mardi 27 juin 2017

Le blues du chômeur par Les Colocs

Le protagoniste en pleine reconversion
Puisque maintenant les choses sont claires, votre serviteur vient de fêter l'arrivée d'une "nouvelle" législature par une convocation au Pole-emploi du quartier. Le genre de rencard qui ne se refuse point.
Quitte à jouer les andouilles, on confesse être allé à l'assignation en étant horriblement tenté d'y interpréter une chanson venue de chez les cousins de l'autre côté de la grosse flaque et en se demandant si l'employé chargé de ventiler les sans-boulots soupçonnerait que ce manifeste uber-macroniste d'avant l'heure est, avant tout, un foutage de gueule prenant pour cible dieu et le salariat.
Sorti par les Colocs sur l'album Atrocetomique de 1995, il dépeint les états d'âmes d'un chômeur en pleine crise de foi.
Extrait :
Bonyeu donne-moé une job
Chu prêt à commencer en bas d'l'échelle.
Ch'pas pire avec les chiffres
Pis j'sais m'servir de ma cervelle.


Bonyeu donne-moé une job,
J'veux travailler avec le public
Chu bon vendeur j'arrive à l'heure
Pis j'bois moins qu'un alcoolique.



En ce qui concerne la vidéo ci-dessus, Dédé Fortin avait publié une petite annonce pour recruter des figurants, obligatoirement prestataires de l'aide sociale ou du chômage en offrant de les rémunérer 100$ pour une journée de tournage. Ce clip compte donc 150 figurants. Dixit un membre de l'équipe : Une église désaffectée près du 2116 sert de cadre. Marquée par un froid de canard, cette journée fut mémorable quoique difficile à plusieurs égards pour toute l'équipe
Et votre rencard chez l'ex ANPE me direz-vous ? Rassurez-vous, le personnel y est toujours aussi maltraité, infantilisé, idiotisé. À vous dégoûter de bosser.

samedi 24 juin 2017

Surfin' beurre

Camarades cinéphiles, il ne vous a certainement pas échappé qu'à l'entrée de l'escouade de marines dans l'usine "vietnamienne" du film de Kubrick "Full metal jacket", s'élève en arrière-fond une chanson qui fit les beaux jours des Ramones ou des Cramps, pour ne citer que les plus huppés des groupes qui la reprirent.
Surfin' Bird est originellement un titre de 1963 créé par les Trashmen, de Minneapolis. Il est joyeusement pompé sur un autre titre (Bird the word) groupe de la même ville The Rivingstons
À titre de démonstration, comparons ci-dessous :
l'original très cool



et sa sauvage variante, promise à un bel avenir



On pouvait donc compter sur les garnements d'Au bonheur des Dames, dotés d'un solide humour de potaches, pour tenter une adaptation française qui, si elle n'est pas une grande réussite, a, au moins, le mérite d'être plutôt marrante. 
Nous la dédions aux fleurons de notre industrie agrochimique de la belle région de Normandie (ses plages du débarquement, ses lignes THT, ses ex-bocages, sa centrale nucléaire, etc.)


mercredi 21 juin 2017

Un Tonton flingue Fréhel



Bernard Blier Ou Sont ils donc par vieuxsnock

 C'était au cours de l'émission de télé L'invité du dimanche du 15 février 1970. Max Favalelli y interviewait Michel Audiard, accompagné d'Annie Girardot et de Bernard Blier.
Et ce dernier s'y mit à chanter  "Où sont-ils donc ?", grand classique de Fréhel. Pour l'occase, Blier était accompagné au piano par Georges Van Parys.
Et pour le plaisir, on se repasse notre chère Marguerit Boulc'h évoquant cette même chanson dans Pépé le Moko de Julien Duvivier  (1937).
Dans les années trente, Fréhel, métamorphosée par l'alcool après une première descente aux enfers, a connu un regain de popularité grâce au cinéma. Elle apparaît dans 17 films avant 1940. 



On profite de l'occasion pour annonce que l'Herbe Tendre du 3 juillet ( à 17h30 sur le 92.2 fm ou canalsud.net) sera un entretien avec Philippe Mortimer, éditeur, traducteur et préfacier autour du livre d'Émile Chautard, "Goualantes de la Villette et d'ailleurs" (l'Insomniaque).

Ouaip, bof. Fastoche...

dimanche 18 juin 2017

Mort Shuman et Bakounine

Petite précision en préambule : Mort Shuman (1938-1991) ne fut pas uniquement le chanteur de variétoche qui squattait nos trois radios périphériques dans les années 70.
De 1958 à 1965, ce petit gars de Brooklin fait équipe avec l'ex chanteur, bluesman et parolier Doc Pomus pour pondre une bonne centaine de chansons aux Drifters, Ray Charles, Elvis Presley, Janis Joplin, Ben E KIng, the Coasters, etc.
Et puis, le bonhomme s'étant lié d'amitié avec Brel et Eddy Mitchell, il s'installera en Europe pour la suite que l'on sait.
Un beau fleuron de la production des forçats de la partition par des Animals tardifs.


En musardant sur le ouèbe (ouais, y'en qui ont du temps à perdre) on tombe parfois sur des élucubrations* étonnantes.
Nous reproduisons partiellement cet article de Jean-Christophe Angaut sur le site des Ateliers de Création Libertaire : Bakounine et le Lac Majeur.

 Une amie m’a récemment transmis une question : il semblerait que la chanson Le Lac Majeur, interprétée par Mort Shuman, contienne une allusion à Bakounine, mais celle-ci est peu évidente… Sur le moment, cela m’a un peu surpris, sans doute parce que je n’avais qu’un souvenir très lointain de ce qui était pour moi un morceau de variété sentimentale des années 1970, ensuite parce que, réécoutant la chanson, l’allusion, en effet, n’apparaît pas d’une manière flagrante. Alors je me suis un peu documenté et j’ai d’abord découvert que la chanson avait été écrite par Étienne Roda-Gil, ce qui est un début de piste.


Roda-Gil

Fils d’anarchistes espagnols, il fut militant libertaire dans sa jeunesse, avant de devenir le célèbre parolier que l’on sait. Il écrivit d’ailleurs l’une des chansons les plus connues de ces dernières décennies, en hommage à l’insurrection makhnoviste d’Ukraine lors de la guerre civile de 1918-1921, la fameuse Makhnovtchina (composée sur un air qui servit de chant aussi bien pour les armées blanches que pour les bolcheviques), titre présent sur la compilation éditée par Jacques Le Glou en 1974, Pour en finir avec le travail.

Perron et Bakounine à Bâle (1869)
D’autre part, il y a en effet un lien entre Bakounine et le Lac Majeur, puisque le révolutionnaire russe séjourna sur les rives de ce dernier de 1869 à 1874, d’abord à Locarno , puis à partir de 1873 à La Baronata, une propriété achetée par son ami et compagnon de lutte Carlo Cafiero. Celui-ci, issu d’une famille de la grande bourgeoisie, avait fait le choix de tourner le dos à son destin social et de consacrer son héritage à financer la Cause (il fut aussi l’auteur d’un remarquable Abrégé du Capital de Karl Marx,réédité en 2008 par les Éditions du Chien Rouge). L’idée était alors de disposer d’un lieu, à proximité de la frontière italo-suisse (dans le canton italophone du Tessin), qui puisse héberger des révolutionnaires et en même temps posséder une certaine autonomie grâce à la mise en culture du terrain environnant. Mais l’expérience tourna court, le projet trop vaste engloutissant l’héritage du (désormais) pauvre Cafiero, Bakounine s’avérant à cette occasion un piètre gestionnaire (il eut par exemple l’idée de faire exploser les rendements agricoles du terrain en utilisant force engrais, ce qui eut pour seul résultat de tout brûler). Il en résulta une brouille entre Bakounine et Cafiero et le projet fut abandonné. C’est finalement à Lugano, non loin de là, que Bakounine, malade, passa les deux dernières années de sa vie.

Dans un livre en anglais sur Mort Shuman sur lequel je suis tombé en faisant ma petite enquête (Graham Vickers, Pomus & Shuman: Hitmakers Together and Apart) on trouve l’éclairage suivant, qui viendrait de Mort Shuman lui-même : “Assurément, on ne pouvait attendre de personne qu’il remontât au germe initial de l’inspiration de la chanson de Roda-Gil qui, selon Mort, était une anecdote à propos de Bakounine, qui vola toutes les recettes collectées pour un congrès de parti à Moscou et emmena sa femme au bord du Lac Majeur où il fit tirer un grand feu d’artifice en son honneur, ce qui suggéra à Roda-Gil l’image de la neige tombant sur l’eau”. Le récit attribué à Mort Shuman contient bien des inexactitudes qui en compromettent la crédibilité : il n’y a jamais eu de congrès de parti, encore moins à Moscou, pour lequel des fonds auraient été levés et que Bakounine aurait détournés - et ce dernier n’eut pas besoin d’emmener sa femme à un endroit où ils vivaient ensemble depuis cinq ans. Néanmoins l’histoire possède un fond de réalité, et il n’est pas impossible que l’interprète ait brodé à partir des quelques informations transmises par son parolier.
Carlo Cafiero

L’anecdote du feu d’artifice est véridique : Bakounine en fit tirer un par son ami Celso Cerrutti, en l’honneur de sa femme de retour d’Italie. L’anecdote est rapportée par James Guillaume dans L’Internationale. Voici ce qu’écrit Bakounine à propos de cette soirée du 13 juillet : « Lundi 13. Arrivée d’Antonie, que Ross, parti hier dimanche, a rencontrée à Milan, avec toute sa famille, papa et les enfants. Arrivés à onze heures et demie. Enchantés. Soir illumination et feu d’artifice, arrangés par Cerrutti. Le soir, tard survient Carlo Cafiero. » L’anecdote n’en serait qu’une de plus sur la vie de Bakounine si elle ne prenait place sur la toile du fond du désastre de la Baronata et des relations de Bakounine avec Cafiero, qui se détériorèrent précisément durant ces quelques jours de juillet 1874 - sans que l’on sache si l’épisode du feu d’artifice, dont on imagine qu’il s’agissait d’un divertissement coûteux, a pu jouer son rôle dans le sentiment qui semble avoir grandi chez Cafiero que l’argent qu’il destinait à la lutte révolutionnaire se trouvait bien mal employé en étant investi dans la Baronata (on est libre d’imaginer, par exemple, qu’il goûta assez peu le feu d’artifice, au moment où il arrivait à la Baronata avec de l’argent, des armes et de la dynamite pour une insurrection à venir).

Insurrection de Bologne, 1874
Mais on peut tenter d’aller plus loin, et  par exemple avancer que les enfants qui crient de bonheur sont ceux qui accompagnent Antonia revenant d’Italie. Mais c’est peut-être aussi une allusion aux enfants de la Page d’écriture de Prévert, saluant l’oiseau-lyre dans le ciel - ce qui, au demeurant, ne nous dit pas ce que viennent faire des oiseaux-lyre, volatiles originaires d’Australie, dans une chanson sur le Lac Majeur… Quant au pauvre sang italien qui coule en vain, pourquoi ne s’agirait-il pas de celui des révolutionnaires italiens, compagnons de Bakounine, qui s’apprêtaient au moment du feu d’artifice, à lancer un mouvement insurrectionnel dans toute la péninsule - mouvement qui finalement rendit le fameux bruit du pétard mouillé (mais auquel Bakounine tenta de participer, espérant, en plein désastre de la Baronata, trouver la mort sur une barricade). Mais la chanson ayant été écrite au début des années 1970, pourquoi ne pas y voir, aussi, une allusion aux mouvements italiens de l’époque?

* 1593 "Ouvrage exécuté à force de veilles et de travail" (première des deux définitions du petit Robert)

jeudi 15 juin 2017

Une scie espagnole tentée en français


En cinéma, les produits dérivés ne datent pas d'hier.
Prenons le conte cruel "Cria cuervos", dixième long-métrage de Carlos Saura, non seulement cette  étouffante histoire de fantôme dans le cadre de la bourgeoisie du franquisme agonisant rapporta un beau succès à son réalisateur en 1976, mais elle (re)mit en selle une bluette cul-cul la praline sortie deux auparavant et passée à peu près inaperçue.
Le 45 tour, Porque te vas ? que la jeune Ana Torrent s'envoie de manière obsessionnelle avait été écrit par José Luis Perales et chanté par Jeanette (Jeanette Dimech, de son vrai nom) réalisant ainsi un splendide bide.
Et le film en fera LA chanson de l'été 1976.
À tel point que je soupçonne bon nombre de ceux qui s'en souviennent d'avoir bêtement rêvé la résurrection de l'infâme BPS (Brigade politico-sociale) afin qu'elle saisisse tous les disques et mette fin à cette rengaine.
Mais trêve de mauvais esprit.
Née en 1951 d'une mère canarienne et d'un père belgo-maltais, Jeanette avait entamé une modeste carrière de chanteuse folk itinérante avant de se fixer en territoire ibérique et connaître quelques succès mineurs. Et puis ce faux reggae lancinant, digne des grandes heures de l'Eurovision, et le film qui s'ensuivit, lui assurèrent une gloire qu'elle ne connaîtra plus jamais après.
Comme le show-biz est d'une gloutonnerie sans pareille, Jeanette a aussi interprété une traduction en français de la chanson, pour les besoins de la version française du film sous le titre Pourquoi tu vis ? (rien à voir avec les paroles espagnoles, donc).
Toutefois c'est la version originale qui sera assez vite utilisée pour les diffusions en cinéma ou à la télévision.
On tente tout de même le coup en français, y'a pas de raison qu'on ait été les seuls à avoir été gavés à l'époque.



Pendant ce temps les groupes "d'ici" reprenaient résolument la version espagnole.
Un exemple honorable, les Chihuahua, menés par Napo Romero. Les lignes défilant sur cette VHS authentifient la date d'enregistrement : 1991.


Il doit exister, par ailleurs, plus d'une quarantaine de reprises qui vont des punks argentins d'Attaque 77 à l'insupportable Arielle Dombasle.
On vous laisse creuser pour exhumer vos préférées.

lundi 12 juin 2017

Pills et Tabet

Jacques Pills (Réné Ducos 1906 / 1970) et Georges Tabet (1905 / 1984) montent un duo en 1932. Malgré des prises de son assez datées, ils ont laissé quelques petites choses plutôt agréables.
Étudiant en médecine, Pills (de "pilules" en anglais) avait déjà monté un duo avec Pierre Ward. Tabet s'était improvisé pianiste à Paris en débarquant de son Algérie natale. Il dirigeait l'orchestre du "Mac Mahon Palace", un des dancings les plus couru de la capitale et avait décliné une offre de Ray Ventura pour choisir ce couple chantant. 
Question surréalisme en chanson, ces deux-là sont un peu des précurseurs de Charles Trénet, une variante plus insouciante de Gilles et Julien.
Habitués des revues de music-hall, ils ont créé quelques morceaux qui restent assez drôles comme "Y'a toujours un passage à niveau", "Pour me rendre à mon bureau" (Tabet seul en 1945) ,"Un vieux château" ou le mémorable "Couchés dans le foin" écrit, à l'origine, par Mireille et jean Nohain.


Le duo s'achève en 1940, Pills partant pour un long séjour dans un stalag.
Plus tard, en 1952, il sera un temps le mari d'Édith Giovanna Gassion, dite "Piaf". Puis il deviendra "professeur de music-hall" (sic)
Un long article leur est consacré sur cet excellent site.
Une autre fantaisie : Pourquoi t'es tu teinte ?


vendredi 9 juin 2017

King Automatic

On l'avoue, on fut charmés. 
Ça faisait un bail qu'on entendait chanter les louanges de ce petit gars talentueux de Nancy. Et puis, avec son collègue, Mr. Verdun, (aaah, la Lorraine !) il avait réalisé la musique du documentaire de Nicolas Drolc, "Sur les toits" qui narre les mutineries des prisons de Toul et de Nancy en 1971. Le tout édité dans un joli vinyle de 25 cm à la maquette d'époque. 
On a enfin eu l'occase de croiser le King dans un minuscule bled du Gers dans lequel, chaque fin du mois d'août, une bande d'indigènes du piémont pyrénéen préfère s'adonner aux joies du rock n' roll plutôt qu'à la castagne rugbystique. Et ce fut un bel apéro. Comme ce sont les autres qui en parlent le mieux, ci-dessous, un article de Marc A. Littler dont le ton emphatique nous a fait sourire. Comme il dit lui-même "c'est le retour du crétinisme originel et sublime du rock n' roll, sa sauvagerie nonchalante, sa désinvolture brinquebalante." Alors, s'il passe vers chez vous... D'ailleurs il sera à Toulouse le 24 de ce mois.
Quel est le futur du Rock'n'Roll ?
Est-ce que nous allons continuer longtemps à recycler les vieilles recettes jusqu'à ce que mort s'ensuive -3 accords, boum tchak boum- à singer le passé et à s'agenouiller pour prier devant l'autel de Jerry Lee Lewis, des Ramones ou des Cramps ? Ou allons-nous plutôt aller de l'avant et introduire de nouveaux concepts dans le Rock'n'Roll ?
Allons-nous exclusivement nous borner à suivre les traditions musicales de l'Hémisphère Occidental ? Ou allons-nous fouiner et décloisonner la chose, trouver notre inspiration aux 4 coins du globe, jouer un Rock'n'Roll réellement transmondialiste ?
Il est temps de repousser loin nos horizons et de défricher de nouvelles terres, il est temps d'arrêter les conneries et de jeter les mouchoirs morveux de nostalgie... et si ce processus d' évolution prend la forme de King Automatic, bon sang c'est tant mieux.
Ce Gentleman puise son inspiration dans le Rocksteady jamaïcain le plus enfumé, le Rhythm'n'Blues pas net, le Bebop de Mingus et les percussions tribales d'Afrique occidentale pour ne citer là que quelques sources. 


Le King croqué par Jano dans "The Four Roses", scénario de Baru

En plus de cette diversité musicale, King Automatic libère le Rock'n'Roll des clichés lyriques et éculés du genre : "I picked up my baby in a '59 De Ville, we tore through the city seeking cheap thrills". Pas de niaiseries de ce genre, non Monsieur. Ici, un authentique travail de songwriter est à l’œuvre, ciselé comme au bon vieux temps du trafic de diamants bruts, diamants que l'on voyait ensuite sertis sur les bagues des jolies dames. Ceci ajoute un intérêt supplémentaire et plus que bienvenu à cette musique sur laquelle nous aimons tous boire, danser et faire des bébés.
Après avoir officié en tant que batteur dans le groupe garage français Thundercrack au milieu des années 90, King Automatic repart seul et prend un virage radical au début du nouveau millénaire en injectant une nouvelle dimension dans son répertoire. One man band atypique, il reste inclassable dans cette discipline.
Sur scène, il sample claviers, guitare, harmo, maracas, il chante, cogne tambours et caisse claire en assignant de frénétiques coups de cymbales à ses riffs de guitares, créant ainsi un paysage sonique inouï - en fermant les yeux tu jurerais entendre un big band primitif au grand complet, mon pote.

mardi 6 juin 2017

Juin : vacances sans fin et congès pas payés


Touristes Wisigoths en virée à Rome
Notre programme d'avant un été qui voudrait durer fut :

Générique par Adrienne Pauly
Pills & Tabet                          Prends la route
Albert Préjean                       Amusez-vous
Ricet Barrié                           Les vacanciers
VRP                                        La Picardie
La Rumeur                             Pas d'vacances
Chansons staliniennes           Les gosses de Bagnolet
Les Parisiennes                      Il fait trop chaud pour travailler
Les Sales Majestés                 Les vacances
Marc Charlan                         J'me casse à Palavas
Nonnes Troppo                       Le p'tit chien
Font & Val                               La conquête du Sud
Feu ! Chatterton                     L'amour à la plage
Yves Montand                         La bicyclette
Les Szgaboonistes                  En avant !
Georgette Plana                     Douze mois de vacances
Fabe                                        Quand j'serai grand
Romain Didier                        Flic floc
                
À écouter, télécharger, peaudecaster et tout ça en cliquant sur ce lien.
En guise de dernière vision, l'impeccable Arno interprète une chanson d'Adamo qui sent son pesant d'iode.


Et comme ultime bonus une vidéo maritime absolument désargentée d'un camarade bostonien, ce vieux rocker de Willie "Loco" Alexander. On est heureux d'y apprendre qu'il pouvait encore se payer une viré sur la côte avec ses potes à 50 bornes de son quartier (pour amateurs de cinoche, à deux encablures de Manchester by the Sea). Mais avec une seule bagnole : pas la place d'embarquer la batterie pour tourner le clip. Et puis aussi qu'il s'offrait, à l'occasion, une part de pizza et une binouze avec une copine. Quant au fauteuil ramassé au secours populaire local, m'étonnerait qu'il ait tenu jusqu'au le voyage retour.

dimanche 4 juin 2017

Du Fascisme

Le monde humain est actuellement divisé en deux : d'un côté ceux qui luttent pour le fascisme, de l'autre ceux qui luttent contre. D'un point de vue empirique , tout est clair. Mais ma soif de connaissance, ma curiosité m'ont poussé, pour la plus grande gloire de la science, à chercher à savoir en quoi consiste exactement cette pomme de discorde.
Voici le résultat partiel de mes recherches :
Les fascistes sont racistes et ne permettent pas aux Juifs de se laver ou manger avec les Aryens.
Les antifascistes ne sont pas racistes et ne permettent pas aux Noirs de se laver ou manger avec des Blancs. (...)
Les fascistes mettent les antifascistes dans des camps de concentration.
Les antifascistes mettent les antifascistes dans des camps de concentration.
Les fascistes ne permettent pas les grèves.
Les antifascistes viennent à bout des grèves à coups de fusil.
Les fascistes contrôlent directement les industries.
Les antifascistes contrôlent indirectement les industries.
Les fascistes peuvent vivre dans les pays antifascistes.
Les antifascistes ne peuvent vivre dans les pays fascistes ni dans certains pays antifascistes.
Max Aub. Manuscrit Corbeau (écrit au camp du Vernet en 1941)

 

Hannes Wader, on en avait causé dans le temps.

jeudi 1 juin 2017

Henri Salvador adaptait Racine


En 1961, le comique troupier et pionnier du rock en France, Henri Salvador, enregistre un 45 tour enregistré par Jean-Michel Pou-Dubois.
La note d'intention de la pochette est ainsi libellée :
" À la recherche de nouveaux talents, je me suis enfermé, l'autre jour, dans ma bibliothèque et feuilletant quelques livres, je suis tombé sur deux jeunes auteurs dans lesquels j'ai senti une cadence...un rythme... Enfin, pour tout vous dire, deux rock n rollers de grade classe !   
Dans la fièvre de la découverte, je me suis empressé d'écrire une musique adéquate à l'esprit de leur œuvre (...) J'ai le privilège de présenter au "public français" ces deux auteurs qui, j'en suis sûr, feront carrière. 
Leurs noms ne vous diront peut-être rien. Les voici : Pierre Corneille et Jean Racine, mais après ce disque ils auront enfin la place qu'ils méritent. À bon entendeur !"

En écoutant cette bizarrerie, on avoue avoir eu l'oreille agréablement chatouillée sur Athalie Rock (pour la papouille auditive, cliquer dessus).
Le texte est extrait de la pièce en cinq actes de Racine (1691).
En ce qui concerne la musique, ricanons gentiment en comparant cette mélodie avec le Lonely Avenue de Ray Charles. Ce ne sont certes pas les mêmes accords mais...



lundi 29 mai 2017

En juin, des congès

L'Herbe Tendre en bord de Garonne (Cartier Bresson, 1938)
La démocratie nous réserve bien des joies. Une élection en cachant une autre, l'Herbe Tendre décide, un mois avant la ruée annuelle de ceux qui peuvent encore se payer quelques congés, de célébrer la désertion du turbin, elle-même légalisée par un gouvernement obligé de lâcher du lest en 1936.
Donc, nous partons sur les routes des congés, payés ou pas, le lundi 5 juin à 17h30 sur le 92.2 fm de Radio Canal Sud.

En avant-première, une chanson de Gainsbourg, originellement écrite pour Petula Clark, interprétée ici par (Ô surprise!) Jane Birkin et les Négresses Vertes en 1995.



Et Satan's Holidays. Kim Fowley et Ritchie Blackmore ont revendiqué ce titre qui n'est jamais qu'une boogie-woogisation d'Edvard Grieg et qui devrait rappeler un petit quelque chose aux auditeurs de Canal sud.

vendredi 26 mai 2017

Serge Kerguiduff

Dans les années 70
Nous sommes parfois si éloignés de la Bretagne qu'on en avait oublié l'existence de Serge Kerguiduff. Un grand merci à Violette qui nous a signalé, dans un commentaire, la mise en ligne d'un de ses 33 tours, de nos jours introuvable : des poèmes mis en musique d'Édouard -Joachim Corbière, dit Tristan, poète malchanceux surnommé "l'Ankou" par les habitants de Roscoff en raison de son aspect spectral.


Né en 1943, chanteur et guitariste, Kerguiduff, a consacré un spectacle à Tristan Corbière et un autre à la révolte des Bonnets Rouges ("l'émotion populaire" de 1675, sous le règne de Louis XIV, pas sa caricature de 2013).
Le "Bougre", comme il se faisait appeler, s'était fait connaître avec le titre "Ripaille", chanson contemporaine du mouvement contestataire breton des années 70.
En 1980, il a embrassé une carrière de luthiste XVIème siècle. Passionné de musiques médiévales et renaissance, il montera, parmi d'autres, un spectacle autour de textes de Rabelais. Entre chansons et mélodie ancienne, il a mêlé ses influences dans plusieurs de ses compositions, dont "l'Argent".


Serge Kerguiduff est mort en septembre 2016.
Mais son site lui a survécu : http://www.kerguiduff.com/
Et dans les années 2000

mardi 23 mai 2017

Flamenco de circonstance

De Goya
Pour célébrer le prochain déménagement de la dépouille du nabot d'El Ferrol de son immonde monument et en attendant l'éradication d'icelui.


A ustedes señores míos
nuestros dignos mandatarios
quiero aclararles un punto
que es necesario aclararlo.

Ustedes fueron guerreros
azules rojos o blancos
ustedes se asesinaron
como lobos sanguinarios.

A ustedes señores míos
se os llenaron las manos
de sangres de oscuros gritos
que fue inundando los campos.

(...)

A ustede señores míos
ilustrísimos falsarios
quería aclararles un punto
que quede bien aclarado.

Y por más vueltas que le doy
no me queda más remedio
que seguir siendo quien soy.


À vous messeigneurs,
nos dignes gouvernants
je veux éclaircir un point
qu’il vaut mieux préciser

Vous fûtes des guerriers
rouges, bleus ou blancs.
Vous vous êtes assassinés
comme des loups sanguinaires
Vos mains, mes seigneurs
débordent de sang
de cris obscurs
répandus sur les champs.
(…)
Donc, messeigneurs,
illustres faussaires,
je veux éclaircir un point
qu’il vaut mieux préciser
Et j’ai beau y penser mille fois
il ne me reste pas d’autre issue
que de rester ce que je suis.

samedi 20 mai 2017

Hommage au grand Charles

Photo de David "Chim" Seymour
Un grand coup de chapeau mou au Fou chantant de Narbonne, grand malaxeur de mots. À celui qui jouait de son homosexualité en l'intercalant dans ses calembours ("Je tâte André à la sortie du garage"), au chanteur symbole du swing de l'entre-deux guerres, d'abord avec Johnny Hess puis en solo, au zazou sosie du juif Harpo Marx, d'après le torchon "Je suis partout" (1944), même si, pour être juste, il faut bien avouer qu'il passa une occupation, somme toute, confortable. Bref, à l'increvable qui, né en 1913, donna son dernier concert en 1999, deux ans avant son décès. 
Un exemple de son génie, encore vivace, en 1955 

  

Un autre de 1951 (mais comment diable se donne-t-on de la joie avec une passoire ?)



Pour finir, un extrait d'une émission mythique :


mercredi 17 mai 2017

Mac Orlan à Marseille (par Catherine Sauvage)

Voix voilée, émotion intacte, Catherine Sauvage interprète ici un classique de la complainte du trottoir, qui, exceptionnellement chez Mac Orlan, a Marseille comme cadre.

Cette séquence a été possiblement filmée en juin 1972 mais nous n'avons aucune certitude quant au lieu du concert.

Elle semble bien faire partie de l'émission de Roger Sciandra, présentée par Pierre Whien, portrait de la chanteuse, alternant entretiens et extraits de concerts.
Comme pratiquement toujours chez Mac Orlan, la musique est de Marceau Verschueren.

dimanche 14 mai 2017

Autonomie ouvrière (cinoche du dimanche)

Classe ouvrière courtoise (Asturies 2012)
Vu la médiocrité de la vie politique, revenons un peu à nos racines.
Ce film est sorti il y a déjà une dizaine d'années mais on pense qu'il peut encore servir.
Il est consacré aux luttes ouvrières menées en marge des syndicats et des partis politiques dans l’Espagne des années 70.

Langue : Espagnol, sous-titré français
traduction/adaptation : Pif & Hercule
Durée : 74 minutes
Un film de : Falconetti Peña et Orsini Zegri
Avec : Pepe Rovira, Clemente, Speedy Gonzalez, Marcelo, Attila, Paco, Jesse James, Jésus, Juan Carlos Bourbon d’Espagne, Chema, Peter Fonda, El Kabra, Des éléphants, Toni, Marga, Santi, et quelques autres.
Musique : La Polla Record.



1973 / 1982 en territoire espagnol.
Après 40 ans de dictature, voici venu le temps de la transition démocratique, plus connue comme « transaction démocratique ».
Ils étaient ouvriers, dockers, tourneurs, dynamiteurs à Barcelone, Vitoria ou Bilbao. Tous faisaient partie de ce mouvement diffus, sans porte-parole ni dirigeants autre que les assemblées d’usines ou de quartiers. Tous rejetaient le patronat, les syndicats, le capitalisme. Certains étaient armés, d’autres pas, mais tous défendaient l’autonomie ouvrière.
En 1976, l’Espagne était en flamme et « Il fallait les écraser (...) car c’étaient des minis soviets » (Manuel Fraga Iribarne, ministre de l’intérieur)
La démocratie s’en est donc chargée.
Mais l’histoire cavale encore...

vendredi 12 mai 2017

Les Coronados, garage band précurseur

Emprunté au blog "Teenagers électriques"
Si le mot, tellement galvaudé, de "culte" peut s'appliquer à quelques groupes de rock français, les Coronados sont un des plus sérieux candidats au titre.
Public fidèle, influences irréprochables, respect des collègues, grande et petite presse dithyrambique et... pas grand chose à l'arrivée.
Comme bien d'autres de cette époque, les "Coros", ex " Javelisés" abandonnent leur Limoges natal pour aller chercher gloire et fortune à la capitale. Se taillant une belle réputation de groupe de scène aux guitares bordéliques et au chant gueulé en français dont les paroles confinent à l'inaudible, ils enregistrent deux EP en 1981 et 1982 (l'excellent "Voix blanches et idées noires") avant de sortir le déconcertant album "N'importe quoi. Mais pas n'importe comment" en 84. Les pièges du studio étant ce qu'il sont, un son trop clean, trop variétoche, les trahira.
Ce titre a été repris depuis par les Wampas :



Rhythm'n blues enragé, adaptations d'Alex Chilton ou de Captain Beefheart (pas les groupes les plus en vue du moment sauf chez quelques connaisseurs) malgré un  accueil encourageant, Dominique quitte le groupe qui continue en trio.
Et s'accroche encore jusqu'en 1989, avec l'album "Un lustre", plus avant-gardiste, qui signera la séparation du garage band. Ils resteront un des meilleurs représentants d'une scène rock française assez lettrée, teigneuse et pas stupide des années 80.
Ces derniers temps, ils se reforment à l'occasion.


Les Coronados étaient Bernard Lepesant ( Chant & Guitare), Dominique Especel (Guitare), Yves Calvez (Basse), Berko, puis Dilip Magnifique (Batterie).

mardi 9 mai 2017

En mai, des lendemains qui (dé) chantent

George Grosz : Les piliers de la société.
Le 7 mai fut un bien bel anniversaire car il parvint à couvrir la rumeur d'une élection pathétique.

Grand merci à Léo et Éléonore, aux Lauren Bacalao, à Skin & Wire, aux Modest Lovers, aux Ex Tatas et à tous et toutes pour coups de mains et chaleur humaine.

Et c'est une équipe au grand complet qui se pencha dès le lendemain sur un futur radieux ou irradié, selon le cas.

Détail important, la technique nous ayant trahis, les moult occupants du studio n'avaient pas de son. Ce qui explique le côté décousu ou quelques variations sonores. L'ampli incriminé devrait prochainement revenir au bercail.

Voici malgré tout notre petit florilège de la chanson d'espoir et de désespoir :





OTH                                           Quelle sacrée revanche
Chorale Populaire de Paris       Au devant de la vie
Margueritte Bervoets                Lettre
Claude Channes                         Mao, Mao
Lise Médini                                Charognes
Maxime Le Forestier                 Honte à qui chante
ZEP                                            Sans la nommer
La Cliqua                                   Un dernier jour sur Terre
Fontaine / Arezki                       Le bonheur
Les Poppies                               Rien n'a changé
Les Wriggles                              Plouf !
Bulldozer                                   Oh yeah, oh no
Vanessa Hachloum                    Paris s'éveille
Markos Vamrakaris                  Premier ministre
Barbara                                     Les boutons dorés
Francesca Solleville                  On ne sera jamais vieux
Maître Gazonga                        Les jaloux saboteurs
Serge Reggiani                          Il suffirait de presque rien
Fabe                                           Changer le monde
CPP                                            La jeunesse 

Cette émission se retrouve sur le site de la radio.
Et puis, puisqu'il faut toujours revenir à la Commune de Paris, cette chanson de Jean-Baptiste Clément interprétée par Armand Mestral, Francesca Solleville et les Octaves sur le sort que nous réservent nos maîtres dès qu'ils se sentent un tant soit peu remis en cause.


Président français, cuvée 2017

dimanche 7 mai 2017

Jacques Marchais chantait Dimey

Voilà un trop long moment qu'on n'avait pas évoqué notre cher disparu, Jacques Marchais (1931-2006).
Alors, en guise de respiration en cette époque de brutes, il nous revient chantant un Bernard Dimey aux accents courtois, morceau édité dans le 30 cm BAM C 432 "Récital n°2" ou dans le maxi 4 titres BAM EX 624 "Jacques Marchais chante"...
Sortilèges avait également été chanté par Barbara.

À la guitare, on entend Jacques Marchais et Jean-François Gaël, à la basse, François Rabbath.

Merci à Dominique HMG pour cette pause.

 

Achtung ! Achtung ! Vu la riche programmation, l'émission radio du lundi 8 mai commencera à 17h30, qu'on se le dise ! (sur canalsud.net




jeudi 4 mai 2017

Prévert se reprenait lui-même

La Gréco avec Joseph Kosma
Originellement, Prévert avait écrit "À la belle étoile" pour le film "Le crime de Monsieur Lange" de Renoir.
La chanson était alors interprétée par Florelle, on vous en avait causé à l'époque .
La guerre, l'occupation, puis la libération étant passées par là, le Jacquot éprouva le besoin de remanier et compléter son texte pour la parution de son recueil, Paroles.
Procédant par opposition, il y a dépeint un métro aérien à La Chapelle, un truand nommé Richard le Blanc sur le boulevard Richard Lenoir et un Espagnol sur celui des Italiens.
Ainsi qu'un aréopage de vieux tapins, vauriens du quartier, clodos affamés, incurables antisémites, et flics ratonneurs.
L'aimable rengaine du film devient un hommage sans espoir à ceux qui en bavent et à un certain Paris du populo.
Juliette Gréco la chanta en 1951.


Profitons de l'occasion pour insister sur le fait que Prévert ne fut pas que le poète un peu niaiseux qu'on nous apprit à l'école mais, à ses heures, un vérible teigneux. Démonstration : ce texte de circonstance très joliment dit par un Serge Reggiani très en verve : "Tentative de description d'un dîner de tête à Paris, France".


lundi 1 mai 2017

Démarrer la journée avec Makhno

L'auteur pond un tube (1917)

Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs.


Nous n’avons rien à ajouter à cette phrase, testament de la Makhnovchina, citée par le camarade Piotr Archinov.
Si ce n’est cette chanson qui, selon la légende, aurait été écrite par le batko lui-même en 1917 (se trouvant en taule, il avait un peu de temps libre). Si certains termes semblent obscurs, on en précise plus à cet article.


Idéal pour démarrer la journée en cette époque bourrique.


Orchestre (de percussions) makhnoviste

Et puisqu'on est chez les cosaques, un groupe de là-bas : "La horde anarchiste" :



Ainsi qu'un chant millénariste anonyme nous venant de France (1896 ?)



vendredi 28 avril 2017

On a chanté les Dalton

Coffeyville, 1892, Grat et Bob Dalton sont au milieu
Maintenant que nous voilà débarrassés d'au moins deux des quatre (Onze ? Vraiment ?) malfaisants pour subir, par défaut, les deux étrons restants (que par paresse, nous nommerons la Brute et le Truand), penchons-nous sur le cas d'une autre bande.
US marshall dans l'Arkansas, l'aîné de la fratrie Dalton, Frank, s'est fait abattre dans l'exercice de ses fonctions. Les frères restants, Robert "Bob", Emett, Bill et "Grat" vont se tailler une réputation, souvent calomnieuse, de bandits de grands chemins avec une prédilection certaine pour le pillage des trains et banques de la Southern Pacific.


Pas si méchants que ça et surtout pas du tout idiots, ces outlaws épongent les dettes des fermiers, se tissant ainsi un réseau de complicité dans une population qui les avertit des mouvements des forces de l'ordre.
Leur carrière criminelle s'arrête brutalement, lors du braquage des deux banques de Coffeyville (Kansas, 1892). Cernés par la population, Bob et Gratt Dalton sont abattus avec leurs complices Bill Powers et Dick Broadwell. Emett, truffé de vingt-trois balles, survivra pour partir vers quinze ans de prison, puis d'achever sa vie dans l'industrie du cinéma, scénariste à Hollywood, en 1937.
Le dernier frangin, Bill menait à cette époque une vie d'honnête fermier.
C'est par les chansons populaires que le gang des Frères Jesse et Frank James, belle bande d'assassins, a gagné une notoriété bien plus durable que ces bandits qui, eux, ne s'en prenaient vraiment qu'aux capitalistes. 

Le coup de génie du scénariste René Goscinny fut d'avoir créé, à partir de ces personnages historiques, quatre méchants, d'abord assassinés*, puis ressuscités sous forme de cousins, dans la série Lucky Luke (1957). Les lecteurs adoptèrent immédiatement la bande des quatre.
C'est à Joe Dassin, fils de Jules, excellent cinéaste exilé des États-Unis pour cause de "chasse aux sorcières", comme on appelait l'hystérie anti-communiste, qu'il revint d'écrire la chanson qui fit la joie des petits et grands en 1967, à partir des personnages de Goscinny.
Et tagada, tagada, voilà le scopitone...


Les créatures de Morris et Goscinny
Curiosité amusante, un groupe, plus ou moins surf rock, du tout début des années 60, avait déjà adopté le patronyme des bandits d'honneur. Il s'agissait de Long Chris et les Daltons qu'on retrouve ici, en 1962, dans l'adaptation de ce classique du sauvage et regretté Gene Vincent, I'm going home.


Terminons cette tournée Dalton par une version d'un petit gars de Nancy sur le cas duquel nous reviendrons : King Automatic, certainement un des "one-man band" (homme-orchestre, quoi) les plus réjouissants de ce pays à la con (et on cause pas là de Nancy, ville aux recoins tout à fait agréable, mais bien de la nation). 

                                   *Comme le fait justement remarquer Wrob en commentaire, les quatre premiers Dalton sont de Morris seul. Gosciny créera les personnages des cousins qui connaîtront la gloire.

mardi 25 avril 2017

France Société anonyme (Actualités)

Jeune financier plein d'avenir
Si comme l'affirmait certain barbu en paraphrasant Hegel, l'histoire ne repasse jamais les plats sauf sur le mode de la farce, on peut affirmer que nous vivons une époque tout à fait hilarante.  

En ce qui concerne l'avenir, on ne peut qu'être rassurés, que ce soit pour celui du Bonimenteur de la jet-set ou de la Mère Fouettard.
Ces deux-là trouveront toujours suffisamment de lâches, d'opportunistes, de flics, de beaufs bien rassis prêts à se donner de l'importance, d'intellectuels organiques, de syndicalistes qui n'ont pas vu une pointeuse depuis des années, de journalistes cireurs de pompes, bref, de toute cette lie de l'humanité qui émerge dans ce genre de circonstance pour avoir le cul bien assis sur leur trône. Ça se bouscule déjà.
Pour notre part, nous persistons à penser que la vie est ailleurs. Et que tout se paye du moment qu'on ne se contente pas de s'abstenir.
Rien de bien neuf depuis 1984.

Patriotes décomplexés en costume folklorique

dimanche 23 avril 2017

Aznavour joueur

Tu t'laisses aller
On a parfois reproché à cet excellent acteur de cinéma qu'est Charles Aznavour de posséder une technique de chant irréprochable pour la mettre au service d'un déplorable manque d'émotion.
Sans pour autant négliger le fait qu'il est un auteur compositeur émérite.

Pour contredire cette opinion un peu injuste sur le petit homme aux huit cent chansons, voyez ce petit film de 1965.
Diction remarquable, piano swinguant en diable et œil goguenard dans ce petit bijou redécouvert grâce à la série consacrée à Guy Debord des Chemins de la philosophie sur (ce qu'il reste encore de) France Culture.

video

jeudi 20 avril 2017

À vos calepins


L'Herbe Tendre a cinq ans. En conséquence, l'Herbe Tendre aimerait partager un verre pour fêter ça. D'ailleurs, l'Herbe Tendre ne voit pas ce qu'il y aurait de plus passionnant à faire ce jour là. À moins que...
L'Herbe Tendre aime les bals musettes, le rockabilly, le folk transnistrien et les lampions. Car l'Herbe Tendre est souvent d'un passéisme crasseux.
L'Herbe Tendre donne rendez-vous aux aminches. L'Herbe Tendre fera donc des crêpes. L'Herbe Tendre veut guincher en attendant la mort. L'Herbe Tendre aime la valse, le be-bop et le pogo. Si l'Herbe Tendre ne peut pas danser, elle ne veut pas faire partie de votre révolution. L'Herbe Tendre vomit les tièdes. Certes, l'Herbe Tendre est parfois cuistre mais jamais vulgaire. L'Herbe Tendre a invité ses potes muzicos. Et a une riche sélection de disques.Vous n'aurez donc aucune excuse de ne pas venir agiter votre séant en rythme et partager un verre avant de repartir pour cinq années de deuil.
On vous attend donc le 7 mai 2017 dès 16h à l'Atelier Idéal (i.e. La Chapelle) au 36 rue Danièle Casanova (Métro Canal du Midi ou Compans-Cafarelli) 31000 Toulouse.

On peut aussi amener à grignoter.
Et on tâchera de ne pas démériter face à Helzapoppin


Et comme un bonheur n'arrive jamais seul l'émission de mai de l'Herbe Tendre se fera le lendemain, lundi 8 mai à l'heure habituelle (canalsud.net ou 92.2).
Le thème, d'actualité, sera Lendemains qui chantent et qui déchantent

Afin de mieux préciser notre propos, une chanson de ce bon vieil Eugène Pottier (auteur d'un tube immortel) qui décrit l'état des lieux que nous balaierons dans tous les sens du terme. 
Ça s'appelle L'antropophage (clic) ici interprété par une troupe de caf' conc', l' Œil du Silence (Olivier Copin, Aurélia Marceau et Christophe Seval) dans un spectacle entièrement consacré au père Ugène.
Extrait :  
Je suis la vieille anthropophage
Travestie en société ;
Les deux masques de mon visage
Sont : Famille et Propriété.
L’homme parqué dans mon repaire
Manque à ses destins triomphants ;
Je le tiens, j’ai mangé ton père
Et je mangerai tes enfants !‎


Et puis, de beaux lendemains illustrés par le tube en question par Oyoun Al Kalam. "Il n'est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun..."
Un chaleureux salut aux camarades de Tunisie et d'ailleurs.  
 

lundi 17 avril 2017

Le Chanson Boum ! de Michelle Senlis

Claude Délecluse et Michelle Senlis (1994)
Un soir de novembre 2016, George Wilhelm Ferdydurke nous signala cette émission de Chanson Boum !
Commentaire de l'esthète : on ne comprend quasi rien à ce que tente de marmonner Michelle Senlis à travers je ne sais combien de dentiers, mais c'est de la pure balle (et incroyable que ce genre de truc puisse être diffusé à la radio fin 2016 !)
Née en 1933, auteur et parolière grande admiratrice de Francis Carco, elle a donné des chansons à Édith Piaf, Jean Ferrat, Juliette Gréco, Catherine Sauvage, Georgette Lemaire, Hugues Aufray, Germaine Montéro et même Léo Ferré. Et on ne cite là qu'une brochette des plus connus.
En 1956, avec son amie Claude Délecluse, elle avait écrit Les amants d'un jour.
Elle raconte donc ça et bien d'autres choses encore.


En sus, son grand succès repris par un chantre de la chanson prolétarienne


vendredi 14 avril 2017

La vie infortunée de Robert Foulcan

Hélicon ramassé chez Pop 9 (Wieznak, 1962)
Posthume postérité pour le roi des calembours, des allitérations et de la scoumoune.
Robert Jean-François Joseph Pascal Lapointe est né à Pézenas le 16 avril 1922.
Gagman dès l'enfance et petit génie des mathématiques, il est raflé pour le STO en 1943 et s'en évade sous le doux  pseudonyme de Robert Foulcan avant de se planquer comme scaphandrier au port de La Ciotat.
En 1946, il monte à Paris avec femme et enfants pour ouvrir un commerce de layettes. Vu le physique du patron, on se doute que le petit commerce périclite promptement. Depuis quelques temps, il écrivait des chansons à nulle autres pareilles et, en 1954, l'accordéoniste de Bourvil lui emprunte Aragon et Castille pour un film. Voilà notre balèze lancé dans les cabarets et remarqué par Truffaut qui l'embauche pour une séquence de son film Tirez sur le pianiste, en 1960. La scène avec Aznavour au piano accompagnant Avanie et framboise vaudra à Boby le titre de "premier chanteur sous-titré".

Cet extrait du film donne une bonne idée de son jeu de scène : une grosse brute bourrue chantant des absurdités.
Embarqué en tournée par son copain et compatriote héraultais Brassens, un duo avec Anne Sylvestre et quelques apparitions chez le regretté Jean-Christophe Averty lui assurent un succès d'estime. Manifestant une authentique vocation commerciale, il ouvre son cabaret, le Cadran Bleu, qui coulera corps et bien le laissant couvert de dettes.
Entre temps, tout à son amour des maths, il invente le système bibi-binaire, ancêtre du langage informatique. Comme ses collègues de cabaret, ringardisé par la vague yé-yé, il tourne des petits rôles dans une dizaine de films : le chauffeur des Choses de la vie et le gorille à la mitraillette de Max et les ferrailleurs, c'était lui.
Régulièrement remis en selle par ses amis Brassens, Pierre Perret ou Joe Dassin, il meurt d'un cancer foudroyant à cinquante balais.
À partir de là il connaît renommée, reconnaissance et hommages mais on cherchera en vain un successeur digne de son art bordélique.
Autre de ses irruptions télévisée : Tube de toilette issu de l'album Comprend qui peut (1969).