "Temps du tango" ?
On l'ignore.
Mais s'il a entendu cette chute de studio de 1970, Jean-Roger a dû certainement se poiler...


mercredi 25 mai 2016

Du côté du Chat Noir (8) : Charles Cros


Charles Cros est né en 1842 à Fabrezan (11200) et mort en 1888 à Paris.
Et ne serait-ce que pour le tourne-disque, Charles, on t'aime !
Imaginez, ce petit gars de Lagrasse (antique et charmant village de l'Aude, aujourd'hui proie de cultureux fortunés) a inventé successivement le télégraphe automatique (1867), la photo couleur en trichromie (1869) et le paléophone (1877) prototype du phonographe que ce businessman d'Edison va aller breveter avant lui.
Ça, c'est le côté scientifique du bonhomme.
Le moustachu a aussi été membre des Vilains Bonhommes, des Hydropathes (d'Émile Goudeau et de son pote Maurice Mac Nab) et créé Cercle des Zutistes, tous éminents poètes.
Il a brûlé les planches du Chat Noir avec ses fameux monologues (le Hareng saur) et s'est révélé un sacré précurseur des surréalistes.
Extrait :
Je me distrais à voir à travers les carreaux
Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
Où le bonheur est un suivi de six zéros.

Je m'étonne, valant bien les rois, les évêques,
Les colonels et les receveurs généraux
De n'avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques


Voici un autre de ses poèmes en guise d'avertissementAux imbéciles, ici chanté par Jean-Luc Debattice. (Suffit de cliquer sur le titre).

Et sa célèbre Berceuse par Juliette Gréco (1969, musique de Yani Spanos)


Charles Cros fut même chanté par Brigitte Bardot : Sidonie sur l'album Vie Privée (1962)

dimanche 22 mai 2016

King Khan fils de Dutronc !

Arish Ahmad Khan, alias King Khan, est certainement un des rockers les plus loufoque de la planète. Canadien bilingue (et même largement plus) d'origine indienne, ce furieux s'est établi à Berlin depuis une dizaine d'années.
Vieil habitué des garage band, il a joué avec les Spacehits, les Kukamungas, BBQ, King Khan and the Shrines, les Almighty Defenders, le rappeur GZA...

Et voilà-t-il pas qu'à l'instar de son collègue british Billy Childish, celui qui avait monté un groupe sobrement appelé "Dutronc", notre sympathique rocker en tongs s'est pris de passion pour le dandy fumeur de cigares, celui qui relevait quelque peu le niveau des yé-yé, le grand ancêtre du swinging Paris.
Ça va au point d'aller se revendiquer comme son seul, son unique, héritier !

Émerveillé par sa découverte, l'escogriffe le braille à qui veut bien l'entendre en faisant un sacré raffut se terminant en punk hystérique.
Ceci en est témoin : une vidéo désargentée tournée sur un toit de Brooklyn lors de sa tournée de 2008. Sauvage.

jeudi 19 mai 2016

Mac Orlan en direct à la TSF

Enfin ! Un peu de bonheur sur les ondes !
À la demande générale, on fait tourner cette heure de joie.
Le 22 juin 2014, Héléne Azéra a repassé des extraits d'émissions enregistrées en présence de Pierre Mac Orlan.
C'était en 1951, sur Paris Inter, dans l'émission d'Albert Riera, "Chanson de mes villes" en sept épisodes. Les créations du Pierre Dumarchey sont chantées par Germaine Montéro. Elle est accompagnée de V. Marceau (Verschueren) à l'accordéon et Henri Crolla à la guitare. Excusez du peu!
Si vous êtes amateurs, vous remarquerez quelques changements dans les versions proposées en radio et celles enregistrées en studio par la suite, particulièrement les deux dernières chansons.
Que du bon, d'ailleurs, si même l'aimable Guy Debord l'affirme...
Au menu:
- La chanson de Nelly.   - La chanson de Margaret  - Giuli de Chiaia
- La fille de Londres      - Fanny de Laninon             - L'Oncle Ludwig
- Sur la route de Bapaume


lundi 16 mai 2016

Le coquin Voltaire dans ses oeuvres

Tout ça pour finir en bifton

Outre être un des philosophes emblématiques du XVIIIème siècle François-Marie Arouet était un joyeux libidineux qui suivait l'exemple de ses prédécesseurs poètes. À l'instar de du Bellay, Marot ou Ronsard, il avait compris qu'un compliment bien troussé pouvait vous garantir un office cérémonieux au temple de Vénus. 
Curieusement, peu de chanteurs ont puisé dans ce fond galant. 
Un exception, cette Gaillardise interprétée par Ricet Barrier sur le disque "Furieusement heureux" (2006) dans lequel un empressé tente de convaincre la belle Aminthe de venir jouer à la bête à deux dos.

 
Un mystère demeure : il manque dans cette version chantée du sonnet de Voltaire un couplet, le dernier, celui de la réponse de la Belle à son impatient  :
Je voudrais bien, mon cher amant, 
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment, 
On ne se connaît guère.
L’amour maîtrisant vos désirs, 
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs 
Ce qui vous donna l’être.

Hors de question pour la charmante d'aller héberger un polichinelle !

jeudi 12 mai 2016

Terroristes et casseurs (2) : Anarchy in the UK (Angry Brigade)

Les Huit de Stoke Newington
Oyez, oyez cette histoire édifiante : le 12 janvier 1971, le ministre du travail britannique, James Carr, maître d’œuvre d'une loi sur les relations industrielles (Loi travail, quoi) qui a provoqué une vague de grèves et de manifestations, a vu sa luxueuse baraque soufflée par deux bombes.
Selon une revue underground :" Les aménagements de la cuisine de Robert Carr ont été réalisés par une entreprise de démolition bien connue : la Angry Brigade (Brigade de la colère)".
Extrait du communiqué numéro 5 de ladite petite entreprise :
" Nous nous attaquons à la propriété, pas à la population.
Robert Carr serait mort si nous l'avions voulu.(...) Seuls les fascistes ou les membres du gouvernement s'en prennent aux gens (...) La démocratie britannique s'est édifiée sur plus de sang et de terreur qu'aucun autre empire* (...) Sa police est brutale (...) Et voilà que son gouvernement déclare une guerre de classe. Le projet d'Industrial Relations Act de Carr en est partie prenante, il est censé déséquilibrer le rapport de force. Nous avons lancé la contre-attaque : la guerre sera gagnée par les prolétaires armés de bombes."
En trois ans, ce groupe, jusqu'ici inconnu des services de police, revendiquera plus ou moins 25 sabotages, principalement à Londres et publiera une cascade de communiqués énervés, ironiques, menaçants, poétiques, un peu situationnistes sur les bords et tous plus réjouissants les uns que les autres.

 La Brigade,  précisera bien que ce nom est utilisable par tout un chacun : "La Angry Brigade se trouve partout où deux ou trois révolutionnaires attaquent la société de classe" (extrait du communiqué n°6)
Ses objectifs sont aussi variés que compréhensibles par tous : ambassades d'Espagne franquiste ou d'Afrique du Sud, centres de recrutement de l'armée, commissariats, casernes, concours de Miss Univers, domiciles de patrons, ou de ministres, ou de juges, centre commercial de "mode hippie", ordinateurs de Scotland Yard, pubs ayant refusé de servir des grévistes et même... deux étages de la Post Office Tower (Tour des communications).
Bilan humain : une blessée légère, une domestique du ministre Carr envoyée en avant par son patron pour évaluer les dégâts au moment de l'explosion de la deuxième bombe.
Bilan de la répression : une meute de flics complètement largués lancée aux trousses des saboteurs. Ils vont patauger pendant trois ans, faire fermer des journaux, rafler des Irlandais, puis des anarchistes, infiltrer les milieux subversifs et, finalement, arrêter huit personnes, quatre femmes ( Angela Weir, Kate Mc Lean, Anna Mendelson et Hilary Creek) et quatre hommes ( Chris Bott, Stuart Christie*, Jim Greenfield et John Barker). Jugées à Stoke Newington, quatre seront acquittées et quatre lourdement condamnées.
Ironie de l'affaire, ces huit là étaient déjà prisonniers lorsque se sont produits trois des attentats les plus bruyants de la Angry Brigade.

Disparue peu après le procès, la Brigade reviendra en 1983 / 1984, sous Thatcher, pour quelques sabotage et pieds de nez, notamment durant la grève des mineurs.

Évidemment, en cette période 1968 / 1972, les actions du groupe ont été relayées, discutées, soutenues, critiquées, décriées par les journaux de la contre-culture, les fanzines, les militants et agitateurs habituels ou occasionnels et même chantés par divers groupes.
Et ils sont toujours une légende, la preuve :



Jusqu'à notre cher culpabilisé et maladroit Joe Strummer qui s'en inspira, avec sa bande, en 1978 :

* Ça se discute ! (ndc)
** L'anarchiste écossais Stuart Christie avait déjà connu les geôles franquistes pendant trois ans pour avoir rendu quelques services à des camarades Espagnols.

Ps : Ceci est un résumé à la louche. En français, on trouve Angry Brigade : Contre-culture et luttes explosives en Angleterre (1968-1972), de Servando Rocha (L'Échappée, 2013 ) et Angry Brigade : Éléments de la critique anarchiste armée en Angleterre, (Ravage Editions, 2012). 

lundi 9 mai 2016

Mac Orlan et Morelli en hommage à Nerval

Ce 26 janvier 1855, on a retrouvé Gérard de Nerval pendu aux barreaux d'une grille qui fermait l'égout de la rue de la Vieille-Lanterne (aujourd'hui disparue, elle était parallèle au quai de Gesvres et allait jusqu'au Châtelet).
Il avait « délié son âme dans la rue la plus noire qu’il pût trouver », pour paraphraser l'épitaphe qu'en fera Baudelaire.
Le Desdichado (malheureux, pusillanime) était allé jusqu'au bout de sa folie.

Revenu vivre en 1957 à Montmartre, Pierre Mac Orlan y rencontre Monique Morelli et  son compagnon accordéoniste Lino Léonardi.
La première le chantera et l'autre mettra ses textes en musique, du moins en ce qui concerne les arrangements des enregistrements.
Le Tapis-franc, superbe hommage à Nerval, est sorti sur le disque "Chansons pour accordéon" ( Le chant du Monde LD-M 4242). Les compositions musicales y sont de V. Marceau.
Le V.  de Marceau signifie simplement qu'il s'agit d'un autre accordéoniste assez réputé : André Verschueren.
Errata : Il s'agirait plutôt de Marceau Verschueren, (1902-1990)
Merci à Loïc de nous l'avoir précisé.


Et en souvenir du poète :


vendredi 6 mai 2016

Parenthèse d'actualité : la meute


Nos rues sont donc encombrées d'individus hargneux et dangereux. 
Plus ils sont suréquipés, plus ils ont la trouille à l'instant d'aller au contact.
Mais ils possédent la morgue de ceux à qui on assure l'impunité.
Snipers de pacotille qui tirent pour toucher*.
Alors, les arguties sur la violence, en ce moment, voyez-vous....

Pas de chanson française aujourd'hui pour exprimer notre mépris, juste cette aimable cumbia de piqueteros argentins: Yo no soy robocop.

 

Et ce vieux bijou des Members repris à Larry Wallis (1977) qui ne dit rien d'autre que ce qui est écrit ci-dessus.

* Un témoignage édifiant parmi tant d'autres.

mardi 3 mai 2016

Émission de mai : L'Herbe Tendre aime le travail

IWW Lawrence 1912

Une émission qui commence par quelques banalités de base et s'achève sur un air agricole...
Yves Jamait                             Y'en a qui
Fretliner                                  L'usine
Jean Bertola                            16 tonnes
René Binamé                           La vie s'écoule
Boris Vian                               Calypso blues
Marc Ogeret                            Le chant des ouvriers
Eddy Mitchell                          Société anonyme
Petra Pied de biche                 Bonniche
Tribal Moustachol                  À la moutouelle
Les Naufragés                        Moi j'suis parti
Serge Reggiani                       Le souffleur
Chez là                                    L'heure de la sortie
Les Escrocs                            Assedic
Loic Lantoine                         Le jour où les cigares...
La Chiffonie                            Avoine

Cette ode à l'effort se trouve sur le site de Canal Sud

Et en prime, une chouette reprise de Béranger par Sanseverino





Et une comptine dans laquelle sept nains butent un patron